Petit historique de la Communauté de Paroisses de la Meinau

 

1. La préhistoire.

Deux paroisses catholiques couvrent le quartier de la Meinau : St Amand depuis 1930 pour le quartier de villas construit entre les deux guerres, et St Vincent de Paul depuis 1959 pour le nouveau quartier de grands ensembles. Chaque paroisse a son histoire, sa sociologie, sa pastorale et son curé. Un exemple d’initiative parmi d’autres : la paroisse St Vincent de Paul a créé son Conseil pastoral dès 1990 sous l’impulsion d’un groupe de laïcs.

Les premières collaborations ont commencé en 1994 dans la pastorale des jeunes avec préparations communes à la Profession de Foi et à la Confirmation. C’est à partir de ces années que sont mises progressivement en commun des forces et des ressources pour répondre aux besoins et atteindre une taille critique, chaque paroisse ne pouvant plus tout faire toute seule.

 

2. En marche vers l’histoire.

L’événement qui a catalysé le rapprochement des deux paroisses a été le départ sans remplacement du curé Michel Deneken de St Amand en 2000. La charge curiale a été confiée au curé de St Vincent de Paul.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets dans le diocèse de Strasbourg, Mgr Doré a lancé le chantier du Réaménagement pastoral en deux étapes. En 2001 ont été créées les Zones pastorales, dont celle de Strasbourg avec comme vicaire épiscopal Etienne Uberall, qui avait été curé de St Vincent de Paul jusqu’en 2000. En 2003 ont été adoptés au niveau du diocèse les statuts des Communautés de paroisses avec comme corollaire la mise en place du Conseil pastoral unique et de l’Equipe d’Animation Pastorale (EAP). Sur le plan juridique et gestionnaire chaque paroisse conserve son Conseil de Fabrique, tandis que la mense curiale devient la Caisse pastorale unique, ceci pour respecter le cadre du Concordat.

L’équipe pastorale ayant à gérer les deux paroisses, des ajustements ont été nécessaires, pour la tenue des réunions en particulier.

 

3. La mise en place de la Communauté de paroisses.

A partir de novembre 2003, des réunions des Conseils pastoraux des deux paroisses ont commencé à se tenir en commun pour traiter de questions communes. Puis ces réunions sont toutes devenues communes ; on a alors parlé du Conseil Pastoral Commun, qui dans les faits résultait de la juxtaposition des représentants de chacune des paroisses.

C’est ce Conseil qui a réfléchi aux statuts de la future Communauté de paroisses, et en particulier à la composition du Conseil Pastoral unique à mettre en place, Conseil où chaque membre serait représentatif d’une réalité de l’ensemble de la Communauté de paroisses, et non d’une seule des paroisses, mais en faisant en sorte qu’il y ait autant de délégués d’une paroisse et de l’autre.

Ce Conseil « commun » a aussi pris les premières décisions communes en septembre 2004 : c’est ainsi que la messe de minuit à Noël pour les deux paroisses sera célébrée à St Vincent de Paul, comme les Dimanches du Peuple de Dieu (DIPEDI) à St Vincent de Paul également.

 

Le 24 juin 2005, l’Assemblée Générale des paroissiens valide le processus qui mène à la constitution de la Communauté de paroisses et décide de la mise en place du nouveau Conseil Pastoral de la Communauté composé d’une trentaine de membres qui commence son travail à la rentrée de septembre 2005.

 

En novembre 2005 le Conseil lance la consultation pour la création de l’EAP en invitant les paroissiens à proposer sous enveloppe adressée au curé Jean-Pierre Buecher des noms de personnes susceptibles de remplir cette mission.

Le 4 mars 2006 l’EAP est constituée. Elle se compose de deux ministres ordonnés, Jean-Pierre Buecher et Evarist Shirima, de la coopératrice de la  pastorale Elisabeth Ehrhard, et de six laïcs hommes et femmes, trois de chaque paroisse, tous en activité professionnelle (à l’époque).

L’installation de l’EAP a lieu le 26 mars 2006 par Etienne Uberall avec le symbolisme suivant : chaque participant de l’EAP porte une grande lettre pour constituer les mots

                   UN   puis UNION   enfin   COMMUNION.

L’EAP tient sa première réunion de travail le 11 avril 2006, commençant à inscrire son action dans les grandes orientations pastorales fixées par le Conseil pastoral.

 

En novembre 2006 le Conseil pastoral lance la consultation pour trouver le nom du Saint Patron de la Communauté de paroisses de la Meinau, puisque tel sera son nom. Le Conseil soumet une liste de huit Saints ou Bienheureux et une ligne en blanc pour d’autres propositions.

Cette consultation révèle que les esprits n’ont pas encore suffisamment avancé dans la démarche de rassemblement vers la Communauté, puisque c’est l’option St Amand-St Vincent de Paul avec trait d’union qui arrive en tête.

Le Conseil pastoral poursuit son travail d’explication, les rencontres se multiplient entre les deux paroisses, on découvre que les questions à régler sont les mêmes et que cela va mieux en s’y mettant ensemble et que chacun est finalement gagnant ; les a priori tombent peu à peu, même si des réticences persistent chez certains.

 

Les esprits progressent dans le choix du Saint Patron et s’acheminent vers celui du Bienheureux Charles de Foucauld, exemple missionnaire pour nous, au plus proche des gens, grand connaisseur de l’Islam. Le dernier obstacle à la reconnaissance officielle de la Communauté de paroisses est alors levé. Le dossier de la reconnaissance de la Communauté et la visite canonique en sont les dernières étapes.

 

Le dimanche 25 mars 2007 est la fête de la reconnaissance officielle de la Communauté de paroisses de la Meinau sous le patronage du Bienheureux Charles de Foucauld en présence du Vicaire Général Joseph Gaschy. Nous élargissons notre table en entourant l’autel de St Amand de 18 cubes décorés et apportés chacun par un mouvement ou un groupe, représentant sous forme de fresque le repas eucharistique. De nombreuses interventions soulignent la vitalité de l’Eglise qui est à la Meinau.

Chaque membre de l’EAP reçoit sa lettre de mission signée par l’archevêque pour une durée de trois ans. C’est l’Eglise diocésaine qui s’engage avec l’EAP devant la Communauté réunie.

Les fruits immédiats de cette célébration sont la fraternité et le dynamisme renouvelé.

 

Toutes les conditions pour que se poursuive l’annonce de la Bonne Nouvelle aux habitants de la Meinau sont désormais réunies.

 

Etienne Piémont