Notre lien journalier

Pendant toute la période de confinement, pour rester unis dans la prière, nous publions sur cette page toutes les intentions de prières que vous nous adressez, tous vos partages, vos méditations, ou tout autre texte ....etc ...

 

mail : paroissesmeinau@yahoo.fr

Lundi 6 avril - Lundi Saint

Les ressources du Net sont à peu près inépuisables ...

L'équipe liturgique a suggéré de réentendre la Passion selon St Jean de JS Bach.
En voici le lien, sur YouTube :

 

 

 

 

Et en voici le livret en français :

 

http://dominique.sourisse.free.fr/cariboost_files/bach_passion_st-jean.pdf

Une autre ressource intéressante, et originale, pourrait être de voir ou de revoir le film du P. Bruckberger, Le dialogue des Carmélites (1960, avec JL Barrault, J. Moreau...) qui avait marqué à l'époque.
Une vraie leçon de courage pour temps difficiles...

 

 

 

 

Belles (re)découvertes,

 

 

P. Alain Moster

 

UNE SEMAINE VRAIMENT SAINTE

DNA, 5 avril 2020

 
Cette année pas de photos dans les journaux de procession des rameaux, de lavement des pieds, de chemin de croix dans la ville ou de feu pascal sur le parvis des églises. Les communautés chrétiennes et leurs membres sont conviés à un pèlerinage intérieur pour vivre et approfondir les enseignements des derniers moments de la vie du Christ Jésus, depuis son entrée triomphale à Jérusalem, son dernier repas avec ses disciples, sa passion et sa mort sur la croix jusqu’à sa résurrection au matin de Pâques.

 

Nous avons cependant souhaité communiquer par voie de presse quelque chose de ce que, chrétiens de toutes confessions, nous portons en nous. Non parce que cela s’impose mais parce que vivre en chrétien c’est s’intéresser à tous. Parce que nous croyons que notre Dieu aime tous les hommes, nous voudrions que chacun entende ce message, qu’il soit en première ligne pour le soin des malades ou tout autre service, ou qu’il vive confiné avec ou sans les siens : « Tu es fort, il a y une force en toi ».

 

Chrétiens, nous nous tournons vers Jésus qui entre dans sa passion. En le suivant à travers les évangiles, nous voyons bien que pour Jésus, non plus, cela n’a pas été simple. Il lui fallait ce quelque chose en lui, cette force d’avancer et d’aller jusqu’au bout qui ne pouvait lui venir que de l’expérience de l’amour de son Père qu’il vit intensément, particulièrement dans la prière. Une prière, même avec des larmes et du sang, mais dans la certitude de la Résurrection à venir.

 

Parce que cela lui a permis de tenir bon, nous demandons à Jésus de nous apprendre à prier comme lui-même priait. Quelles que soient les circonstances, dire tout simplement avec Jésus le « Notre Père » ravivera en nous la force et l’espérance que confère de se savoir aimé, de faire partie d’une grande histoire d’amour, d’avoir un avenir assuré, de faire confiance, de ne manquer ni de moyens, ni de raisons de vivre, d’aimer à notre tour et de pardonner, de vaincre le mal.

 

Nous rejoignons ainsi la prière de tant de croyants qui se sont laissés instruire par la Parole de Dieu « pour que je sache à mon tour réconforter celui qui n’en peut plus », et ont fait l’expérience : « Le Seigneur vient à mon secours : je sais que je ne serai pas confondu » (Isaïe). Nous nous sentirons solidaires et en communion avec tous ceux qui n’ont que Dieu pour trouver leur force, « car Dieu vient vraiment au secours du pauvre ».

 

Et puis nous voulons dire à chacun notre reconnaissance, plus fortement encore à ceux qui trop souvent ont le sentiment de ne pas être reconnus. « Wie gut dass es dich gibt ! ». « Qu’il est bon que tu sois ! » « Et si c’était toi, la réponse de Dieu à nos prières pour les malades : « qu’ils découvrent dans leur épreuve combien tu es proche d’eux par des frères qui soutiennent leur courage, qui les entourent de ta tendresse et les aident à guérir en soutenant leur patience » (Missel Romain)

 

Cette période de crise souligne combien nous sommes interdépendants les uns des autres. C’est à travers chacun qui fait son métier, tient sa place, prend soin de soi et des autres, chacun qui se dépense, se fatigue, fait preuve d’attention et de patience, accomplit son service, que le Seigneur s’approche de chacun. Il est présent à travers cette sœur, ce frère, qui permet, pour sa part, que la vie continue. Reconnaissons-le. Que ceux qui souffrent d’isolement ou d’être privés de sacrement redécouvrent le sacrement du frère : là où sont amour et charité, là Dieu est présent. Vraiment. Réellement. N’oublions pas de dire « merci » aux uns et aux autres, et de rendre grâces à notre Dieu !

 

Il y aura tant de choses à voir autrement…. Déjà, « dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne… ». Et nous tournant les uns vers les autres, rejoignant les applaudissements de tous, nous pourrons crier : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » (Évangile de S. Matthieu, 21, 1 – 11) 

                                       

P. Thomas Brunagel

 

« Nous allons célébrer Pâques  ….   La résurrection n’est pas une “happy end” : nous n’attendrons pas la fin de cette période, aussi difficile soit-elle, pour vivre en “ressuscités”, sinon nous attendrions la fin des temps pour fêter Pâques. En ces temps, très durs pour certains, comme en tout trouble grave qui marque la vie des hommes et des femmes, pensons notamment à la Syrie, à l’Irak, au Soudan… il nous faut déjà être “ressuscités avec le Christ” (Col 3,1). Le cortège des maladies cruelles, des accidents dramatiques, des victimes de famines ou de guerres accompagne l’humanité depuis toujours, sans que ces épreuves aient jamais empêché d’annoncer la résurrection du crucifié et surtout d’en vivre.

 

Car, fondamentalement, Pâques ne fait pas oublier la Croix ou la mort ou les épreuves. La résurrection rend même la croix plus ténébreuse : “Il a donc fallu que Dieu en passe par là… ?” Insondable mystère ! Il nous faut d’abord croire que la résurrection habite la Croix, que la vie habite le crucifié. Sa nuit est déjà “lumière de midi”. La résurrection habite et même précède la mort.  La célébration pascale n’est pas un alléluia qui oublie les croix vécues, un chant d’allégresse qui étouffe les cris de douleur de l’humanité.

 

 ….Différer la célébration de Pâques ce serait reporter l’espérance qui nous anime quand nous devenons des prochains de tant de souffrances, d’isolements, de fragilités » (méditation de Mgr Hervé Giraud)

Terre Sainte

Chaque année, les chrétiens de Terre sainte se retrouvent avec les pèlerins venus du monde entier pour une grande procession sur le Mont des oliviers. Une procession qui évoque déjà les foules de la Pentecôte, de toutes races, langues... Une procession joyeuse, dansante, bigarrée ! Cette année, elle ne s'est bien sûr pas tenue. L'administrateur du patriarcat latin de Jérusalem délivre en cette circonstance un très beau message, qui peut nous éclairer durant cette Semaine sainte...

 

 

Dimanche des Rameaux 2020

 

Message

 

Jérusalem, 5 avril 2020
 

 

Chers amis,

 

Aujourd'hui, nous n'avons pas célébré l'entrée solennelle et magnifique de Jésus dans la ville de Jérusalem comme nous le faisons chaque année, avec des fidèles de toutes les paroisses du diocèse et des pèlerins du monde entier.

 

Nous n'avons pas levé nos palmes et nos rameaux d’oliviers pour crier « Hosanna » à notre Roi, Jésus-Christ. Les rues qui, en ce jour, seraient pleines de monde et de chants, d'hymnes et de cornemuses sont vides et silencieuses.

 

Que nous dit le Seigneur ? Pourquoi tout cela ? Que pouvons-nous faire dans ces moments dramatiques pour la vie du monde et pour la nôtre ?

 

Les habitants de Jérusalem ont accueilli Jésus avec enthousiasme, le reconnaissant comme Roi, comme le Messie attendu, comme celui qui allait enfin recevoir leurs prières.

 

Mais Jésus sait et l'Evangile nous dit que rien n'est si simple. Nous savons qu'il est venu à Jérusalem, non pas pour être intronisé comme David, mais pour être tué. Le sens que Jésus donne à son « entrée triomphale » est différent de celui que les habitants de Jérusalem y ont vu. C'est peut-être la leçon que Jésus veut nous donner aujourd'hui. Nous nous tournons vers Dieu quand quelque chose nous fait mal. Lorsque nous sommes en difficulté, nous voulons soudain tous poser les grandes questions difficiles.

 

En d'autres termes, nous voulons que Jésus devienne le genre de roi et de messie qui résout nos problèmes : la paix, le travail, la vie de nos enfants ou de nos parents, une aide, en bref, les situations difficiles que nous traversons. Nous voulons qu'il nous sauve du Corona Virus, que tout redevienne comme avant...

 

Bien sûr, nous savons que Jésus répond à nos prières et n’exige pas que nos motivations soient pures. Il est venu chercher et sauver les pêcheurs. Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.

 

Mais en même temps, Jésus répond à sa manière. Précisément parce que Jésus dit « oui » à nos désirs les plus profonds, il devra dire « non » à nos désirs immédiats.

 

Les habitants de Jérusalem voulaient un prophète, mais ce prophète leur a dit que leur ville était sous le jugement imminent de Dieu. Ils voulaient un Messie, mais celui-ci va être intronisé sur une croix païenne. Ils voulaient être sauvés du mal et de l'oppression, mais Jésus va les sauver du mal dans toute sa profondeur, et pas seulement du mal de l'occupation romaine et de l'exploitation par les riches.

 

L'histoire de la grande entrée à Jérusalem, en somme, est une leçon sur l'écart entre nos attentes et la réponse de Dieu.

 

La foule sera déçue, car Jésus ne répondra pas à ses attentes de salut immédiat. Mais au fond, il ne va pas en être ainsi : l'entrée de Jésus à Jérusalem est vraiment le moment où le salut naît. Les « Hosanna » étaient justifiées, mais pas pour les raisons que les habitants de Jérusalem avaient supposées. Apprendre cette leçon, c'est faire un grand pas vers la vraie foi chrétienne.

 

Peut-être sommes-nous nous aussi déçus, car nos prières ne sont pas entendues, nos attentes restent sans réponse apparente. Il semble que Dieu ne nous écoute pas. Reconnaissons-le : nous sommes encore loin de cette foi simple et pure, la foi des pauvres. Nous voudrions, nous voulons que notre vie change, ici et maintenant, et non pas dans un avenir vague ou dans l'au-delà. Nous voulons un Dieu tout-puissant et fort, nous voulons avoir foi en un Dieu qui nous donne certitude et sécurité. Puisse-t-il nous calmer dans cette mer de craintes et d'incertitudes dans laquelle nous nous trouvons maintenant.

 

L'Évangile nous dit cependant que la foi chrétienne est fondée sur l'espoir et l'amour, et non sur la certitude. Elle ne résoudra pas tous nos problèmes, elle ne nous donnera pas toutes les certitudes dont notre nature humaine a besoin, mais elle ne nous laissera pas seuls. Nous savons qu'Il nous aime.

 

A son passage, les gens de la foule étendirent leur manteau aux pieds de Jésus et l'accueillirent avec des branches d'olivier et les palmes coupées çà et là. Alors, malgré notre difficulté à comprendre, déposons, nous aussi, devant notre Messie le peu que nous avons, nos prières, nos besoins, notre besoin d'aide, nos pleurs, notre soif de Lui et de Sa parole de consolation. Nous savons qu’il nous faut purifier nos intentions, demandons-Lui aussi cette grâce, de comprendre ce dont nous avons vraiment besoin. Et ici, aujourd'hui, malgré tout, aux portes de Sa et de notre ville, redisons notre désir de vraiment l'accueillir comme notre Roi et notre Messie, et de le suivre sur son chemin vers son trône, la croix. Mais nous lui demandons aussi de nous donner la force de la porter comme lui, avec son amour fécond.

 

 

+Pierbattista

 

https://cmcterrasanta-eu.s3.amazonaws.com/2019/44753451-5ccc-424c-9ac0-15e424013e2d.m4v

 

Petite réflexion d'une paroissienne

Petite réflexion d'une paroissienne pas plus fervente que les autres, mais interpellée par la pandémie

 

 

VOUS AVEZ DIT CONFINEMENT ?

 

Certes ce confinement n'est pas agréable, mais retournons une cinquantaine d'années en arrière ....... nous n'avions pas tous les multi média d'aujourd'hui et avons donc dans notre épreuve la chance malgré tout de pouvoir facilement prendre des nouvelles les uns des autres, ... de suivre la messe devant la télé ou sur facebook.

 

Le confinement fait aussi, telle la nature au printemps, vivre ou revivre de belles solidarités, que nous n'aurions peut-être pas connues en temps normal, et puis,  alors que nous entrons en semaine Sainte qui nous rappelle la mort du Christ sur la croix pour le rachat de nos fautes, et qui finit à Pâques par la résurrection, c'est à dire le triomphe de la vie, nous voyons aussi des signes d'espoir par une petite amélioration de la pandémie dans le Grand-Est.

 

Tout cela ne peut que nous faire réaliser que nous pouvons rendre gloire à Dieu pour toutes ces grâces qu'il nous donne.

 

Assurés de son amour, ne désespérons donc pas, et avec son aide, nous vaincrons cette épreuve.

 

Bon courage à toutes et à tous, et bonne montée vers Pâques

 

Anne-Marie Ch

Dimanche 5 avril

Feuille dominicale du Dimanche 5 avril 2020
Dimanche 5 avril 2020 Rameaux A conf
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Une belle entrée en Semaine Sainte

Une belle et riche conférence sur la croix, donnée par le P. Michel Gourgues OP,
à l’École biblique de Jérusalem.
Elle est parfaitement adaptée pour
cette entrée en Semaine sainte.
Michel Gourgues o.p. - "Cette mort à assumer. En finale, l'intrigant témoignage johannique" 5 décembre 2019 Conférence du jeudi École biblique et archéologique française de Jérusalem

 

https://www.youtube.com/watch?v=hhlz_hCNT2k

 

 

Proposée par le P. Alain

“À quoi ressemblera notre vie après ?”

Un article de La Croix - Diocèse de Bordeaux, France                                              Proposé par plusieurs paroissiens

 

Dans un texte posté le 22 mars 2020 sur son blog, le père Pierre Alain Lejeune, prêtre du diocèse de Bordeaux, s’interrogeet interroge notre société sur «l’après» crise du coronavirus.

«Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton “arrêt d’urgence”, cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net», écrit-il en guise de préliminaire à sa réflexion. Un arrêt brutal, «à cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie!», souligne-t-il. Alors que nous sommes «contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire», ne convient-il donc pas de s’interroger, estime le père Lejeune: «Que va-t-il se passer après? Lorsque le monde va reprendre sa marche; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue? À quoi ressemblera notre vie après?» Rythmé par cette question de l’«après?», le texte interroge ainsi des notions qui semblaient «évidentes» à notre société, la famille, la sagesse, la patience, la gratitude ou bien encore la fraternité…

Après

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

 

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

 

Après ?

Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

 

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

 

Après ?

 

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

 

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

 

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

 

Après ?

 

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

 

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

 

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

 

 Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot. »

 Ecrit par Pierre Alain LEJEUNE, prêtre à Bordeaux

Samedi 4 avril

12 paroles bibliques qui font du bien

 Article de La vie - Publié le 01/04/2020 à 20h06 - Modifié le 01/04/2020 à 20h08 Alexia Vidot

 

La Parole de Dieu est une arme de choix pour combattre les passions tristes qui nous guettent à l’heure du confinement. En voici douze, glanées dans l’Ancien et le Nouveau Testament.

 

 

Nous sommes bien en « guerre contre un ennemi invisible », comme l’a déclaré le Président de la République, lors de son appel à la « mobilisation générale » du 16 mars dernier. Et cet ennemi numéro 1 a un nom : Coronavirus. Mais ce combat peut en cacher un autre, non moins redoutable... La crise de la quarantaine que nous traversons est en effet le lieu d’un véritable combat spirituel. 

 

Peur, découragement, désespoir, repli sur soi, détresse, tristesse ou colère : comment lutter contre ces tentations et ces passions tristes qui nous guettent ? Saint Paul propose comme arme de choix « le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu » (Éphésien 6, 17). Celle-ci est « vivante, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants » (Hébreux 4, 12). Alors saisissons-la !

 

·               « Ainsi parle le Saint d'Israël : C'est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c'est dans le calme et la confiance que sera votre force », Isaïe 30,15.
 

·               « Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie », Jean 14,27.
 

·               « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine », Matthieu 6, 34.
 

·               « Soyez forts et tenez bon, ne craignez pas et ne tremblez pas devant lui, car c’est le Seigneur ton Dieu qui marche devant toi : il ne te délaissera pas et ne t’abandonnera pas », Deutéronome 31,6.
 

·               « De toute votre inquiétude, déchargez-vous sur lui, car il a soin de vous. Soyez sobres, veillez (...) Quand vous aurez un peu souffert, le Dieu de toute grâce (…) vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables », 1 Pierre 5,7.
 

·               « Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi. Si tu traverses les eaux je serai avec toi, et les rivières, elles ne te submergeront pas. Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas, et la flamme ne te brûlera pas. (…) Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime », Isaïe 43, 1-4.
 

·               « N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière (…) Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées », Philippiens 4, 6-7.
 

·               « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes », Matthieu 11,28-29.
 

·               « À Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de ce que nous pouvons demander et concevoir, à Lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus, pour tous les âges et tous les siècles ! », Éphésiens 3, 20.

 

·              « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je te t’oublierai pas. Vois, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains », Isaïe 49,15-16.
 

·             « Ils crient, le Seigneur écoute, de toutes leurs angoisses il les délivre ; proche est le Seigneur des cœurs brisés, il sauve les esprits abattus », Psaume 34.
 

·             « Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! Moi, j’ai bel et bien vaincu le monde », Jean 16,33.

 

Proposé par Martine Renaud

Les églises à la maison, retour aux sources du christianisme ?

Extrait de La Vie - Publié le 27/03/2020 à 16h17 - Modifié le 27/03/2020 à 15h34 - Christophe Dickès

 

 

 

Confinement

 

 

 

Confinés chez eux, les chrétiens sont amenés à vivre autrement leur foi dans leur quotidien. Le pape, les évêques et les prêtres sont certes très présents par les nouveaux moyens de communication. Il n’en reste pas moins que la maison peut redevenir ce qu’elle a été au temps des premiers chrétiens : un lieu de vie chrétienne. Ce que l’on a longtemps appelé les églises domestiques : « Fais de ta maison une église », nous demande saint Jean Chrysostome dans ses Sermons sur la Genèse (VI, 136-142). D’ailleurs, dans les langues sémitiques et notamment en hébreux, Beit désigne la maison mais aussi le temple.

 

Cette « maison » est omniprésente dans les évangiles. Jésus prie, enseigne et accomplit des miracles dans les maisons. Que l’on songe par exemple à celle de Pierre. L’évangile de Luc nous dit : « S’étant donc levé, ayant quitté la synagogue, il entra dans la maison de Simon. » Sous le toit de celui...

 

Cet article réservé aux abonnés

 

Proposé par Martine Renaud

 

Vendredi 3 avril

 

Comment soigner le remède ?

 

https://www.alsace.catholique.fr/actualites/declarations-leveque/372745-message3-alsaciens/

 

 

texte sur la page "Actualité"

Méditation

Méditation du 02 avril dans Magnificat

 

proposée par Katia Guignard

Un poème

C’était en mars 2020.

 

« Lazare, viens dehors ! ... »

 

Les rues étaient vides, les magasins fermés, les gens ne pouvaient plus sortir.

 

Mais le printemps ne savait pas et les fleurs ont commencé à fleurir, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les hirondelles allaient bientôt arriver, le ciel était bleu, le matin arrivait plus tôt.

 

Les jeunes devaient étudier en ligne et trouver des occupations à la maison, les gens ne pouvaient plus faire de shopping ni aller chez le coiffeur. Bientôt il n’y aurait plus de place dans les hôpitaux et les gens continuaient de tomber malades.

 

Mais le printemps ne savait pas, le temps d’aller au jardin arrivait, l’herbe verdissait.

 

Les gens ont été mis en confinement pour protéger les grands-parents, familles et enfants. Plus de réunion, ni repas, ni fête de famille. La peur est devenue réelle et les jours se ressemblaient.

 

 

Mais le printemps ne savait pas, les pommiers, cerisiers et autres ont fleuri, les feuilles ont poussé.

 

Les gens ont commencé à lire, jouer en famille, apprendre une langue, chantaient sur le balcon en invitant les voisins à faire de même, ils ont appris une nouvelle langue : être solidaires et se sont concentrés sur d’autres valeurs. Les gens ont réalisé l’importance de la santé, la souffrance de ce monde qui s’était arrêté, de l’économie qui a dégringolé…

 

Mais le printemps ne savait pas, les fleurs ont laissé leur place aux fruits, les oiseaux ont fait leur nid, les hirondelles étaient arrivées.

 

Puis le jour de la libération est arrivé, les gens l’ont appris. Le virus avait perdu, les gens sont descendus dans la rue, chantaient, pleuraient, embrassaient leurs voisins sans masque ni gants !

 

Et c’est là que l’été est arrivé parce que le printemps ne savait pas. Il a continué à être là, malgré tout, malgré le virus, la peur et la mort !

 

Parce que le printemps ne savait pas, il a appris aux gens le pouvoir de la vie !!!!!.......

 

En ce dimanche 29 mars, restez chez vous, protégez-vous et vous profiterez de la vie !!!

 

L’Evangile de ce cinquième dimanche de carême nous encourage à ouvrir nos multiples « tombeaux » et à accueillir le souffle de l’Esprit de vie qui se répand sans cesse.

 

Puisque l’Esprit de Dieu habite en nous, Viens parler à mon cœur, Seigneur, pour que la vie s’y dépose. Qu’il devienne le sanctuaire intime de ta présence vivante, plus forte que la mort : « ... Déliez-le, et laissez-le aller. »

 

Equipe Evangile@Peinture – Margot Béglier – Peinture Bernadette Lopez

 

 Proposé par J-Jacques Kuster

Jeudi 2 avril

Arbre de vie ou bois vivant

"A la veille de célébrer Jésus qui entre à Jérusalem, et qui va être chargé de la croix, je vous propose une très riche conférence de C. Rico, professeur à l'EBAF à Jérusalem, sur

l'Arbre de vie ou bois vivant

 

Une manière de reprendre de manière renouvelée notre propre vénération de la croix."

 

P. Alain

 

 

Jérusalem vient à vous !

En cette dernière semaine qui nous fait monter vers Pâques, nous vous invitons à un pèlerinage exceptionnel. Un pèlerinage de la prière qui vous donnera de méditer la Parole de Dieu en communion avec nous, de parcourir et de découvrir ces Lieux dont parle l'Évangile, de plonger dans les célébrations pascales à Jérusalem, sur le lieu-même de la Résurrection 

 

Durant cette Semaine Sainte, faites-vous proches de la Terre que Dieu a choisie et confiez-nous vos intentions de prière.

 

Fr. Roger Marchal OFM

 

Pour découvrir cette semaine de prière en ligne et s'inscrire voici le lien :   

 

P. Alain

Service Diocésain de l'Enseignement et de la Catéchèse

Le Service Diocèsain de l'Enseignement et de la Catéchèse vient de mettre en ligne

 

http://bit.ly/OCAcareme 

 

les propositions pour le dimanche des Rameaux. Comme les semaines précédentes, il y a une proposition pour les enfants, une pour les jeunes et une pour les familles.

Dans la journée, serons aussi mises en ligne des propositions pour la semaine sainte:
-un carnet pour les enfants qui retrace les temps forts de la Semaine Sainte avec des jeux et des explications.
-une proposition de jardin de Pâques à construire au fur et à mesure de la semaine
- une proposition de méditation à partir d'une oeuvre d'art autour de la Cène pour le Jeudi Saint
- un chemin de croix méditatif et un chemin de croix illustré pour le Vendredi Saint

Nous vous enverrons la semaine prochaine des documents pour Pâques.

Nous restons à votre disposition pour toute question,

En union de prière,

 

Bertille Lucereau

Service Diocèsain de l'Enseignement et de la Catéchèse
bertille.lucereau@ere-oca.com

Mercredi 1er avril

Conseils pour entreprendre une lecture spirituelle

Xavier Accart – lavie.de – 25/03/2020

 

 

 

La lecture spirituelle est moins connue que la lectio divina, cette méditation priante des Écritures, tant prisée par les moines. Néanmoins, elle n'en est pas moins précieuse, surtout à une époque où les guides qualifiés pour accompagner l'itinéraire intérieur sont peu nombreux. « Si les moines sentent le besoin de lire et de relire les ouvrages des maîtres de la vie spirituelle, les vies de saints, combien plus en a-t-on besoin quand on vit dans le monde, au milieu de tant d'occupations distrayantes », pouvait ainsi écrire à sa soeur le bienheureux Charles de Foucauld.

 

Méditer les écrits des saints

 

La lecture spirituelle consiste en une méditation des oeuvres de saints ou de grands auteurs de la vie mystique, à la différence de la lectio divina, qui s'applique d'abord aux Saintes Écritures. « Aime interroger les saints et les écouter en silence », recommande l'Imitation de Jésus-Christ, un ouvrage du xve siècle attribué à Thomas a Kempis. Il ne s'agit pas d'abord de s'instruire, mais de goûter les choses de Dieu. Les mots de nos prédécesseurs sont une aide pour s'ouvrir à la présence divine. Ils nous conduisent au seuil de la prière silencieuse, où nous pouvons alors les abandonner.

 

Trouver son auteur

Le plus sûr est de s'attacher à un auteur dont la sainteté a été attestée par l'Église, plus encore s'il a été reconnu docteur - c'est-à-dire que la valeur de son enseignement spirituel a été attestée -, comme la petite et la grande Thérèse, Édith Stein ou François de Sales. L'essentiel est de « trouver un auteur qui nous parle et qui deviendra un compagnon, conseille le père Max Huot de Longchamp, fondateur du centre Saint-Jean-de-la-Croix. Car les saints sont des vivants, ce ne sont pas tant des professeurs que des amis. » Une fois cet ami rencontré, nous pouvons approfondir sa voie.

 

Choisir un texte accessible

Il faut éviter les textes qui présentent une trop grande difficulté technique, ce qui pourrait conduire à une fatigue mentale au lieu d'ouvrir à la présence de Dieu. Par exemple, des vies de saints, de préférence écrites par des saints : par exemple, celle de François d'Assise par Bonaventure ou l'autobiographie de Thérèse de Lisieux. Comme le soulignait le dominicain Réginald Garrigou-Lagrange, « les exemples des saints, leur humilité, leur patience, leur confiance, leur charité débordante, ont plus d'efficacité pour nous faire pratiquer la vertu qu'une doctrine abstraite ». La méditation de leur existence doit nous suggérer des résolutions à mettre en pratique dans la vie quotidienne.

 

Faire des pauses

Après avoir invoqué le Saint-Esprit, il faut lire lentement, posément le texte choisi. Le but n'est pas de lire beaucoup, mais de se laisser imprégner. Bernard de Clairvaux conseille de suspendre de temps en temps la lecture pour prier. Notamment lorsque nous sentons qu'un passage nous touche ; il ne faut pas hésiter à savourer ces lignes. Le même saint propose d'apprendre par coeur cet extrait, pour revenir à Dieu au cours de la journée. Ces pauses dans la lecture conduisent naturellement à l'oraison, au simple accueil de la présence divine.

 

Limiter sa lecture

Il ne s'agit pas de lire trop et trop longtemps, « de peur que notre lecture ne lasse et ne fatigue l'esprit, au lieu de le fortifier », expliquait Alphonse-Rodriguez, un jésuite espagnol du début du xviie siècle. « Lire trop à chaque fois et hors de mesure, c'est se remplir l'esprit d'une infinité d'idées, qu'il ne peut plus arranger, et dont il ne lui reste qu'une vue confuse et superficielle », affirmait de son côté Louis Bourdaloue, un jésuite mort en 1704.

 

Recopier et annoter

Si on a du mal à se familiariser avec un texte, on peut le recopier, ce qui force à être attentif aux détails souvent décisifs et à entrer dans un rythme d'écriture. Nous pouvons encore annoter des passages qui ont suscité quelque chose en nous ; il nous sera précieux d'y revenir en temps de sécheresse. Enfin, il ne faut pas hésiter à relire ce qui nous a fait du bien par le passé. Thomas d'Aquin relisait ainsi sans cesse les Conférences de Jean

 

« Cette démarche a façonné ma vie »
« Voilà près d'une vingtaine d'années que je copie chaque semaine des textes de saint François de Sales. En traversant un pays à pied, à vélo ou en voiture, on ne voit pas le même paysage ; la même différence se retrouve entre lire rapidement un texte ou s'en imprégner en le recopiant. Depuis que Max Huot de Longchamp m'a suggéré cette démarche, une vraie amitié est née avec saint François de Sales. J'ai commencé par ses lettres à Jeanne de Chantal, que j'ai transcrites en français contemporain et qui ont été éditées (Correspondance, DDB). Je prends plaisir à retrouver cet homme qui guide ses correspondantes avec humour et dans un style simple et agréable. Comme pour la vie chrétienne, c'est nous qui compliquons les choses. Cette démarche a façonné ma vie. Souvent, ce que je copiais répondait à mes questions, me donnait l'attitude juste à tenir dans une crise que je traversais, un peu comme cela arrive quand on lit l'Évangile du jour. Quand vous vous intéressez à un saint, il s'intéresse à vous. » Témoignage de David Laurent, marié, 54 ans, responsable administratif et financier, Bruz (Bretagne)

 

 

Article proposé par Martine Renaud

Un poème  ...

