L'actualité ... continue pendant ce temps de confinement

3ème lettre de Mgr Ravel

ARCHEVÊCHÉ DE STRASBOURG

 

 

 

Message 3 à mes chers alsaciens
2 avril 2020

 

 

 

Comment soigner le remède ?

 

Le virus fera beaucoup de dégâts mais le confinement en fera encore plus.

 

Après deux semaines, les psy. ont remplacé les médecins sur les plateaux des TV. Dans les journaux, les conseils au confinement arrivent en rangs serrés : prennent la parole des commandants de sous-marins, des psychologues, des philosophes etc.

 

On a oublié d’inviter d’anciens (ou actuels) prisonniers. Et pourtant, ceux-là aussi auraient à nous enseigner. De plus, discrètement, on nous informe qu’il y a +32% de signalements de violences conjugales en zone gendarmerie et +36% dans la zone de police, en une semaine.

 

Sur ce thème, je vous partage la confidence reçue récemment d’un ami médecin alors qu’il revenait de l’Institut médico-légal de Strasbourg : « Malheureusement, c’est une autre facette de ce qui nous arrive, en plus ; beaucoup de violences en famille et entre voisins ; l’alcoolisme y est pour beaucoup. C’est une autre facette invisible… Une catastrophe qui nous tombe sur la figure… »

 

Cette vérité commence à suinter derrière la retentissante promotion des gestes solidaires. Je veux bien qu’on chante ce qui se fait de beau mais il y a un risque à taire ce qui se vit de sombre. Croyant ou incroyant, nous assumons une humanité ambivalente qui n’est pas simple à endosser en toutes circonstances même avec une forte spiritualité enracinée dans une foi vive.

 

Cette vérité sur l’homme, nous la connaissions déjà grâce à notre Tradition chrétienne. Elle se résume à ceci : nous ne sommes pas appelés à vivre cloitrés en moine (là, je ne m’adresse ni aux moines et ni aux moniales). Et ça vaut aussi pour nos prêtres diocésains. Et aucune spiritualité ne nous évite ce conflit intérieur.

 

Certains exaltent le confinement comme une chance pour grandir. Cette idée me semble vraiment abstraite. Ceux qui la soutiennent vérifieront en eux-mêmes si elle n’est pas une incantation pour fuir leur difficulté personnelle à vivre l’assignation à résidence. Une sorte de mantra à effet magique : « Tout va bien », claironne celui qui se défait au milieu des illusions qu’il s’est construites.

 

Il est vrai qu’une certaine forme de solitude enracine l’homme en son cœur profond. Mais nous la vivons ou la cherchons dans le cadre d’une retraite spirituelle et avec les moyens appropriés.

 

De plus, cette idée ne me convient pas du tout. Comptez sur moi pour prier pour chacun de vous, pour nos admirables personnels soignants, pour tous ceux qui délaissent leur vie familiale en servant les autres. Je le fais tous les jours à la messe. Mais ne comptez pas sur moi pour exalter ce confinement.

 

Il est nécessaire comme l’est un remède dont il eut mieux valu se passer. Le confinement est au covid-19 ce que la chimiothérapie est à un cancer. Il faut choisir la bonne dose pour éviter que le patient ne décède du remède avant de mourir de la maladie.

 

Pour une personne exceptionnelle qui aura profité de cette mise à l’écart pour grandir (croissance qu’elle gagnera à faire valider par ses proches), des centaines de personnes en feront les frais. La note à payer risque d’être lourde quand l’épidémie sera « derrière » nous.

 

Le confinement est un remède de choc appliqué d’un coup et à tous sans essais cliniques préalables. Ses effets secondaires n’ont pas pu être mesurés : jamais depuis la guerre nous avons été dans ces circonstances exceptionnelles. Ce remède semble nécessaire.

 

L’État nous l’impose et à nous d’en suivre religieusement la posologie. Mais il implique aussi un défi à détecter avec lucidité car la bataille n’est pas moins rude sur le front du confinement que sur le front des hôpitaux. Pour le dire autrement : Comment soigner le remède ?

 

Si ses effets sont conséquents sur les gens solides, qu’en sera-t-il sur les personnes fragiles ? Je pense beaucoup aux personnes les plus fragiles. Celles-ci paient toujours avant les autres. Le confinement ne gomme pas les fragilités, il les révèle et il les accentue.

