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Tomas Halik « L’Église doit être là pour tous, pas uniquement pour les croyants » - La-Croix.com

Comment avez-vous vécu le confinement, et qu’en avez-vous tiré personnellement ?


Pendant l’année universitaire, ma vie est très mouvementée, entre mes cours à l’université, à l’étranger, la direction de la paroisse et de l’Académie chrétienne tchèque, sans oublier la participation à des projets de recherche internationaux. Aussi, chaque été depuis vingt ans, je passe un mois en forêt, dans une solitude totale : je n’ai pas accès aux médias ni à Internet, je ne fais que méditer, étudier et écrire. Sans ce silence, je n’aurais pas survécu physiquement, mentalement et surtout spirituellement.


Le confinement m’est d’abord apparu comme un « ermitage de remplacement ». En fait, ça n’a pas du tout été le cas : j’ai passé mon temps à donner des conférences en ligne aux étudiants et des méditations à mes paroissiens. Néanmoins, j’ai essayé de me réserver chaque jour du temps pour méditer sereinement et poursuivre ce que j’ai cherché à développer ces dernières années : une « kairologie », c’est-à-dire une interprétation théologique des événements sociétaux et culturels, une lecture contemplative des « signes des temps ». Cela me semble indispensable dans la situation actuelle.


Cette crise fait-elle écho, pour vous, au « confinement » que vous avez vécu sous le régime communiste, dans l’Église clandestine ?


Il est vrai que, pour une part, cela m’a rappelé ces onze années durant lesquelles j’ai servi « clandestinement » comme prêtre sous la persécution communiste. À cette époque aussi, je célébrais Pâques dans des maisons privées, sur une table ordinaire, sans chasuble, ni orgue, ni encens. Mais la dissidence culturelle et religieuse n’était pas si isolée dans la Tchécoslovaquie des années 1970-1980. De nombreux philosophes et théologiens sont venus à Prague sous couvert de tourisme et ont donné des conférences dans des appartements privés – Paul Ricoeur, Jacques Derrida, Walter Kasper, Hans Küng…

 

Ce n’était plus la terreur des années 1950, quand la génération de nos enseignants avait connu en prison et dans les camps de concentration staliniens l’expérience des petites assemblées secrètes avec un morceau de pain de contrebande, etc. Certains avaient interprété tout cela comme une leçon de Dieu pour purifier l’Église du triomphalisme du passé. Si bien qu’après leur libération, à la fin des années 1960, ils ont tout de suite compris l’esprit de Vatican II, cette Église simple, oecuménique et ouverte dont ils avaient rêvé en détention…

 

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L’Église doit être là pour tous, pas uniquement pour les croyants
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