Paul Éluard
 
La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

Dans la Bible, l'expérience du désert est féconde, malgré les dangers

Image : Jésus dans le désert, de Domenico Morelli, 1895. DEAGOSTINI/LEEMAGE

 

Régis Burnet  - lavie.fr – 25/03/2020

 

Pour la Bible, le désert est avant tout un mal, et même le mal absolu. Pourtant, paradoxalement, si le lieu est hostile, l'expérience du désert est féconde, malgré les dangers. En effet, toute la Bible se réfère à ce temps fondateur pendant lequel Dieu a voulu faire passer son peuple dans une « terre affreuse » (Deutéronome 1, 19). Elle n'en minimise pas les difficultés, bien au contraire. Dès les premiers bivouacs, les Hébreux murmurent contre le Seigneur, et ce tollé ne cessera pas pendant les 40 ans de l'Exode. Le peuple se livre à l'idolâtrie, Moïse se prend pour le Sauveur, si bien que lassé, Dieu ne permet pas à la génération du désert d'entrer en Terre promise.

 

Des tentations métaphoriques

 

Lorsque, plus tard, Jésus sera poussé par l'Esprit dans le désert (Matthieu 4, 1-11), il connaîtra les tentations qui attendent ceux qui s'y risquent : transformer les pierres en pain ; se jeter du sommet du Temple ; adorer le diable en échange des royaumes de la terre. Les moniales et les moines qui, depuis des siècles, font cette expérience l'affirment clairement : ces tentations sont aussi métaphoriques. Vouloir du pain à tout prix, c'est s'ingénier à calmer l'intolérable faim qui naît de la privation de l'abondance à laquelle nous sommes accoutumés ; cela peut concerner la nourriture, mais surtout les relations sociales, le confort, les habitudes de vie, etc. Être partant pour se jeter par terre, c'est être prêt à faire n'importe quoi pour que Dieu se manifeste et qu'enfin on sorte de cette insoutenable solitude. Se prosterner devant Satan, c'est tout compromettre pour avoir le droit de s'évader dans des fantasmes de richesse, de puissance, de domination.

 

Pourtant, malgré les risques, Dieu soumet son peuple à l'épreuve du désert. Bizarrement, nulle part le texte biblique ne nous dit pourquoi. C'est par les effets de la traversée qu'on arrive à le comprendre. (...)

 

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Mardi 31 mars

Je te porte avec moi jour et nuit

La spiritualité eucharistique et mariale du vénérable cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuan

 

  fr François-Marie Léthel ocd

 

     Le vénérable François-Xavier Nguyên Van Thuân (1928-2002) offre à toute l’Eglise une splendide spiritualité eucharistique et mariale, fruit de sa profond expérience mystique vécue en prison.  Arrêté  le 15 août 1975, il devait rester plus de 13 ans en prison, dont 9 ans en isolement, jusqu’à sa libération le 21 novembre 1988. Pour lui, ces deux fêtes de l’Assomption et de la Présentation de Marie avaient une grande signfication pour éclairer toute cette période si dramatique de sa vie.   En effet, avec Marie, Van Thuân vit une profonde expérience mystique qui a comme centre l’eucharistie, en toutes ses dimensions de sacrifice, présence réelle, communion et adoration. 

 

  Une prière écrite en prison 

 

Après une très dure première année de prison, le 7 octobre 1976, Mgr Thuân écrit cette belle prière qui synthétise toute sa spiritualité eucharistique:

 

 

   Jésus Bien Aimé,

 

       ce soir, au fond de ma cellule, sans lumière, sans fenêtre, très chaude, je pense avec une très forte nostalgie à ma vie pastorale.

 

       Evêque pendant 8 ans dans cette résidence, à deux kilomètres de ma cellule de prison, sur la même route, sur la même plage… J’entends les vagues de l’Océan Pacifique et les cloches de la cathédrale!

 

       Alors, je célébrais avec patène et calice dorés,

maintenant avec ton sang dans la paume de ma main.

 

       Alors, j’allais te visiter au tabernacle,

maintenant je te porte avec moi, jour et nuit, dans ma poche.

 

       Alors, je célébrais la Messe devant des milliers de fidèles; maintenant dans l’obscurité de la nuit, en passant la communion sous les moustiquaires.

 

    Alors, je prêchais les Exercices spirituels aux prêtres, religieux, aux laïcs…

 

        Maintenant, c’est un prêtre, prisonnier lui aussi, qui me prêche les Exercices de saint Ignace à travers les fentes de la cloison.

 

       Alors, je donnais la bénédiction solennelle avec le Saint Sacrement dans la cathédrale, maintenant je fais l’adoration eucharistique chaque soir à 21 heures, en silence, chantant à voix basse le Tantum Ergo et le Salve Regina, en concluant avec cette brève prière:

 

      « Maintenant, Seigneur, je suis content d’accepter tout de tes mains: toutes les tristesses, les souffrances, les angoisses, jusqu’à ma propre mort. Amen [1].  » 

 

Beaucoup de saints prêtres ont célébré la Messe dans des conditions semblables d’extrême souffrance, dans les camps de concentration nazis ou communistes. Mgr Thuân vit l’eucharistie comme le sacrement de la kénose, c’est-à-dire de l’anéantissement du Christ en la plus extrême pauvreté et petitesse, de Bethléem à la Croix. L’aspect le plus original et le sommet de sa spiritualité eucharistique est le fait de porter toujours sur soi l’hostie consacrée. C’est dans cette prière que nous trouvons l’expression la plus caractéristique de sa spiritualité:  Je te porte avec moi jour et nuit!

 

Porter toujours sur soi Jésus Eucharistie 

 

       Van Thuân vit cela comme prêtre et évêque, mais dans la même période de persécution communiste, les laïcs les plus engagés vivaient la même expérience. En effet, les Évêques du Vietnam avaient donné à ces fidèles, hommes et femmes, la permission de porter sur eux l’eucharistie, pour donner la communion dans les lieux où les prêtres ne pouvaient pas pénétrer. Il en était allé de même au moment de la Révolution Française.

 

       Ce fait de porter sur lui l’Hostie consacrée avait aussi frappé l’Archevêque de Huê, qui écrivait dans sa relation à Rome en 1978: « Il a pris l’habitude de garder sur lui, après la Messe une petite hostie consacrée ». Il vit alors des moments d’extrême souffrance avec Jésus à Gethsémani. Selon le témoignage de sa soeur, « en voyant la souffrance des autres prisonniers et sa propre souffrance, il s’était rendu compte que seule la présence de Jésus Eucharistie pouvait donner sens et force à leur situation de vie. »

 

       Van Thuân ne craint pas de partager cette spiritualité eucharistique avec les autres, comme en témoigne un prêtre, le Recteur du Séminaire Diocésain, qui était prisonnier avec lui et lui avait prêché les Exercices de saint Ignace en prison:

 

Comme signe d’espérance, il me fit un autre cadeau que je trouvai très précieux. Avec le fer-blanc des boîtes de conserve, il avait réalisé une bague qu’il me remit en me demandant ce que c’était. Je lui répondis que c’était un jouet, mais il me dit que c’était une bague dans laquelle il avait caché un petit fragment d’Hostie consacrée, afin que je porte toujours avec moi Jésus Eucharistie. J’ai trouvé cela extraordinaire et maintenant encore, je suis tout ému en pensant à ce qu’il a fait pour moi.  

 

       Ce « cadeau très précieux » que l’évêque offrait à son frère prêtre était un « mini-tabernacle » à porter continuellement sur soi. Il partageait ainsi l’aspect le plus fort et le plus audacieux de sa spiritualité eucharistique.

 

       Plus tard, après sa libération, Van Thuân a souvent témoigné de cette expérience eucharistique  vécue en prison. Il en offre une en des plus belles synthèses dans son livre Cinq pains et deux poissons (publié en italien en 1997). Le chapitre IV est intitulé: Quatrième pain: Ma seule force, l’eucharistie.   

 

« Ma seule force: L’eucharistie » 

 

        Mgr Thuân a souvent raconté comment, dès le début de sa détention, il avait réussi à avoir un peu de vin dans un flacon de « médicaments contre le mal d’estomac », avec des petites hosties cachées. Il pouvait donc célébrer la Messe chaque jour avec trois gouttes de vin dans la paume d’une main et un fragment d’hostie dans l’autre. Il célébrait totalement seul pendant la période d’isolement. A d’autres moments, il célébrait pour ses frères prisonniers, même dans les pires conditions de misère et de saleté comme par exemple sur le bateau qui l’avait porté du sud au nord avec des milliers d’autres prisonniers, et ensuite dans le camp de rééducation. Ainsi, la Messe est célébrée dans la plus extrême pauvreté, dans cette kénose, et il en va de même pour la conservation du Saint Sacrement, dans les plus humbles ciboires et tabernacles, donnés par lui aux prisonniers catholiques, alors qu’il porte toujours sur lui l’hostie consacrée:

 

Nous fabriquons de petits sacs avec le papier des paquets de cigarettes, pour conserver le Saint Sacrement. Jésus eucharistie est toujours avec moi dans la poche de ma chemise. (…)

 

       Chaque semaine a lieu une session d’endoctrinement à laquelle doit participer tout le camp. Au moment de la pause, avec mes camarades catholiques, nous en profitons pour passer un petit paquet à chacun des quatre autres groupes de prisonniers: Tous savent que Jésus est au milieu d’eux, et que c’est Lui qui prend soin de  toutes les souffrances physiques et mentales.

 

       La nuit, les prisonniers se succèdent en tours d’adoration; Jésus eucharistie aide merveilleusement par sa présence silencieuse. Beaucoup de chrétiens reviennent à la ferveur de la foi pendant ces journées; même des bouddhistes et d’autres non-chrétiens se convertissent. La force de l’amour de Jésus est irrésistible. L’obscurité de la prison devient lumière, la semence a germé sous terre pendant la tempête.

 

J’offre la Messe avec le Seigneur: quand je distribue la communion je me donne même avec le Seigneur afin de me faire nourriture pour tous.  Cela signifie que je suis toujours totalement au service des autres.  Chaque fois que j’offre la Messe j’ai la possibilité d’étendre les mains et de me clouer sur la Croix avec Jésus, de boire avec lui la coupe amère. Chaque jour, en récitant ou en écoutant les paroles de la consécration, je confirme de tout mon coeur et toute mon âme un nouveau pacte, une alliance éternelle entre moi et Jésus, par le moyen de son Sang mélangé au mien (1Co 11, 23-25).

 

       Jésus sur la croix commença une révolution. Votre révolution doit commencer à la table eucharistique et se développer à partir de là.  Ainsi, vous pourrez renouveler l’humanité. 

 

         Dans ce très beau texte adressé aux prêtres, on voit toutes les dimensions du Mystère Eucharistique comme Sacrifice de la Nouvelle Alliance, célébré par le prêtre in Persona Christi, mystiquement identifié avec Lui, avec une forte insistance sur la Présence Réelle et permanente de Jésus dans l’hostie Consacrée. Ici, Thuan parle de la Messe célébrée pour les autres prisonniers à qui il donne la communion et il laisse la Présence du Saint Sacrement.

 

Puis il raconte, comment il a vécu l’Eucharistie quotidienne quand il était complètement seul,  en rappelant encore ce fait de porter toujours sur soi l’hostie consacrée:

 

        J’ai passé 9 ans en isolement. Pendant cette période je célèbre la Messe chaque jour vers 3 heures de l’après-midi: l’heure de Jésus agonisant sur la croix. Je suis seul, je peux chanter ma Messe comme je veux, en latin, français, en vietnamien. Je porte toujours avec moi le petit sachet qui contient le Saint Sacrement: « Toi en moi et moi en toi ». Ce sont les plus belles Messes de ma vie!

 

       Le soir, de 21 à 22 heures, je fais une heure d’adoration, je chante Lauda Sion, Pange lingua, Adoro Te, Te Deum et des cantiques en langue vietnamienne, malgré le bruit du haut-parleur qui dure de 5 heures du matin à 11 heures 30 du soir. Je sens une grande paix de l’esprit et du coeur, la joie et la sérénité en compagnie de Jésus, Marie et Joseph. Je chante Salve Regina, Salve Mater, Alma Redemptoris Mater, Regina Caeli… en unité avec l’Église universelle. Malgré les accusations, les calomnies contre l’Église, je chante Tu es Petrus, Oremus pour Pontifice nostro, Christus vincit…

 

Comme Jésus a rassasié la foule qui le suivait dans le désert, dans l’eucharistie, c’est lui-même qui continue à être la  nourriture de vie éternelle. Dans l’eucharistie nous annonçons la mort de Jésus et nous proclamons sa résurrection.

 

      Il y a moments de tristesse infinie, et alors, que puis-je faire?  Regarder Jésus crucifié et abandonné sur la croix. Aux yeux humains, la vie de Jésus est un échec, inutile, manquée!  Mais aux yeux de Dieu, c’est sur la croix que Jésus a accompli l’action la plus importante de sa vie, parce qu’il a versé son sang pour sauver le monde. Jésus est totalement uni à Dieu, quand, sur la croix, il ne peut plus prêcher, soigner les malades, visiter les gens, faire des miracles, mais il reste dans l’immobilité absolue!

 

 Tout ceci est profondément théologique et très important pour rappeler la valeur de la Messe célébrée par le Prêtre dans la solitude, quand la présence des autres n’est pas possible. Dans la même période, Paul VI insistait sur cette vérité, très souvent contestée dans ces années de profonde crise de la foi en l’eucharistie, d’où la crise du sacerdoce qui a provoqué le départ de milliers de prêtres.  Dans son isolement total, le prêtre prisonnier accomplit l’oeuvre la plus grande et la plus efficace quand il célèbre la Messe. Il s’unit à Jésus Crucifié et Rédempteur, et il est en communion avec toute l’Église du Ciel et de la Terre.