 

Comme la pression sur une plaie fait sortir le pus, cette clôture non choisie (et non préparée) presse les fragilités. C’est le couteau qu’on retourne dans la plaie. Ce qui était douloureux tourne au désastre. Comment faire pour garder chez lui un jeune de 25 ans atteint de troubles psychiques graves ? Ajoutons que sont rares, très rares ceux qui n’ont aucune fragilité.

 

Prenons garde à nous croire plus solides que nous ne le sommes en réalité. La colère est souvent aux portes de notre cœur, toute prête à jaillir et à blesser.

 

Prions encore pour nos autorités politiques qui tentent de choisir le moins pire entre la maladie qui assassine en face et le remède qui détruit par derrière.

 

Et invitons l’Esprit saint à régner entre nous, en nous. Sa marque de fabrique nous est connue : paix et joie. Seul ou seuls nous ne nous en sortirons pas par le haut.

 

Viens Esprit-saint !

Que Dieu vous garde tous !

 


+ Luc Ravel
Archevêque de Strasbourg

 

https://www.alsace.catholique.fr/actualites/declarations-leveque/372745-message3-alsaciens/

 

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E Mail : secretariat.pastorale@archeveche-strasbourg.fr

 

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Vendredi 27 mars à 18h ... Bénédiction Urbi et Orbi

https://www.vaticannews.va

/fr/pape/news/2020-03/coronavirus-priere-pape-homelie-urbi-et-orbi.html

/fr/pape/news/2020-03/pape-francois-benediction-urbi-et-orbi-coronavirus.html

 

Adoration et bénédiction Urbi et Orbi avec le Saint-Sacrement

 

L'adoration du Saint-Sacrement exposé sur l'autel, enveloppé d'encens, était rythmé par une prière de supplication pour demander au Seigneur de sauver l'humanité, et dont voici une traduction en français:

 

«Vrai Dieu et vrai homme, réellement présent en ce Saint-Sacrement, nous t’adorons, Seigneur.

Notre Sauveur, Dieu avec nous, fidèle et riche de miséricorde, nous t’adorons Seigneur.

Roi et Seigneur de la Création et de l’Histoire, nous t’adorons, Seigneur.

Vainqueur du péché et de la mort, nous t’adorons, Seigneur.

Ami de l’homme, ressuscité et vivant à la droite du Père, nous t’adorons, Seigneur.

 

Fils unique du Père, descendu du Ciel pour notre Salut, nous croyons en Toi, Seigneur.

Médecin céleste, qui t’inclines sur notre misère, nous croyons en Toi, Seigneur.

Agneau immolé, qui t’offres pour nous racheter du mal, nous croyons en Toi, Seigneur.

Bon Pasteur, qui donnes la vie pour ton troupeau, nous croyons en Toi, Seigneur.

Pain vivant et médecin d’immortalité qui nous donnes la vie éternelle, nous croyons en Toi, Seigneur.

 

Du pouvoir de Satan et des séductions du monde, libère-nous, Seigneur.

De l’orgueil et de la quête de pouvoir, libère-nous, Seigneur.

Des engrenages de la peur et de l’angoisse, libère-nous, Seigneur.

De l’incrédulité et du désespoir, libère-nous, Seigneur.

De la dureté de cœur et de l’incapacité à aimer, libère-nous Seigneur.

 

De tous les maux qui affligent l’humanité, sauve-nous, Seigneur.

De la faim, de la famine et de l’égoïsme, sauve-nous, Seigneur.

Des maladies, des épidémies et de la peur du frère, sauve-nous, Seigneur.

De la folie dévastatrice, des intérêts sans pitié et de la violence, sauve-nous, Seigneur.

Des tromperies, de la mauvaise information et des manipulations de la conscience, sauve-nous Seigneur.

 

Regarde ton Église qui traverse le désert. Console-nous, Seigneur.

Regarde l’humanité, frappée par la peur et par l’angoisse. Console-nous, Seigneur.

Regarde les malades et les moribonds, opprimés par la solitude. Console-nous, Seigneur.

Regarde les médecins et les opérateurs de santé, épuisés par la fatigue. Console-nous, Seigneur.

Regarde les responsables politiques et les administrateurs, qui portent le poids des choix. Console-nous, Seigneur.

 

À l’heure de l’épreuve et de la perte, donne-nous ton Esprit, Seigneur.

Dans la tentation et dans la fragilité, donne-nous ton Esprit, Seigneur.

Dans le combat contre le mal et le péché, donne-nous ton Esprit, Seigneur.