 

Jésus Eucharistie rayonne son Amour envers tous, amis et ennemis 

 

      Dans l’expérience de Mgr Thuân c’est toujours Jésus Eucharistie qui rayonne son amour envers tous, amis et ennemis, prisonniers catholiques et policiers communistes. On remarque cette étonnante expression: Le poison de l’amour de Jésus! On peut rappeler que le mot grec pharmakon signifie le remède et le poison!

 

L’eucharistie est par excellence le Sacrement de l’amour de Jésus qui nous unit à Lui et à tous les frères, sacrement de l’unité dans le Christ Jésus. Le témoignage de Van Thuân est ici très fort. Le contact continuel avec Jésus Eucharistie, qu’il porte toujours sur lui, le rend capable d’un amour extraordinaire envers les ennemis, à tel point que beaucoup deviennent ses amis! C’est de sa part un choix libre et radical: « J’avais décidé de les aimer ».

 

      Thuân voulait être « instrument de l’amour de Jésus », en vivant dans la plus grande profondeur cette spiritualité de l’unité que la Servante de Dieu Chiara Lubich partageait avec l’oeuvre de Marie (Mouvement des Focolari).  Il avait connu et assimilé cette spiritualité quand il étudiait à Rome et il l’avait implantée dans son diocèse, en développant particulièrement sa dimension eucharistique et mariale. Entre lui et Chiara, il y avait une grande communion spirituelle. Chiara ira le visiter à l’hôpital quelques instants avant sa mort.

 

Dans la dernière maladie 

 

      Dans la dernière et très douloureuse maladie, l’eucharistie quotidienne restera le centre de sa vie, selon ce beau témoignage: « Il me racontait que la nuit, ne pouvant pas dormir, il ne trouvait rien de mieux que d’aller prier dans sa chapelle privée, et il se mettait à célébrer la sainte Messe en priant pour les prêtres en difficulté ».  C’était la Messe célébrée dans la solitude, comme pendant la période de l’isolement en prison.

 

      Quand il était hospitalisé, il célébrait la Messe tous les jours, comme en témoigne un médecin qui l’avait soigné à Milan:

 

  Dès qu’il a été en état de le faire, le Serviteur de Dieu a tout de suite commencé à exercer les fonctions de son sacerdoce, et surtout, il a tout de suite commencé à célébrer la Sainte Messe dans sa chambre. Certaines fois, j’étais présent et j’y ai participé. Je remarquais que son attitude de prière était intense, et surtout dans la célébration de l’Eucharistie il restait totalement absorbé et pris par ce qu’il était en train de faire à ce moment-là, sans occasion de distraction ou n’importe quelle autre chose, malgré qu’il se trouvât objectivement dans une situation de santé très précaire.

 

   Pour les derniers jours de sa vie à Rome, nous avons ce témoignage d’une religieuse infirmière:

 

       Je me souviens que tous les jours quelques prêtres amis, pour la plupart vietnamiens, venaient le trouver et concélébraient la Sainte Messe avec lui, le Cardinal, dans sa chambre d’hôpital. C’étaient de très belles liturgies chantées, bien participées, et solennelles dans leur expression. Je voyais que le Cardinal en était content, car pour lui, pouvoir célébrer la Sainte Messe était le moment de réconfort quotidien.

 

« Verum Corpus natum de Maria Virgine » 

 

      Avec Jésus, Marie a toujours été très présente dans toute la vie de Van Thuân, depuis l’enfance jusqu’à la mort. Il en a donné un beau témoignage en 1999 à Cologne, en parlant à une assemblée de prêtres, en expliquant comment Marie se trouve au coeur de sa spiritualité eucharistique et sacerdotale, en rappelant toujours son expérience en prison:

 

            Comme fils de Marie, en particulier pendant la Sainte Messe, quand je prononce les paroles de la consécration, je m’identifie avec Jésus, in persona Christi. Quand je me demande ce que Marie a signifié dans mon choix radical pour Jésus, la réponse est claire: sur la croix Jésus dit à Jean: « Voilà ta mère »!  (Jn 19, 27). Après l’institution de l’eucharistie, le Seigneur ne pouvait nous laisser rien de plus grand que sa Mère.  Pour moi Marie est l’Évangile vivant, en format de poche, avec la plus vaste diffusion, plus proche de moi que la vie de tous les autres saints. Marie est ma Maman: celle que Jésus m’a donnée. La première réaction d’un enfant quand il a mal ou qu’il a peur, est celle d’appeler:  « Maman! ». Ce mot, pour un enfant, est tout. Marie a vécu entièrement et exclusivement pour Jésus. 

 

 Dans la période la plus dure de l’isolement il avait écrit cette prière de consécration, de don total de soi-même à Jésus par Marie:

 

          O Mère, je me consacre à Toi, tout à Toi, maintenant et pour toujours. En vivant dans ton esprit et en celui de saint Joseph,  je vivrai dans l’Esprit de Jésus, avec Jésus, Joseph, les anges, les saints et toutes les âmes. Je t’aime, ô notre Mère, et je partagerai ta fatigue, ta préoccupation et ton combat pour le royaume du Seigneur Jésus. Amen 

 

      C’est la même consécration de saint Louis-Marie Marie Grignion de Montfort vécue par Jean-Paul II et résumée dans son Totus Tuus. Ainsi, le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge de saint Louis-Marie, qui a eu la même influence dans la vie de Karol Wojtyla e de Van Thuân, s’achève avec une finale eucharistique: Vivre pleinement la sainte Communion avec Marie et en Marie (VD 266-273).

 

D’une manière splendide, le Cardinal Van Thuân nous invite à redécouvrir la centralité de l’Eucharistie dans la vie de l’Eglise en Pèlerinage, la Présence de Jésus Mort et Ressuscité, l’Emmanuel, Dieu avec nous, jusqu’à la fin du monde.

 

 

NOTE

 

https://fr.zenit.org/articles/je-te-porte-avec-moi-jour-et-nuit-la-spiritualite-eucharistique-et-mariale-du-card-van-thuan/?utm_medium=email&utm_campaign=29 mars 2020 - Cessez le feu 1585493204 ZNP&utm_content=29 mars 2020 - Cessez le feu 1585493204 ZNP+CID_d451e9816db2b7f98a1c32ec66dd2f49&utm_source=Editions&utm_term=Je te porte avec moi jour et nuit  la spiritualit eucharistique et mariale du card Van Thuan - _ftnref1           

 

[1] De nombreux textes de Van Thuân ont été publiés, d’autre se trouvent, avec les témoignages, dans l’excellente Positio de sa béatification.

 

Proposé par le P. Alain

 

Cette tragédie peut réveiller la conscience religieuse de l'homme moderne

Journal La Croix du 30 mars 2020

 

Confiné à son domicile, Fabio Romano, directeur des ressources humaines des hôpitaux de l’Œuvre de Saint Jean de Dieu en Italie du Nord, accompagne de loin les équipes médicales. L’épidémie de coronavirus est une épreuve pour les chrétiens qui n’empêche ni la foi, ni l’espérance.

 

  • Recueilli par Christophe Henning,

 

La Croix : Fabio Romano, vous êtes confiné chez tout en assurant la direction des établissements de santé de l’œuvre de Saint Jean de Dieu, en Italie du Nord. La lutte contre le coronavirus est sans fin…

 

Fabio Romano : Nous vivons ces jours-ci dans le chaos total. Certes, nos hôpitaux ne sont pas dans le cœur de la tempête qui sévit en Lombardie, mais nous participons à la mobilisation d’urgence et de prise en charge des malades du Covid-19. Toutes nos activités de chirurgie, d’orthopédie par exemple, ont été suspendues pour garder un maximum de places disponibles, pour faire face à l’urgence.

 

Vous dirigez une dizaine de structures différentes.

 

F. R. : Je suis directeur des ressources humaines des hôpitaux de l’Œuvre de Saint Jean de Dieu pour l’Italie du Nord, soit une dizaine d’établissements, 2 500 salariés. J’ai travaillé dans de grandes entreprises notamment de télécommunication, aux États-Unis et à Paris. Il y a deux ans, j’ai accepté de m’engager dans la famille des « fratelli », à une période de ma vie où le défi qui m’importe est plus humain que professionnel.

 

Comment vos établissements sont-ils touchés par la crise ?

 

F. R. : Il y a l’activité hospitalière mais aussi la maison de retraite et le centre pour les malades psychiatriques : la situation est très dure pour eux, qui sont confinés, sans visite ni sortie possible. C’est une situation incroyable et inédite qui nous conduit à emprisonner des humains ! C’est difficilement supportable mais indispensable. Je pense aussi au personnel sanitaire, médecins, infirmières, qui sont aux côtés des malades, tous mobilisés, qui prennent des risques majeurs durant cette crise.

 

Comment vivre son engagement dans la foi dans cette situation ?

 

F. R. : Dieu nous a mis à l’endroit où nous devons être. Face à cette pandémie qui s’installe, l’Œuvre de Saint Jean de Dieu va continuer son travail avec charité et attention aux plus fragiles, en étant attentif à chacun, aussi proche que possible dans l’épreuve. Nous devons tous inventer de nouvelles façons de vivre, prendre des précautions et être présent au rendez-vous que Dieu nous assigne.

 

Ne vous sentez-vous pas impuissant face au fléau ?

 

F. R. : Les personnels administratifs continuent leur activité chez eux, en télétravail : chacun fait partie de l’histoire pour que d’autres puissent lutter contre la maladie. En travaillant au sein de l’œuvre, nous ne pouvons pas être indifférents aux interrogations du monde, et c’est aussi l’occasion de témoigner qu’il y a Quelqu’un d’autre qui veille, que Dieu est présent dans cette histoire.

 

Cette épidémie tombe pendant le Carême, en attente de Pâques…

 

F. R. : Le Carême ? C’est ça ! C’est ce que nous vivons ! C’est l’expérience de chacun en ce moment. De ma vie je n’ai jamais vécu un Carême comme ce que nous traversons en ce moment. Nous sommes dans le désert, dans un grand moment de solitude. Nous est posée de manière brutale la question essentielle : qu’est-ce qui te manque réellement pour vivre ? Le ciné, l’apéro, les achats divers ? Ou bien est-ce les visages ?

 

Cette tragédie peut réveiller la conscience religieuse de l’homme moderne. Les autres années, il s’agissait de prendre de bonnes résolutions, nous appelions cela des « petites fleurs » (fioretti). Cette année, la demande est plus exigeante : nous devons vivre le temps présent dans ce qu’il a de terrible.

 

C’est une épreuve pour tous, y compris les croyants...

 

F. R. : Le Christ a vaincu la mort ! Nous, chrétiens, y croyons-nous vraiment ? Je suis fier de mes collègues qui sont en ce moment près des malades. De loin, je dois tout faire pour qu’ils puissent travailler sereinement et qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls dans cette bataille. Faire œuvre de charité, ensemble, passe par les visages qu’ils rencontrent, les personnes qu’ils soignent.

 

Nous traversons une période historique, unique, qui nous fait entrer concrètement dans l’exigence de l’espérance. Il ne s’agit plus d’un idéal, mais d’éprouver la gratuité de la charité. Nous pouvons, sur ce chemin, suivre l’exemple des saints comme saint Jean de Dieu ou saint Ricardo Pampuri, protecteurs de notre œuvre.

 

Les chiffres sont terribles, on ne sait pas encore quand nous sortirons de la pandémie…

 

F. R. : Bien sûr, je suis anxieux pour moi-même, pour ma femme et ma fille étudiante, mais la peur ne doit pas nous empêcher de réfléchir et d’avoir de la gratitude pour nos grandes capacités. Le mal rôde, s’approche de nous. Nous serons tous touchés d’une manière ou d’une autre, mais nous savons qu’Il a triomphé de la mort. C’est notre foi, c’est aussi notre engagement, pourvu que nous acceptions les conditions de confinement le temps qu’il faudra.

 

Comment garder la foi ?

 

F. R. : Nous devons renforcer notre amitié avec le Christ, pas seulement pour notre propre compte mais aussi pour tous les autres, sinon l’espérance sera une vertu inaccessible. On reconnaît les racines chrétiennes de l’Europe dans ces temps d’épreuve : sans cela, il serait impossible de faire face. L’espérance n’appartient pas aux chrétiens : il y a des témoignages étonnants de générosité dans ce que nous sommes en train de vivre. Le personnel soignant est admirable, ils donnent leur vie, c’est une explosion de charité incroyable.

 

 Proposé par Étienne Piémont

 

Lundi 30 mars

Mgr Dollmann : "J'intercède et je rends grâce"

 

KTO retransmet les messages des évêques

 

29/03/2020

Ce temps de confinement est l’occasion pour l’archevêque de Cambrai de revenir au coeur de son sacerdoce : offrir l’Eucharistie en intercession pour tous ceux qui souffrent, rendre grâce pour tous les signes de foi qui émergent en ce temps d’épreuve. C’est au coeur de sa messe quotidienne qu’il porte le monde par la prière.

 

https://www.ktotv.com/video/00329619/2020-03-29-messages-deveques-1-3

 

Dans la peau, d’un prêtre confiné à Mulhouse

Témoignage d'un prêtre de Mulhouse sur le blog des juristes

Proposé par J-Jacques Kuster

 

·       25 mars 2020

Daniel Serres, Prêtre à Mulhouse

 

Le Club des juristes : Vous êtes à l’épicentre de la contamination du Covid 19 en France …

 

Daniel Serres : Nous en avons pris conscience de façon très progressive. Au moment du rassemblement évangélique dont on sait qu’il est à l’origine de nombreuses contaminations au coronavirus dans toute la France (17 au 21 février 2020), aucune mesure de restriction n’était donnée. Personne ne s’en doutait, pas même le Président de la République présent dans le même quartier le 17 mars ! Puis il y a eu les premiers malades, apparemment sans gravité, mais confinés. Au fur et à mesure des informations, nous apprenions l’étendue de la propagation liée à la simple participation à ce rassemblement. Nous ne pensions pas à une gravité de la maladie mais étions étonnés de sa puissance de contagion. Puis il y a eu les hospitalisations, les premiers morts. Le silence de pasteurs eux-mêmes malades et dans l’impossibilité physique de parler. Et surtout l’angoisse de paroissiens soignants qui nous confirmait qu’un drame commençait à se dérouler. Les premières mesures sanitaires sont venues, de façon croissante et parfois confuse pour ce qui nous concernait.

 

LCJ : C’est-à-dire ?

D.S. : Nous attendions les recommandations de notre évêque visant à adapter des recommandations sanitaires officielles et les traduire immédiatement en recommandations liturgiques précises : espacement des fidèles dans les bancs, arrêt de la communion sur la langue et des gestes de salutations ou de paix dans les célébrations.

Puis les messes ont été supprimées pour un dimanche. Une directive qui allait semble-t-il au delà de ce qu’indiquait le gouvernement. Chaque prêtre a célébré seul en donnant l’horaire aux paroissiens qui pouvaient s’y unir spirituellement. Nous pensions naïvement que le week-end suivant nous pourrions à nouveau célébrer normalement avec nos fidèles. Mais nous avons appris que la situation pouvait durer jusqu’en juin. Nous avons alors projeté des messes avec moins de 50 personnes. Nous avons imaginé un système de comptage des paroissiens, avec des portes pour entrer dans les lieux de cultes et d’autres pour en sortir. Nous avons aussi songé à intensifier les nombre de messes vu que les assemblées étaient plus petites.

Mais une nouvelle directive de l’évêché nous a demandé de maintenir l’absence de tout rassemblement dominical. Certains collègues ont trouvé ces mesures trop strictes d’autant que le site du gouvernement indiquait la possibilité de rassemblements cultuels pour 20 personnes maximum. Chacun a « inventé » des stratégies s’accommodant de l’une ou l’autre instance décisionnelle. Les instances religieuses semblaient plus restrictives encore que l’Etat. Jusqu’au moment où tout rassemblement cultuel mais aussi tout accueil de personnes au presbytère nous a été explicitement interdit par notre évêque. Le déplacement pour répondre à des demandes de sacrement de malade n’a été autorisé que sur avis médical. Evidemment, ce sacrement nécessitant un contact (imposition d’une onction d’huile sur la tête et les mains du malade) cela revenait à interdire la chose. Le confinement est arrivé quelques heures plus tard, mais l’évêché était déjà dans cette logique pour ses prêtres et agents pastoraux.

LCJ : Et les enterrements ?

D.S. : La confusion a été encore plus grande car il semble qu’une troisième instance se soit insérée dans les décisions : les maires des communes. L’Etat nous donnait la possibilité d’un rassemblement cultuel de moins de 20 personnes. L’évêché nous demandait de privilégier des célébrations au cimetière (donc sans interdire totalement l’église). Nous avons opté pour des prières au cimetière, d’autant que l’évêché demandait aussi des célébrations beaucoup plus courtes que les funérailles habituelles. Mais voilà qu’à certains endroits les mairies n’autorisaient plus l’accès au cimetière pour les familles et les célébrants. Du coup nous sommes revenus sur l’église comme lieu de célébration de funérailles, en toutes petites assemblées.

Mais une nouvelle directive de nos instances religieuses nous a imposé le cimetière, mettant clairement fin à la possibilité d’ouvrir nos lieux de culte. Restait comme possibilité le parking du cimetière ! Finalement, la ville a à nouveau permis l’entrée au cimetière de proches en très petits comités. Ordres et contrordres arrivaient en quelques heures et les Pompes Funèbres elles-mêmes ne savaient plus à qui se conformer. Actuellement nous reprenons donc des célébrations au cimetière avec pour contraintes le respect des distance de sécurité entre les personnes présentes et une durée très restreinte. Pourtant les familles sont très reconnaissantes pour ces quelques minutes passées avec elles dans la violence de l’épreuve. Souvent elles n’ont pu accompagner le défunt dans ses derniers instants et il est mort « seul » à l’hôpital. Certains n’ont parfois pas pu le voir parce que le cercueil était déjà fermé à leur arrivée… Le prêtre est là pour mettre un peu d’humanité et d’espérance dans ce contexte si dur.

LCJ : Que fait un prêtre confiné ?

D.S. : Il prie et passe énormément de temps au téléphone et sur les mails pour être encore et toujours ce qui est un aspect important de son ministère : un homme de communion. Communion entre les fidèles et avec Dieu. Cette question est très personnelle et peut-être d’autres confrères y répondraient différemment.

Il y a d’abord eu pour moi une violente panique. D’abord à cause des rumeurs (qui se sont malheureusement confirmées) sur la situation indescriptible vécue à l’hôpital de Mulhouse. En même temps, les premiers paroissiens gravement malades, et pas tous âgés… La violence de la maladie chez des personnes plus jeunes que moi (chefs scouts, catéchistes,…) m’a ébranlée. Puis il y a eu les premiers morts parmi nos connaissances, nos équipes de travail.

En même temps des paroissiens travaillant dans les services de santé commençaient à craquer. Ils appelaient le prêtre, pour se confier, pour avouer leur peur, leur volonté de partir en courant. Le prêtre est homme de confidence mais il est lui-même vulnérable. Dans cette première phase, le prêtre confiné faisait ce que font tous les mulhousiens : il se terrait paniqué et guettant le moindre de ses symptômes dans sa personne.

LCJ : Vous êtes toujours dans cet état d’esprit ?

D.S. : Pour ma part c’est désormais moi qui prend des nouvelles ou qui envoie des petits messages au personnel de santé si éprouvé. Chaque matin je prends en photo une fleur du petit jardin du presbytère et l’envoie avec un mot d’encouragement en précisant qu’ils n’ont pas besoin de répondre. J’ai décidé de laisser mon téléphone allumé la nuit et ils savent qu’ils peuvent me joindre. Ils ont énormément besoin d’écoute. Je n’ai pas de réponse aux questions qui les habitent. Je les aide à se sentir moins lâches et coupables de ne pas être des héros, alors qu’en réalité ils le sont. J’essaye de les aider à apprivoiser ce sentiment bien normal de vouloir sauver sa peau, d’être révolté par la mort. Dans leur métier, la mort a toujours été pour eux l’ennemi à combattre. Et c’est elle qui semble gagner à présent. Certains ont été formés pour accompagner des personnes en fin de vie, mais les circonstances les empêchent de mettre en œuvre ce qu’elles savent faire en temps normal. Plus assez de personnel, trop de malades, trop de décès, trop vite… Il y a un effet loupe de l’hôpital sur les cas désespérés qui leur donne la conviction que le virus tue plus que les statistiques ne le montrent.

Enfin, nous sommes en train de voir comment reprendre contact avec les paroissiens avec les nouvelles technologies malgré le confinement. Les cloches signalent aux fidèles les temps où nous célébrons la messe et les offices ici au presbytère. Plusieurs attendent les cloches pour s’unir spirituellement à nous. Le mail bien sûr tourne à plein régime, et peut-être bientôt la vidéo… Mettre nos homélies en ligne, nos offices, donner des intentions de prière, partager joies et peines… Progressivement, cela se cherche. Les scouts montent un projet de service aux personnes dans l’urgence. Je n’ai pas encore compris exactement comment se concrétisera ce projet (l’une des chevilles ouvrières de la chose va me l’expliquer mais elle est elle-même très malade du Covid). Ces initiatives comme celle qui fait applaudir chaque soir les gens à leur fenêtre pour manifester leur reconnaissance au service de santé sont spectaculaires dans une époque que l’on qualifie facilement d’individualiste. Mettre de la compassion, de la communion et de l’espérance en étant confiné… Un vrai challenge !

Le Covid 19 est-il une punition de Dieu ? suite et fin

4 - Paul                                                 24 mars 2020 Antoine Nouis Covid-19

 

Dans le dernier article de cette série sur la place de Dieu face à la maladie, je voudrais aborder une réponse de l’apôtre Paul à travers le fameux récit de l’écharde dans la chair.

Pour entendre le raisonnement de l’apôtre, il faut donner quelques éléments de contexte. Dans l’Église de Corinthe, Paul est critiqué dans son ministère par des hyperspirituels qui lui reprochent de ne pas avoir assez de prestance, de ne pas parler avec assez d’autorité, de ne pas faire assez de miracles. Paul répond à ses contradicteurs en commençant par évoquer avec un peu d’humour une expérience spirituelle, une extase qu’il a eue quatorze ans plus tôt[1]. C’est pour lui une manière de dire : « Si vous voulez qu’on fasse une compétition d’expériences surnaturelles, j’aurais quelques arguments à avancer. » Mais il ajoute aussitôt : « Si j’entrais dans une telle démonstration, je serais un fou. »

Face à ceux qui lui reprochent de ne pas avoir une foi assez démonstrative et spectaculaire, Paul raconte l’expérience d’un échec, d’une prière qui n’a pas été exaucée. Il partage alors une part de son intimité en évoquant une écharde dans sa chair. Nul ne sait ce qu’a été cette écharde, on pense qu’il pouvait s’agir d’une maladie chronique qui le gênait dans l’exercice de son ministère. Paul dit que par trois fois il a supplié le Seigneur de le guérir… et qu’il n’a pas été exaucé. Mais dans son non-exaucement, il a reçu une parole : Ma grâce te suffit ![2] Cette parole a dû lui paraître amère dans un premier temps, mais il a appris à l’accueillir comme une présence de Dieu malgré l’absence de l’exaucement tel qu’il l’attendait. On pourrait parler d’alter-exaucement, c’est-à-dire d’un exaucement différent. Il en a tiré une leçon qu’il revendique devant ses adversaires : Je ne me glorifierai que de mes faiblesses… afin que la puissance de Christ repose sur moi.

Cet épisode joue sur le paradoxe, il nous parle d’une présence de Dieu à accueillir du creux de nos faiblesses, et même jusque dans nos prières non exaucées selon nos attentes.

Ce renversement de l’exaucement me rend l’apôtre Paul proche et fraternel. Il me dit un Dieu qui est à mes côtés dans mes guérisons et dans mes maladies, et qui m’invite à faire de mes épreuves des expériences de grâce.

 

[1] 2 Co 12.2-4.

[2] 2 Co 12.9.

Dimanche 29 mars

Feuille dominicale dimanche 29 mars 2020 - 5ème dimanche de Carême
Dimanche 29 mars 2020 5ème Carême A co
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La beauté nous sauvera

Chers amis,

 

Mon frère André vient de me transférer un lien vers un orchestre israélien

qui joue en confinement le ps 42 de Mendelssohn.

Je vous le transfère volontiers avec toutes les amitiés.

 

Bien cordialement,

 

Simon Knaebel

 

https://www.youtube.com/watch?v=wq-YwxRBIQ8

Le dimanche ... nous ne faisons pas Carême, un paroissien nous propose des bonnes recettes à partir de ...

Vous êtes confiné ? Tentez le confit

 

A côté des nourritures spirituelles nécessaires pour affronter ces temps antagonistes où se mêlent carême et épidémie, ne négligeons pas les nourritures terrestres tout aussi indispensables, comme le proposait à sa façon André Gide.

 

Vous êtes confiné chez vous ? Regardez, votre placard de cuisine recèle peut-être des trésors comme ces boîtes de confit de canard qui sommeillaient en attendant une occasion de les ouvrir à l’improviste. Maintenant que nous avons davantage de loisirs à consacrer à la cuisine, c’est le moment de les réveiller et d’apprécier ces trésors gastronomiques du Sud-Ouest. Vous savez, ces cuisses de canard dodues et parfumées longuement mijotées dans leur propre graisse, fine et soyeuse.

 

Rissolez à la poêle ces cuisses à la peau croustillante avec des pommes de terre grenaille enrobées dans la graisse suave du confit (rien ne se perd, comme disaient Lavoisier et ma grand-mère). Il vous en reste ? Effilochez la chair qui adhère à l’os, faites-la revenir avec échalote, ail et persil et confectionnez un hachis Parmentier avec des pommes de terre à purée du genre Bintje. Une variante luxueuse requerrait des cèpes…Accompagnez ce Parmentier d’un mesclun aux pignons de pin et croûtons aillés.

 

Et peut-être sur l’étagère de la cuisine trouverez-vous aussi une terrine de foie gras de canard du Sud-Ouest, à ouvrir pour égayer un dimanche de confinement, qui serait un peu triste autrement, assaisonné au sel de Salies de Béarn et au piment d’Espelette. Une façon de s’évader par la magie des papilles.

 

Que de richesses recèlent ces canards, et il est tentant de faire un rapprochement avec notre local Canard de la Meinau qui se veut également finement nourrissant pour notre esprit, comme vous vous en rendez compte numéro après numéro. Et c’est vous qui pouvez le rendre encore plus savoureux, surtout avec toutes les expériences inédites que chacun de nous vit en ce moment. N’hésitez pas à nous les communiquer, à nous les partager. Soyez-en remerciés. Avec mes meilleures pensées confinées jusqu’à nouvel ordre.

 

Stephanus Coquus

 

Le Covid 19 est-il une punition de Dieu ? - suite

3 - L’évangile                                         23 mars 2020 Antoine Nouis Covid-19

 

La question posée dans le titre de cet article est la place de Dieu dans la maladie. La Bible ne donne pas de réponse univoque, c’est pourquoi je me propose de relire certains passages qui peuvent nous donner à penser sur le sujet.

Les deux premiers articles portaient sur deux passages du Premier Testament : le livre de Job et le thème de l’exil. Je me propose d’aborder aujourd’hui une réponse de l’évangile, puis, dans un dernier article, je me mettrai à l’écoute de l’apôtre Paul.

La question qui nous préoccupe est ouvertement posée dans le récit dans lequel Jésus passe devant un aveugle de naissance. Les apôtres qui veulent avoir une explication qui entre dans une logique lui demandent qui a péché pour que l’infirme soit atteint depuis le commencement de son histoire : « Est-ce lui ou ses parents ? » La réponse de Jésus est sans ambiguïté : « Ni lui, ni ses parents. Mais c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ! » (Jn 9.2)

Les disciples interrogent : « Pourquoi est-il malade ? », Jésus répond : « pour que les œuvres de Dieu se manifestent ! » Autrement dit, il passe du pourquoi au pour quoi. Il déplace la question de l’origine à la finalité.

Cette réponse est d’une belle actualité. Comme les disciples, nous avons envie de poser la question de l’origine du virus. Comment est-il venu jusqu’à nous ? Qui est responsable : La Chine ? La mondialisation ? Le réchauffement climatique ? Le gouvernement qui n’a pas pris les bonnes mesures ? On peut multiplier les débats sans fin.

L’évangile nous invite à poser une autre question : Pour quoi ? Comment faire en sorte pour que les œuvres de Dieu se manifestent à travers cette épidémie ? Quelle solidarité allons-nous déployer ? Quel témoignage allons-nous porter ? De quelle espérance allons-nous témoigner ? Comment allons-nous partager le sort et le combat de nos contemporains ?

Ceux qui sont sur le front du combat contre le virus ont plus besoin de nos prières que de nos explications.

C’est dans les périodes troublées que s’éprouve la pertinence du témoignage de l’Église.

 

partie 3 ... demain ....