Dans la recherche du vrai bien et de la vraie joie, donne-nous ton Esprit, Seigneur.

Dans la décision de demeurer en Toi et dans ton amitié, donne-nous ton Esprit, Seigneur.

 

Si le péché nous opprime, ouvre-nous à l’espérance, Seigneur.

Si la haine nous ferme le cœur, ouvre-nous à l’espérance, Seigneur.

Si la douleur nous visite, ouvre-nous à l’espérance, Seigneur.

Si l’indifférence nous angoisse, ouvre-nous à l’espérance, Seigneur.

Si la mort nous anéantit, ouvre-nous à l’espérance, Seigneur.»

 

Après la supplication, le rite de la bénédiction eucharistique Urbi et Orbi a suivi, adressé à la ville de Rome et au monde entier. Le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre, a prononcé la formule pour la proclamation de l'indulgence. Tous ceux qui ont reçu la bénédiction eucharistique par la radio, la télévision et d'autres technologies de communication, mais aussi tous ceux qui se sont unis à cet évènement simplement dans la prière même sans accès aux médias, ont obtenu l'indulgence plénière dans la forme établie par l'Église.

 

Infos Semaine Sainte : aucune célébration en présence de public

DÉCRET

 

En temps de Covid-19 (II)

 

 

Ayant considéré l'évolution rapide de la pandémie de Covid-19 et tenant compte des observations reçues des Conférences Épiscopales, cette Congrégation propose une mise à jour des indications générales et des suggestions déjà données aux Évêques dans le décret précédent du 19 mars 2020.

 

En considération du fait que la date de Pâques ne peut pas être transférée, dans les pays touchés par la maladie, où des restrictions sur les rassemblements et les mouvements de personnes sont prévues, les Évêques et les Prêtres célébreront les rites de la Semaine Sainte sans la présence du peuple et dans un endroit approprié, en évitant la concélébration et en omettant l'échange de paix.

 

Les fidèles seront informés de l'heure du début des célébrations afin de pouvoir s'unir en prière dans leurs propres maisons. Les moyens de communication télématiques en direct, et non enregistrés, pourront être utiles. Dans tous les cas, il reste important de consacrer suffisamment de temps à la prière, en valorisant surtout la Liturgia Horarum.

 

Les Conférences Épiscopales et chaque diocèse ne manqueront pas d'offrir des suggestions en vue d’aider la prière familiale et personnelle.

 

1 – Dimanche des Rameaux. La Commémoration de l'Entrée du Seigneur à Jérusalem sera célébrée à l’intérieur de l’édifice sacré ; dans les églises Cathédrales on utilisera la deuxième forme prévue par le Missel Romain ; dans les églises Paroissiales et dans les autres lieux, la troisième forme.

 

2 – Messe chrismale. En évaluant la situation concrète dans les différents pays, les Conférences Épiscopales pourront donner des indications sur un éventuel transfert à une autre date.

 

3 – Jeudi Saint. Le lavement des pieds, déjà facultatif, est omis. À la fin de la Messe en Mémoire de la Cène du Seigneur, on omet aussi la procession, et le Saint-Sacrement sera conservé dans le tabernacle. En ce jour, on concède exceptionnellement à tous les prêtres la faculté de célébrer la Messe dans un endroit approprié, sans la présence du peuple.

 

4 – Vendredi Saint. Dans la prière universelle les Évêques veilleront à préparer une intention spéciale pour ceux qui se trouvent dans une situation de désarroi, pour les malades, les défunts (cf. Missale Romanum). L'adoration de la Croix par le baiser sera limité au célébrant seulement.

 

5 – Vigile Pascale. Elle n'est célébrée que dans les églises Cathédrales et Paroissiales. Pour la liturgie baptismale, seul le renouvellement des promesses baptismales sera maintenu (cf. Missale Romanum).

 

Dans les séminaires, les maisons de prêtres, les monastères et les communautés religieuses, on suivra les indications de ce Décret.

 

Les expressions de la piété populaire et les processions qui enrichissent les jours de la Semaine Sainte et du Triduum Pascal peuvent être transférées, au jugement de l'Évêque diocésain, à d'autres jours convenables, par ex. les 14 et 15 septembre.

 

De mandato Summi Pontificis pro hoc tantum anno 2020.

 

De la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le 25 mars 2020, solennité de l’Annonciation du Seigneur.

 

Robert Card. Sarah
Préfet

 

✠ Arthur Roche
Archevêque Secrétaire