Réflexion proposée par Étienne Piémont

Samedi 28 mars

Les sacrements s'adaptent à la contagiosité

Xavier Le Normand         La Croix 23/03/2020

Un homme devant le cercueil de sa mère près de Bergame, en Italie, le 20 mars. - Piero Cruciatti/AFP

 

 

En raison de la contagiosité du Covid-19, il est parfois impossible aux prêtres de se rendre au chevet des malades. L’Église catholique prévoit des possibilités pour permettre la confession sans contact direct.

 

Comment porter les sacrements aux malades du coronavirus, alors qu’il est parfois interdit aux prêtres de les approcher en raison de leur contagiosité? À Arezzo, en Italie, Mgr Riccardo Fontana a trouvé une solution pour donner le sacrement de réconciliation aux patients de l’hôpital de la ville: l’absolution collective. Jeudi 19 mars, l’évêque italien, revêtu d’une étole, s’est placé devant l’établissement de santé et a prononcé la formule d’absolution. L’événement était retransmis en direct sur les chaînes télévisées locales, permettant aux malades de recevoir directement ce sacrement.

En vogue dans certains diocèses dans les années suivant le concile Vatican II, l’absolution collective est prévue pour des « circonstances particulières », notamment lorsqu’un « danger de mort est imminent », précisait un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1972. Le code de droit canonique reprend ces instructions et établit que le fidèle ayant bénéficié d’une absolution collective « recourra à la confession individuelle le plus tôt possible et dès qu’il en aura l’occasion, avant de recevoir une nouvelle absolution générale, à moins que n’intervienne une juste cause ».

Dans son homélie à Sainte-Marthe, le pape François est revenu vendredi 20 mars sur le cas où il ne serait pas possible à un pénitent d’accéder à un prêtre. « Vous faites ce que dit le Catéchisme. C’est très clair : si tu ne trouves pas un prêtre pour te confesser, parle à Dieu, il est ton père, et dis-lui la vérité : “Seigneur, j’ai fait ceci, cela, cela… Pardonne-moi”, et demande-lui pardon de tout ton cœur, avec l’acte de contrition et promets-lui : “Je me confesserai plus tard, mais pardonne-moi maintenant.” Et immédiatement, vous reviendrez à la grâce de Dieu. » En revanche, la confession par téléphone ou Internet est strictement impossible.

 

Le sacrement des malades, autrefois appelé extrême-onction, suppose quant à lui d’oindre le malade avec une des saintes huiles, ce qui, par définition, nécessite une forme de contact. Il en va donc de même pour le viatique, communion eucharistique donnée à un mourant après confession et sacrement des malades.

En Italie, l’épiscopat a édicté une série de normes pour le cas où un prêtre peut accéder à un malade atteint du coronavirus proche de la mort. Pour oindre de l’huile sainte, le prêtre doit auparavant revêtir un gant de protection à usage unique. Pour donner le viatique, il doit se désinfecter les mains avec une solution hydroalcoolique avant et après la communion eucharistique, tout en prenant garde à ne pas toucher la bouche du malade.

Le Vatican aménage la liturgie et les sacrements

Dans un décret signé jeudi 19 mars, la Pénitencerie apostolique accorde une indulgence plénière à toutes les personnes affectées par le coronavirus qui « s’uniront spirituellement » à la célébration de la messe, à la récitation du chapelet ou au moins du Credo, du Notre Père et d’une invocation à Vierge. Cette indulgence est également accordée aux soignants et à ceux qui prient pour la fin de l’épidémie.

 Article propsé par Étienne Piémont

Le Covid-19 est-il une punition de Dieu ? suite

 2 - L’exil                                                                                                     20 mars 2020 Antoine Nouis Covid-19

 

Dans un premier article, j’avais écrit qu’on ne peut pas apporter une réponse tranchée à la question de la relation de Dieu avec le mal, car les paroles de la Bible ne sont pas univoques. Je propose donc de multiplier les éclairages.

Avec Job, nous avons vu que la question de l’origine du mal n’était pas disponible à l’humain. Le message du livre est de savoir si Job est encore capable de s’émerveiller devant la création malgré le mal.

Le deuxième thème que je voudrais aborder est celui de l’exil.

Pour comprendre la problématique, il faut faire un détour par l’histoire. La grande promesse de Dieu aux patriarches Abraham, Isaac et Jacob est : « Je vous donnerai une terre et une descendance. » Cette promesse s’est réalisée quelques siècles plus tard sous le règne du roi David. Le peuple a alors acquis son indépendance sur sa terre : il a un roi, une capitale, une armée qui se fait respecter, des frontières, et bientôt un temple pour rencontrer son Dieu.

Le règne du roi David correspond à un apogée de l’histoire, mais qui dit apogée dit commencement de la descente. La suite de l’histoire est une dégradation progressive. Le pays a connu une scission en deux royaumes, les rois ont rarement été fidèles, le temple est devenu un lieu de pouvoir religieux, les périodes de prospérité économique se sont accompagnées d’une augmentation des inégalités. Cette dégradation s’est soldée par la chute de Samarie en 722 sous les coups de l’empire assyrien, et celle de Jérusalem en 587 avant notre ère par le roi de Babylone. À la chute de Jérusalem, le peuple a perdu tout ce qu’il avait reçu : Il n’a plus de roi, plus de temple, plus de terre et il est envoyé en exil.

La Bible tient un double discours sur les rois étrangers qui ont été à l’origine de ces destructions.

À propos de la chute du royaume d’Israël, le livre d’Amos met dans la bouche de Dieu l’annonce que c’est le Seigneur qui envoie le roi d’Assyrie pour exiler le peuple à cause de ses injustices (Am 6.14). D’un autre côté le livre d’Ésaïe dit qu’il fera rendre des comptes au roi d’Assyrie pour son arrogance. (Es 10.12)

La même ambivalence se trouve dans les paroles sur Nabuchodonosor, le roi de Babylone qui a détruit Jérusalem. Jérémie l’appelle serviteur du Seigneur (Jr 25.9, 27.6) et le livre de Daniel annonce sa chute à cause de son orgueil. (Dn 2)

Comment pouvons-nous actualiser cette ambivalence ?

D’abord, affirmer que le mal est le mal, il n’y a aucune ambiguïté là-dessus.

Ensuite, dire que la rencontre avec le mal peut être une occasion de recommencement. Dans l’histoire, l’exil à Babylone a été une occasion de reconfiguration religieuse autour du Livre. C’est chez les prophètes de l’exil que l’on trouve les passages les plus « christiques » du Premier Testament.

Un des chapitres du Premier Testament que je préfère est la lettre que Jérémie a envoyée aux exilés à Babylone pour leur dire : « Construisez des maisons, plantez des arbres et mariez vos enfants, car il y a une vie possible en exil. » (Jr 29)

Nous avons tous fait l’expérience d’épreuves qui nous ont fait grandir.

Christiane Singer a écrit : « La lutte contre le mal prend un tour décisif lorsqu’on prend conscience que même le mal contient quelque chose de divin. Une charnière se dissimule là, qui fait tout basculer. On n’échappe pas au mal seulement en le combattant, mais en reconnaissant pour le combattre la part de divin qui est en lui. »

Il ne s’agit pas de dire que Dieu nous envoie le mal pour qu’il en sorte du bien, mais de se poser la question suivante : Quelle nouvelle connaissance pouvons-nous acquérir dans notre traversée du mal ? En quoi allons-nous être changés ?`

 

partie 3 ... demain ....

Réflexion proposée par Étienne Piémont

 

Vendredi 27 mars

Le couloir de l'hôpital est devenu un cloître où prier

Agnès Pinard Legry – fr.aleteia.org -23/03/2020

C’est dans une France confinée, avec des visites interdites dans certains hôpitaux et strictement encadrées dans d’autres, que les aumôneries d’hôpitaux continuent leur délicate mission d’écoute et d’accompagnement des patients. « Je continue à me rendre à l’hôpital afin d’être présent physiquement mais depuis une semaine l’essentiel de mes visites sont devenues des appels téléphoniques », explique à Aleteia Jean-Paul Malod-Dufour, 57 ans, diacre permanent et responsable de l’aumônerie du Nouvel Hôpital Civil de Strasbourg. « Comme tout le monde nous respectons les directives gouvernementales afin de stopper la chaine de transmission. Bien sûr les choses ont évolué ». Tout comme sa manière de vivre sa mission. Avec son équipe, il maintient un lien avec les malades par téléphone. Chaque chambre en est équipée, « nous avons communiqué nos numéros à tous les patients et nous avons un système de permanence le week-end », précise-t-il.

« L’hôpital reste un lieu de prière, il l’est peut-être même davantage aujourd’hui. »

Aumônier à l’hôpital Cochin à Paris, le père Franck Derville continue lui aussi sa mission d’accompagnement. « Je poursuis mes visites auprès des patients qui le demandent et que j’ai le droit de visiter mais nous sommes extrêmement vigilants au respect des consignes sanitaires », explique-t-il. « Les patients ressentent la fatigue des soignants, la privation des visites de l’extérieur… L’aumônerie apporte le réconfort de la prière, c’est tout le défi de notre présence ici. » Une présence qui fait sens aussi, pour le père Franck Derville, auprès du personnel hospitalier. « Ce qui me semble important à dire, à faire entendre, est que nous restons à la disposition de celles et ceux qui sont légitimement à l’hôpital. Le personnel soignant a besoin de sentir notre présence, celle de l’aumônerie. L’hôpital reste un lieu de prière, il l’est peut-être même davantage aujourd’hui ».

« Je suis là où est ma place »

« Je suis là où est ma place », confie de son côté le père Anton Drascek, aumônier à l’hôpital Européen Georges Pompidou. Les bénévoles de son aumônerie étant confinés chez eux, il est le seul à encore effectuer quelques visites « sauf en gériatrie où elles sont interdites ». « La maladie, la souffrance et la solitude n’étant jamais en vacances ou en congés, la mission de l’aumônerie d’être présente, d’accompagner, d’écouter et de partager continue ». S’il ressent l’angoisse des patients, liée bien souvent à la solitude dans laquelle ils se trouvent, le père Anton Drascek prend le temps de les écouter. « Les gens ont besoin d’être apaisés, il faut les aider à prendre le temps, à s’asseoir ». Ses pensées, comme celles du père Franck Derville, vont aussi pour les bénévoles des aumôneries qui sont confinées chez eux. « Je sens une certaine frustration auprès des bénévoles qui ne peuvent pas sortir. Mais c’est aussi cela être gratuitement accompagnateur de la personne dans la souffrance, la solitude, la maladie. Ils vivent peut-être désormais leur engagement encore plus profondément car ils peuvent porter dans leur prière les personnes hospitalisées ici. La pensée et la prière dépassent le cadre spatio-temporel ».

 

Accompagner, prier, écouter… et consoler. « Les familles sont doublement peinées car elles sont séparées de celles et ceux qui souffrent et qu’elles aiment : ici les visites ne sont désormais autorisées que pour ceux qui sont en fin de vie et limitées à une seule personne au chevet », indique le responsable. Des mesures encore plus strictes dans les unités de réanimation. Marié depuis 35 ans et père d’un enfant, Jean-Paul Malod-Dufour raconte comment ce dimanche il a été appelé par le médecin pour un patient qui allait décéder du covid-19. « En route je demandais au Seigneur de me donner la force et les mots… Pour des raisons d’isolement très rigoureux, je n’étais pas dans le box mais devant et à travers la vitre j’ai accompagné cet homme jusqu’à son dernier souffle ». « J’étais en ligne avec son épouse qui dans ses pleurs avait encore la force de prier avec moi, et au moment de fermer ses yeux à jamais elle m’a demandé comment était son visage et avec l’infirmière, je lui ai dit la vérité : son regard était apaisé. Puis nous avons longuement échangé dans la confiance. Pour les patients décédés du covid-19, la présence des familles à l’hôpital n’est pas possible ».

 

Comme le père Franck Derville, Jean-Paul Malod-Dufour rappelle que la mission des aumôneries d’hôpitaux est aussi d’accompagner la communauté hospitalière. « Aujourd’hui cette communauté est fragilisée. Ils doivent travailler dans des conditions dégradées mais ils le font avec beaucoup d’abnégation et de courage ». Si les épreuves sont nombreuses dans ces lieux où se livre chaque seconde un combat pour la vie, ces derniers jours lui ont fait découvrir une nouvelle forme de communion, de recueillement. « J’ai découvert un nouveau cloître dans les couloirs des hôpitaux, des unités. C’est là que je prie le chapelet pour rejoindre ainsi les patients et humblement, dans le silence, soutenir les équipes ».

 

Le Covid-19 est-il une punition de Dieu ?

1- Job                                                 19 mars 2020 Antoine Nouis Covid-19

 

Un interlocuteur m’a posé cette question qui est une bonne question.

Certains répondent : Oui, car Dieu est tout puissant et il a envoyé le virus comme marque de son jugement, ou pour appeler les humains à se tourner vers lui.

D’autres répondent : Non, car Dieu est amour et l’amour ne peut envoyer la maladie et la mort.

Le problème est qu’on peut trouver dans la Bible, des passages qui contredisent ces deux affirmations.

Alors ma réponse est : Je n’en sais rien. Je ne sais pas tout de Dieu. Il ne m’a pas envoyé de révélation particulière sur ce sujet et je me garderai bien de parler à sa place.

Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas donner de réponse définitive qu’on ne peut rien dire. Je me propose d’écrire dans mon blog une série d’articles qui évoquent plusieurs passages bibliques qui éclairent différents aspects de la question et apportent un éventail de réponses.

Le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Job dont le livre se présente sous la forme d’un conte oriental.

L’histoire est la suivante : Job est un homme à qui tout réussit : il est en bonne santé, il a une grande famille, une belle fortune, et c’est un homme de foi : il rend grâce à Dieu. Lors d’une conversation avec son ennemi le Satan, Dieu fait l’éloge de son serviteur, mais son interlocuteur lui répond : « Tu as vu comme tu l’as béni ? Retire-lui ses biens et tu verras s’il continuera à te louer. » Dieu est coincé. La seule façon de répondre à son adversaire est d’éprouver la foi de Job. Job perd sa fortune, ses enfants, sa santé et devient cet homme que l’iconographie dépeint sur son tas de fumier en train de gratter ses croûtes avec un tesson.

Job a tout perdu… il lui reste trois amis qui font le voyage pour visiter leur ami qui est dans l’épreuve. Après avoir respecté un temps de silence, les amis vont chercher une explication au mal qui rentre dans notre logique humaine. Bien sûr ils vont se tromper, car comment pourraient-ils imaginer que l’épreuve de leur ami est le fruit d’un pari idiot entre Dieu et le diable ?

Pendant 35 chapitres Job et ses amis se disputent sur l’origine du mal, et pendant 35 chapitres, Dieu se tait. Quand il sort de son silence, il prend Job par la main et il l’emmène faire… une visite de la création. Il lui parle géographie en évoquant le parcours des vents, la limite des océans et l’origine de la pluie. Puis il aborde la zoologie en racontant la progéniture des bouquetins, la bêtise de l’autruche et la vaillance du cheval. Il poursuit avec la mythologie en évoquant deux monstres, le Béhémoth et le Léviathan, parfois comparés à l’hippopotame qui est une brute épaisse et au crocodile qu’on ne peut pêcher avec un hameçon.

Cette réponse est une non-réponse, car on ne voit pas le rapport entre le parcours des étoiles, le vol des éperviers, l’invincibilité du crocodile et l’origine du mal. À notre grand étonnement, cette non-réponse a parlé à Job qui confesse  : « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu[1]. »

Le message du livre de Job est qu’il est des questions dont nous n’avons pas la réponse, à l’image de celle qui est posée dans le titre de cet article. Devant cette non-réponse, nous sommes invités à déplacer notre raisonnement et à nous poser une autre question : Au-delà du Covid-19, suis-je encore capable de m’émerveiller devant l’incroyable prodigalité du monde ?

 

[1] Jb 42.5.

 

partie 2 ... demain ....

Réflexion proposée par Étienne Piémont

Confinement : les conseils des moines

lavie.fr

Laurence Desjoyaux

« Notre vie n’est pas un confinement, mais un élargissement du cœur ! », prévient d’emblée sœur Anne-Samuel, moniale dominicaine de Notre-Dame de Beaufort (Ille-et-Vilaine). « La clôture est la réponse à un appel. Elle nous permet de donner de l’espace et du temps à la recherche exclusive de Dieu », abonde sœur Bénédicte, bénédictine à l’abbaye Notre-Dame-du-Pesquié (Ariège), qui reprend la formule de François de Sales : « Nous ne sommes pas une compagnie de prisonnières ! »

 

Pourtant, notre repli forcé a certains traits communs avec la vie des moines. « Il arrive que nous ne sortions pas de l’enclos du monastère pendant des mois », relate frère Antoine, cistercien de l’abbaye de Sept-Fons (Allier). Et si les religieux ont choisi leur mode de vie, ils n’ont pas choisi leurs compagnons d’aventure. « Il y a dans notre vie une part de contrainte et une part de choix qu’il ne faut pas opposer, explique sœur Mireille, prieure de la communauté protestante des Diaconesses de Reuilly , à Versailles (Yvelines). Si ce temps de confinement est contraint, nous pouvons en partie choisir comment le vivre. » Voici quelques pistes.

Leçon n°1 : Prendre le rythme

 Chez les moines : « Au début, j’avais l’impression d’être dans un train qui roule où rien n’est laissé au hasard », se souvient frère Antoine. Offices, temps de travail, d’étude, d’oraison et de repos s’enchaînent inlassablement. « Il est capital d’avoir des repères objectifs concernant les horaires et la répartition des tâches. Cela nous libère ! », estime sœur Bénédicte, qui partage sa vie avec 46 autres moniales. Autre vertu d’une journée cadencée : la lutte contre l’ennui et la mélancolie.

 

Chez nous : Nous pouvons commencer par fixer des horaires de repas, puis définir des temps pour le travail, l’école, la lecture, l’exercice, etc.

 

Leçon n°2 : Redoubler d’attention aux autres

Chez les moines : « Pour les novices, c’est au début difficile de ne plus avoir cette rapidité dans les relations et des contacts directs avec la famille et les d’amis, témoigne sœur Mireille. Mais cela pousse à transformer les relations, à être inventives ! » À cette difficulté s’ajoute, pour les jeunes qui ont eu l’habitude de voyager, celle d’être rivée à un lieu. Là aussi, la clé est dans l’approfondissement. « On se rend compte que l’expérience humaine vécue intensément nous fait toucher l’universel, mieux que si nous avions parcouru la Terre entière », témoigne sœur Bénédicte. Pour se supporter mutuellement et ne pas alourdir la vie des autres, frère Antoine insiste sur l’importance de se montrer aimable, sociable et serviable, mais aussi sur la redécouverte de ceux avec qui nous vivons cette période particulière. « Au début, nous voyons la faiblesse d’autrui, ses défauts, mais nous allons peut-être aussi redécouvrir sa richesse ! »

 

Chez nous : Bannissons les plaintes. Multiplions les petites phrases : « Ça va ? », « Comment puis-je t’aider ? » Et téléphonons, écrivons !

 

(...)

 

un lien : http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/6-cles-pour-entrer-en-priere-en-temps-de-confinement-18-03-2020-104787_16.php

 

Jeudi 26 mars

2 articles de "La vie" proposés par Martine Renaud

Les prêtres martyrs de Bergame bouleversent l’Italie et le monde -  Publié le 24/03/2020 à 17h46 - Modifié le 24/03/2020 à 19h30 Marie-Lucile Kubacki, à Rome- La Vie - International

En Italie, l’épidémie de coronavirus a déjà causé la mort d’une cinquantaine de prêtres, restés au service de leurs frères jusqu’au bout.

C’est un trombinoscope comme ceux que l’on distribue en début d’année scolaire, un patchwork de visages plus ou moins souriants. Mais celui-ci a la forme d’un mémorial que l’on contemple le cœur serré. Des hommes, tous prêtres, des environs de Bergame, ville martyre du Nord de l’Italie, où des véhicules militaires ont dû évacuer les corps devenus trop nombreux pour les capacités locales et où le crématorium fonctionne sans discontinuer. Ils portaient un t-shirt, une casquette et des lunettes de soleil, un sweat-shirt, un col romain sous un pull de laine ou une soutane ; ils avaient de 45 à… 104 ans ; ils étaient intellectuels, professeurs, pasteurs, aumôniers de jeunes ou engagés auprès des migrants ; tous morts "en service", au service d’un peuple dont ils auront partagé le destin jusqu’à laisser leur propre vie.

Selon L’Avvenire, le quotidien de la conférence épiscopale italienne, qui a réalisé cette bouleversante fresque photographique, l’Église de la péninsule pleurerait déjà 50 prêtres depuis le début de l’épidémie de Covid-19, dont une vingtaine dans seul le diocèse de Bergame, le plus durement touché. Sans compter les dizaines de religieux et de religieuses qui viennent grossir les rangs de cette triste comptabilité. « Ces hommes rappellent les figures de ces prêtres dans les tranchées, qui ont réconforté les soldats alpins, les fantassins et les bersaglieri pendant la Grande Guerre, ou ceux qui ont exhorté les soldats à avoir foi, à rester debout et à continuer à marcher pour sauver leur vie pendant la retraite de Russie, peut-on lire dans le Corriere della Sera. La plupart de ces prêtres étaient en activité. “Des bergers à l'odeur de brebis”, pour reprendre les mots que le pape François a répétés ces jours-ci, pour témoigner de leur proximité, dans les diocèses et les paroisses. »

Beaucoup d’entre eux continuaient ainsi à visiter les malades et les mourants, bénissant les dépouilles, fournissant du réconfort aux familles, doublement éprouvées par le deuil et l’impossibilité de pouvoir célébrer des obsèques – parfois aussi, celle de n’avoir pu tenir la main d’un père, d’une mère ou d’un ami. Ils allaient porter l’espérance dans les lieux où cette mort, qui nous fait si peur ces jours-ci, avait planté son drapeau noir. Ils continuaient à servir les pauvres et les sans-abris. Comme les autres victimes, ces prêtres ont été enterrés sans funérailles, en attendant qu’une messe de suffrage puisse être dite.

Parmi eux, une figure s’est détachée ces dernières heures, bouleversant les réseaux sociaux tout autour du monde. Selon le journal local Bergamonews, Giuseppe Berardelli, âgé de 72 ans, aurait choisi de renoncer à un appareil respiratoire – acheté pour lui par la communauté paroissiale de Casnigo, au Nord de l’Italie – pour qu’il serve à une personne plus jeune, juste avant de perdre connaissance. Une information qui a, depuis, été démentie. Pas plus que les autres, ce prêtre qui aimait sillonner les rues du village à motocyclette, coiffé d’un vieux casque, et travaillait sur un projet de restructuration d’un oratoire consacré à saint Jean Bosco et saint Jean Paul II, n’a eu « droit » à des funérailles. Mais lundi 23 mars à midi, les habitants de Casnigo sont tous sortis sur le balcon pour lui rendre hommage, et ils ont applaudi.

 

N.B. : Cet article a été modifié mardi 24 mars à 19h, suite à un démenti de l'information concernant le respirateur artificiel du père Giuseppe Berardelli.

 

La quarantaine, une épreuve de vérité - La Vie

Chronique

Mais de temps en temps, il faut chasser les spectres. Le coronavirus n’est pas seulement un drame. Au milieu de la crise, il fait surgir du renouveau. « Nous avons été dépossédés de tout, même du désert », écrivait Cioran dans De l’inconvénient d’être né. C’est vrai que les possibilités de repli sont devenues rares. La connexion, la congestion et l’accélération, ces grands marqueurs de la modernité, enserrent nos existences jusqu’à l’étouffement, et conspirent contre toute vie intérieure. Dans ce monde en surchauffe, le virus nous offre l’occasion d’une échappée. Un temps de suspension, une respiration, une pause.

 

Depuis une semaine, les Français expérimentent autrui à bout portant. Dans cette promiscuité, ils s’interrogent : comment ne pas s’entre-tuer ?

Cela dit, pour beaucoup, cette expérience représente une épreuve. Le grand silence qui est tombé sur la France suscite de l’angoisse, du vertige. C’est légitime : on ne s’improvise pas moine en dix jours ! Il faut du temps pour apprivoiser le vide, la solitude, et ce que Carlo Ossola, dans En pure perte (Rivages), appelle les vertus passives, c’est-à-dire le silence, la patience, le renoncement… Dans la réclusion, des questions inédites surgissent. Depuis une semaine, les Français expérimentent autrui à bout portant. Dans cette promiscuité, ils s’interrogent : comment ne pas s’entre-tuer ? La solitude révèle aussi le chaos intérieur qu’on masquait par mille activités. Désormais qu’on ne peut plus se fuir, comment supporter ce fardeau d’être soi ? Dans l’immobilité et la vie ralentie, les eaux troubles de l’esprit remontent à la surface : y a-t-il des remèdes contre les pensées qui nous harcèlent ? Et puis existe-t-il un antidote contre l’acédie, ce spleen des solitaires qui provoque la torpeur de l’esprit et donne au temps une langueur insupportable ?

 

Une soif immense de vide

Ce n’est pas pour me hausser du col, mais cela fait belle lurette que je me coltine ces questions. Le confinement et la quarantaine, je connais ! Depuis des mois, je vis reclus dans ce que les chrétiens, en Orient, appellent une « laure », en fait un petit ermitage dans un monastère. Pourtant, je n’ai rien d’un illuminé. Je suis un fils de la ville et de l’hypermodernité, avec sa recherche constante de nouveauté, d’intensité, sa saturation du temps. Un jour, je n’ai plus supporté cette frénésie. J’ai éprouvé une soif immense de vide, le désir de renouer avec l’élémentaire, l’os des choses. Dans la vallée escarpée et sauvage où je fais l’apprentissage de la vie solitaire, mes relations sociales se résument à quelques amabilités avec des moutons et avec des frères aux longues barbes de patriarche. Mon espace vital est réduit à la portion congrue. Le regard bute en permanence contre les montagnes alentour, il n’y a pas de dérivatif, d’échappatoire. Bien sûr, les choses ne sont pas roses tous les jours. Bien des fois, je suis saisi par la démangeaison de partir. Je songe à des ailleurs plus florissants, rêve d’une bière fraîche, d’une soirée entre copains, des lumières de la ville. Tout plutôt que ces frères avec leurs manies, ou que ce redoutable tête-à-tête avec mes démons intérieurs, que la solitude attise comme un feu dans le maquis !

 

Considérez la claustration imposée par les circonstances, non pas sous l’angle carcéral, comme une punition, mais comme le sentier d’une paradoxale libération.

 

Quand la tentation de fuir devient trop vive, les frères me rappellent la vieille sentence des Pères de la vie monastique : « Reste dans ta cellule, elle t’enseignera tout. » Du désert, d’où je vous devance de quelques mois, voilà d’ailleurs le seul conseil que je veux donner : considérez la claustration imposée par les circonstances, non pas sous l’angle carcéral, comme un enfermement, une punition, mais comme le sentier d’une paradoxale libération. Une opportunité pour renouer avec soi-même et revenir à l’essentiel. Je fais partie de ceux qui pensent que la valeur d’un homme se mesure à son aptitude à affronter la solitude. La quarantaine est une épreuve de vérité. Mais à tous ceux qui endureront patiemment, humblement, ses rudesses, je peux attester que le désert révélera aussi ses richesses. Elles sont innombrables.

 

Laisser infuser les heures

D’abord, les vies minuscules, celle des paysans ou des moines, n’ont pas que du mauvais. Circonscrite dans des bornes étroites, l’existence gagne en intensité et en profondeur. Le vide exhume des vérités que les agendas surchargés dissimulent. En laissant infuser les heures, les sensations, moins nombreuses, deviennent plus denses ; on donne aux choses et aux personnes la possibilité de déployer leurs nuances. Regarder passer le temps, écouter le silence, feuilleter un classique ou même ne rien faire deviennent des actes intenses, qui nous ouvrent à la profondeur de l’existence. Au XVIIIe siècle, l’écrivain Xavier de Maistre, mis aux arrêts à cause d’un duel, a goûté au confinement. Dans Voyage autour de ma chambre, une plongée au cœur de sa pensée, il nous rappelle que l’on peut devenir des pèlerins immobiles. Car nos horizons intérieurs ont des profondeurs insoupçonnées. Les moines le savent bien : l’ancrage dans la cellule est la condition d’une migration vers l’homme intérieur, d’un voyage à la découverte des abîmes de l’âme, d’une exploration de l’immensité qu’il y a en nous.

 

« Un homme qui renonce au monde se met dans la condition de le comprendre », disait Paul Valéry. Le pas de côté que nous impose le coronavirus peut aussi devenir une tactique de l’esprit critique, une hygiène de la pensée. Un détour pour devenir plus clairvoyant. Car, enfin, notre monde ne pourra pas longtemps continuer sur cette voie et à ce rythme. Le bonheur ne consiste pas seulement à courir, à produire et à consommer. On ne peut pas vivre éternellement sans porter son regard du côté des étoiles. Nous avons besoin d’hommes et de femmes de silence, de solitude, de prière. Que ce temps de retraite forcée soit l’occasion de renouer avec l’intériorité, mais aussi de méditer, comme Thoreau à Walden Pound, la centaine de livres qui compte pour trouver des réponses à ces questions urgentes : à quoi tenons-nous vraiment ? Que voulons-nous sauver ? Sur les décombres, tout devient possible, y compris de se retrousser les manches pour œuvrer à une efflorescence.

 

À lire
À quoi servent les moines ? Charles Wright, Bourin éditeur
Casanova ou l’essence des Lumières, Charles Wright, Ed. B. Giovanangeli
Le Chemin du cœur, Charles Wright, Salvator

 

Mercredi 25 mars

Et vous, comment organisez-vous votre confinement ?

Télétravail ... comme Denis ?

Mise à jour du site de la Communauté de Paroisses ... comme M-Odile ?

Mardi 24 mars

Un peu d'humour ...

Proposé par :

Véronique Lefèvre pour l'illustration

Martine Renaud pour les légendes

 

 

 

 

 

" Même les meilleurs de notre communauté sont concernés "


" Non, notre communauté n'est pas au-dessus des lois ..."

 

 

Une autre idée ? Écrivez-nous ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Monde du 23 mars : Les croyants privés de rites communautaires

Article paru dans Le Monde du 23 mars 2020

Proposé par Étienne Piémont

 

Plus facile à lire en téléchargeant le pdf ....

Les croyants privés de rites communautaires - Le Monde 23/03/2020
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Lundi 23 mars

Un article de "Famille Chrétienne" N° 2201 semaine du 21 au 27 mars 2020

 

proposé par Anne-Claire Muller-Pistré

 

Article de La Croix du 21/03/2020

Une foi par semaine

 

Des fidèles de papier

 

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef

 

Dans son petit village de Robbiano, entre Milan et Côme, Don Giuseppe était triste. Comme toutes les églises de Lombardie, et comme d’ailleurs toutes les églises d’Italie, la sienne est fermée pour cause de coronavirus. Et notre curé confiné, qui ne peut plus dire la messe le dimanche, se retrouve au chômage technique. Comme Giuseppe est un « cybercuré », bien au fait des réseaux sociaux, il a demandé à ses paroissiens, sur l’application Telegram, de lui envoyer chacun une photo d’eux. Depuis, Don Giuseppe a retrouvé le sourire : dans l’église fermée de Robbiano, les bancs sont certes toujours vides. Mais il a scotché dessus les photos de tous ses paroissiens. Il peut donc de nouveau dire la messe face à son assemblée de papier…

La détresse de Don Giuseppe, curé sans fidèles et sans église, symbolise bien celle des responsables religieux face à cette crise. Lors des catastrophes naturelles, ou des guerres, depuis des siècles, c’est vers l’Église que l’on se tourne : processions, célébrations, messes… Pour se faire consoler, pour espérer, pour soulager ses peines. Mais que faire quand l’Église elle-même, comme aujourd’hui, fait partie du danger ? Quand les rassemblements religieux – ce que le grand rendez-vous d’évangéliques à Mulhouse a tristement montré – font office de lieu de transmission foudroyant du virus ? Quand la proximité, une vertu que prônent les chrétiens, signifie désormais l’irresponsabilité ?

Certains catholiques n’ont pas manqué, à Rome comme en France, de critiquer les institutions ecclésiales, arguant qu’elles avaient accepté trop facilement les directives gouvernementales pour supprimer les célébrations. Dieu, lui, n’abandonne pas la partie, ont-ils affirmé ! La messe du dimanche, et l’Eucharistie, n’est-ce pas au fond tout aussi important que les soins des médecins et des pharmaciens ? La main des prêtres ne devait pas trembler devant le virus, ajoutaient-ils. Comme si c’était une affaire de courage… Oubliant par là même le Deutéronome (6, 16) qui fait ce commandement : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu », repris par Jésus dans le désert en réponse au Tentateur (Mt 4, 7).

On sait bien pourtant que Dieu ne se manifeste pas forcément par les grandes célébrations, mais par cette légère brise, celle qui vient des gestes de solidarité qui se multiplient un peu partout, depuis quelques semaines, dans le pays : personnels soignants, immeubles solidaires, attention au quartier… Et qu’il y a mille et une manières d’exprimer cette « proximité », prêtre ou pas prêtre, communion ou pas communion.

Certes, il est difficile de s’entendre dire que l’on n’a pas besoin de notre présence. Mais vivre l’absence permet sans doute de percevoir l’essentiel, ce besoin fondamental des autres, de relations, dont nous sommes actuellement tous privés. Au fond, dans notre société individualiste, nous l’avions un peu oublié… D’ailleurs, à Robbiano, Don Giuseppe n’a, de son propre aveu, jamais vu autant de visages dans son église. Des visages de papier certes. Mais son appel a été entendu bien au-delà de son espérance. Plus que la poignée de fidèles qui vient chaque dimanche matin à l’église, tout le village s’est pris au jeu, et lui a envoyé une photo. Et, médiatisation aidant, elles viennent désormais de partout, de la région, du pays… Comme si l’absence de l’Église avait été l’occasion d’offrir le témoignage de la présence de Dieu.

 Article proposé par Étienne Piémont

 

Samedi 21 mars

Prière

Magnifique prière d'un prêtre italien en quarantaine dont le frère prêtre est mort du covid-19.

JE RESTE À LA MAISON, SEIGNEUR !


Je reste à la maison, Seigneur !
Et aujourd'hui, je m'en rends compte,
Tu m'as appris cela,
Demeurant obéissant au Père,
Pendant trente ans dans la maison de Nazareth,
En attente de la grande mission.


Je reste à la maison, Seigneur,
Et dans l'atelier de Joseph,
Ton gardien et le mien,
J'apprends à travailler, à obéir,
Pour arrondir les angles de ma vie
Et te préparer une œuvre d'art.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et je sais que je ne suis pas seul
Parce que Marie, comme toute mère,
Est dans la pièce à côté, en train de faire des corvées
Et de préparer le déjeuner
Pour nous tous, la famille de Dieu.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et je le fais de manière responsable pour mon propre bien,
Pour la santé de ma ville, de mes proches,
Et pour le bien de mon frère,
Que tu as mis à côté de moi,
Me demandant de m'en occuper
Dans le jardin de la vie.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et dans le silence de Nazareth,
Je m'engage à prier, à lire,
Étudier, méditer,
Être utile pour les petits travaux,
Afin de rendre notre maison plus belle et plus accueillante.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et le matin, je te remercie
Pour le nouveau jour que tu me donnes,
En essayant de ne pas la gâcher
Et l'accueillir avec émerveillement,
Comme un cadeau et une surprise de Pâques.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et à midi, je recevrai
La salutation de l'Ange,
Je me rendrai utile pour l'amour,
En communion avec toi
Qui t'es fait chair pour habiter parmi nous ;
Et, fatigué par le voyage,
Assoiffé, je te rencontrerai
Au puits de Jacob,
Et assoiffé d'amour sur la Croix.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et si le soir me prend la mélancolie,
Je t'invoquerai comme les disciples d'Emmaüs :
Reste avec nous, le soir est arrivé
Et le soleil se couche.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et dans la nuit,
En communion de prière avec les nombreux malades
Et les personnes seules,
J'attendrai l'aurore
Pour chanter à nouveau ta miséricorde
Et dire à tout le monde que,
Dans les tempêtes,
Tu as été mon refuge.


Je reste à la maison, Seigneur !
Et je ne me sens pas seul et abandonné,
Parce que tu me l'as dit :
Je suis avec vous tous les jours.
Oui, et surtout en ces jours
De confusion, ô Seigneur,
Dans lesquels, si ma présence n'est pas nécessaire,
Je vais atteindre chacun, uniquement avec les ailes de la prière.


Amen

Courrier des lecteurs

A propos de la Journée de jeûne et de prière

Pour ce vendredi 20 mars, notre archevêque propose aux catholiques que nous sommes une journée de jeûne et de prière pour les malades, les soignants et tous ceux qui ont la mission d’organiser la protection sanitaire.

Nous sommes peut-être maintenant encore plus sensibles à son appel au vu de la pandémie qui se répand à toute vitesse autour de nous : déjà des décès et des hospitalisations dans des états graves.

J’ai une proposition pour la prière, pour la rendre plus priante, plus « efficace », c’est de faire appel aux

14 Saints Auxiliateurs  ou  Vierzehnheiligen

La piété populaire les a invoqués pour obtenir protection et surtout guérisons. Quels sont-ils ?

Saint(e)s Acace (que je découvre), Barbe, Blaise, Catherine d’Alexandrie, Christophe, Cyriaque, Denis, Egide (ou Gilles), Erasme, Eustache, Georges, Guy (ou Vith), Marguerite d’Antioche et Pantaléon.

Ce sont des thaumaturges (= guérisseurs) et chacun a sa « spécialité » ; c’est ainsi que Christophe et Gilles sont invoqués contre la peste ou pour en guérir. De la peste au coronavirus, il n’y a qu’un pas que je franchis, même si l’une relève de la bactériologie et l’autre de la virologie.

Je vous laisse découvrir sur internet les apparitions de ces saints qui entouraient l’enfant Jésus avec ce message : « si vous nous servez, nous vous servirons ».

Ceci se passait en Haute Franconie en 1445/46 et une basilique baroque a été édifiée au XVIII -ème siècle à Staffelstein avec un Gnadenaltar roccococissime.

Mais quelques lieux de culte en Alsace leur sont dédiés, comme la chapelle de Muckenbach près de Grendelbruch, ou la chapelle qui jouxte l’abbaye de Baumgarten (Bernardvillé). Et des églises paroissiales ont pour saint patron l’un ou l’autre de ces 14 auxiliateurs. La Moselle n’est pas en reste avec la chapelle de Heckling à Bouzonville ou le chemin de leurs statues à Hombourg-Haut.

Et puis ne restreignons pas la liste, d’autres saints populaires méritent aussi que nous les priions d’intercéder pour nous. Saint(e)s Antoine de Padoue, Rita, Sébastien, Apolline, et j’aime bien saint Roch avec son chien, guérisseur des bubons de la peste, comme le montrent nombre de représentations, et combien de chapelles et sources qui lui sont consacrées sur le chemin de St Jacques de Compostelle.

Alors coiffant toute cette dévotion, il y a celle à Notre Dame de Bonsecours qui intercède directement pour nous auprès de son Fils quand nous sommes en grande difficulté. Parmi les nombreuses églises qui lui sont dédiées, celle de Nancy qui abrite les tombeaux du roi Stanislas et de Marie Leszczinska, épouse de Louis XV.

N’hésitons pas à nous appuyer sur ce riche patrimoine spirituel autant que populaire.

Quant au jeûne, du moment qu’il ne dure pas 40 jours dans le désert…

Pour terminer, ces temps de prière et de jeûne sont proposés par ailleurs dans d’autres circonstances. C’est ainsi que le pape François met en avant ce moyen pour combattre les abus de toute nature dans l’Eglise, ainsi qu’il nous le demande dans sa Lettre au Peuple de Dieu du 28 août 2018 ; toujours d’actualité, relisons-la.

Étienne Piémont

Une illustration locale des 14 auxilliateurs. Art naïf. Dans la chapelle de Muckenbach(Grendelbruch)

Voici la prière qui est proposée à la chapelle de Heckling

PRIÈRE AUX 14 SAINTS AUXILIAIRES

Soyez salués, vous les 14 Saints Auxiliaires, vous les serviteurs zélés de la très Sainte Trinité, fidèles amis de Jésus-Christ, vrais temples du Saint Esprit. Soyez salués, vous les miracles de toutes les vertus, miroirs de la plénitude, refuges universels des affligés et des opprimés. Je viens vers vous, les grands amis de Dieu avec une totale confiance et un grand espoir.

Je vous demande avec ferveur cet amour que Dieu Tout Puissant a allumé dans vos cœurs, par ce désir que vous aviez toujours de servir le Seigneur et de gagner le monde entier à Dieu. Faites que je sois compté au nombre de vos enfants adoptifs qui sont dignes d'obtenir, à votre prière, le secours demandé. Certes, je suis totalement indigne de votre médiation.

Vous avez aussi conduit les plus grands pécheurs vers la connaissance et l'amour de Dieu. C'est pourquoi je recours à vous en toute confiance et je vous adresse ma prière. Présentez-la au Dieu Tout Puissant, pour que, si c'est pour mon bien, elle soit exaucée par Jésus-Christ, eu égard à vos mérites et à votre puissante intercession.

Offrez-lui aussi votre brûlant amour de Dieu et remplacez ce qui me manque. Purifiez vos chaînes et vos liens avec les liens de Jésus, votre sueur avec la sueur de Jésus, votre sang avec le sang de Jésus, votre mort avec la mort de Jésus-Christ et obtenez-moi de Dieu, par votre puissante intercession, que je le serve avec ferveur et persévérance et que je l'aime plus profondément, obtenez-moi la consolation tant désirée et l'assistance dans mes prières.

Il n'y a rien, ô Saints Auxiliaires, que vous ne puissiez obtenir de Dieu. En vous j'ai mis, après Dieu, toute ma confiance. Je vous prie, que ma confiance en vous ne soit pas déçue. Où a-t-on entendu, que quelqu'un sur terre vous aurait demandé une grâce dans sa vie mortelle et que vous ne la lui auriez pas obtenue de Dieu ?

Votre amour au ciel ne peut pas avoir diminué. C'est pourquoi je viens vous supplier, ô vous les grands amis de Dieu, pour que, si cela plaît à Dieu, ma prière soit exaucée et que je sois délivré de ma grande détresse. Pour la plus grande gloire de Celui qui veut être loué et glorifié par nous à travers vous et tous les saints.    Amen.

Vendredi 20 mars - journée de jeûne et de prière

Bonjour à tous,

En ce jour de jeûne, marqué par le retrait du monde, je me permets de vous envoie un lien vers une émission que j'ai trouvée passionnante. Le jeûne et le retrait du monde jouent un rôle essentiel dans le monde copte. C'est aussi une occasion de prier pour nos frères chrétiens d'Orient. Belle découverte ! Cela peut être aussi l'occasion de lire ou relire la Vie d'Antoine par St Athanase.
https://www.france.tv/france-2/chretiens-orientaux/1304593-la-vie-monastique-copte-dans-le-wadi-el-natrun.html

Prions bien les uns pour les autres, et demandons à St Antoine le Grand et au bienheureux Charles de Foucauld de prier sur nous.
Cordialement,
P. Alain Moster

Communiqués de Mgr Ravel

Lettre 2 - Mgr Ravel
Lettre 2 A mes chers Alsaciens.pdf
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Lettre 1 - Mgr Ravel
A mes chers alsaciens Mgr Ravel .pdf
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Notre calendrier,

la semaine,

le mois d'Avril ....