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Notre lien journalier, mis en place dès le 1er jour du confinement, n'a plus de raison d'être depuis que les célébrations peuvent à nouveau avoir lieu dans nos 2 Églises, merci de votre fidélité dans l'alimentation et la consultation de cette page

Comment avez-vous vécu le confinement, et qu’en avez-vous tiré personnellement ?


Pendant l’année universitaire, ma vie est très mouvementée, entre mes cours à l’université, à l’étranger, la direction de la paroisse et de l’Académie chrétienne tchèque, sans oublier la participation à des projets de recherche internationaux. Aussi, chaque été depuis vingt ans, je passe un mois en forêt, dans une solitude totale : je n’ai pas accès aux médias ni à Internet, je ne fais que méditer, étudier et écrire. Sans ce silence, je n’aurais pas survécu physiquement, mentalement et surtout spirituellement.


Le confinement m’est d’abord apparu comme un « ermitage de remplacement ». En fait, ça n’a pas du tout été le cas : j’ai passé mon temps à donner des conférences en ligne aux étudiants et des méditations à mes paroissiens. Néanmoins, j’ai essayé de me réserver chaque jour du temps pour méditer sereinement et poursuivre ce que j’ai cherché à développer ces dernières années : une « kairologie », c’est-à-dire une interprétation théologique des événements sociétaux et culturels, une lecture contemplative des « signes des temps ». Cela me semble indispensable dans la situation actuelle.


Cette crise fait-elle écho, pour vous, au « confinement » que vous avez vécu sous le régime communiste, dans l’Église clandestine ?


Il est vrai que, pour une part, cela m’a rappelé ces onze années durant lesquelles j’ai servi « clandestinement » comme prêtre sous la persécution communiste. À cette époque aussi, je célébrais Pâques dans des maisons privées, sur une table ordinaire, sans chasuble, ni orgue, ni encens. Mais la dissidence culturelle et religieuse n’était pas si isolée dans la Tchécoslovaquie des années 1970-1980. De nombreux philosophes et théologiens sont venus à Prague sous couvert de tourisme et ont donné des conférences dans des appartements privés – Paul Ricoeur, Jacques Derrida, Walter Kasper, Hans Küng…

 

Ce n’était plus la terreur des années 1950, quand la génération de nos enseignants avait connu en prison et dans les camps de concentration staliniens l’expérience des petites assemblées secrètes avec un morceau de pain de contrebande, etc. Certains avaient interprété tout cela comme une leçon de Dieu pour purifier l’Église du triomphalisme du passé. Si bien qu’après leur libération, à la fin des années 1960, ils ont tout de suite compris l’esprit de Vatican II, cette Église simple, oecuménique et ouverte dont ils avaient rêvé en détention…

 

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L'Église doit être là pour tous, pas uniquement pour les croyants
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Samedi 23 mai

Tomas Halik « L’Église doit être là pour tous, pas uniquement pour les croyants »-  La-Croix.com

Un article

Un article

Décision du Conseil d'Etat :

“C’est une reconnaissance majeure de la spécificité de la liberté de culte”

 

 

Le 18 mai, le Conseil d'Etat a demandé au gouvernement de lever l’interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte. Une décision forte qui actualise la définition de la liberté de culte, comme l'explique Guillaume Drago, professeur de droit public à l’université Paris II Panthéon-Assas.

 

Le 18 mai, le Conseil d’Etat a rendu un avis dans lequel il ordonne au gouvernement de lever l'interdiction générale et absolue de réunion dans les lieux de culte instaurée par le décret du 11 mai. Cette décision vous surprend-elle ?

 

Cette décision ne me surprend pas à deux titres. D’abord, par cette procédure de référé liberté fondamentale, le Conseil d’Etat, qui répond à une demande des requérants voulant faire constater une violation de la liberté de culte, est parfaitement dans son rôle de juge. D’autre part, depuis la loi de Séparation de 1905, la jurisprudence du Conseil d’Etat est traditionnellement assez libérale à l’égard des cultes. A tel point qu’on le qualifiait, selon l’expression de l’historien du droit Gabriel Le Bras, de « régulateur de la vie paroissiale » car sa jurisprudence portait sur l’ouverture des églises, les processions, les sonneries de cloches, etc. Le Conseil d’Etat est donc parfaitement dans son rôle, dans sa compétence et dans sa jurisprudence classique.

 

La liberté de culte avait-elle déjà été défendue de cette façon ?

 

Le Conseil d’Etat avait déjà reconnu la liberté de religion de façon précise comme une liberté fondamentale, mais, dans la décision du 18 mai, il le dit de façon tout à fait solennelle. Il rattache classiquement la liberté de culte au bloc de constitutionnalité, c'est-à-dire à l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et à une liberté conventionnelle, au sens de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Mais, dans le paragraphe 11, il insiste sur la dimension collective de ce droit en lui donnant une définition moderne : « La liberté du culte présente le caractère d’une liberté fondamentale. Telle qu’elle est régie par la loi, cette liberté ne se limite pas au droit de tout individu d’exprimer les convictions religieuses de son choix dans le respect de l’ordre public. Elle comporte également, parmi ses composantes essentielles, le droit de participer collectivement, sous la même réserve, à des cérémonies, en particulier dans les lieux de culte. La liberté du culte doit, cependant, être conciliée avec l'objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé. »

 

Ainsi, le Conseil d’Etat signifie que la liberté de culte n’est pas une variété de la liberté de réunion. Elle comporte des caractéristiques très spécifiques : le droit de manifester ses convictions pour tout individu, mais aussi, « parmi ses composantes essentielles », de participer collectivement à des cérémonies dans des lieux de culte. C’est une formulation très précise. Le juge signifie ainsi que l’exercice du culte n’est pas simplement une dévotion individuelle comme le suggérait le ministre de l’Intérieur M. Castaner mais aussi une liberté collective qui s’exerce dans les lieux de cultes. C’est une reconnaissance majeure de la liberté de culte, un renouveau de la reconnaissance de cette liberté.

 

Quelle est la place de la liberté de culte par rapport aux autres libertés publiques ?

 

Elle est évidemment à part, car elle est la fois une liberté personnelle – puisqu'elle découle de la liberté de conscience –, collective – puisque l’exercice du culte est collectif – et institutionnelle – puisqu'elle suscite des institutions telles les églises et les consistoires. Elle est aussi une liberté à part, car elle est inscrite dans la Constitution mais sous son revers qui est le principe de laïcité. Le Conseil constitutionnel l’avait bien souligné en 2010 puis en 2013 en constitutionnalisant l’article 1er de la loi de 1905 qui dispose que « la République assure la liberté de conscience, elle garantit le libre exercice du culte […] dans l’intérêt de l’ordre public ». Elle a enfin un statut très particulier dans lequel l’histoire pèse lourd : 1905, la Révolution, le gallicanisme...

 

D’après le Conseil d’Etat, on peut donc pratiquer un culte en état d’urgence sanitaire. Mais on ne peut toujours pas aller au cinéma, au théâtre, au bistrot… Est-ce à dire qu’en droit le culte est placé au-dessus de ces activités ?

 

Non. La liberté de culte est une liberté constitutionnelle et conventionnelle spécifique mais elle n’est pas placée en dehors des règles de respect de l’ordre public. Le Conseil d’Etat rappelle que cette liberté doit être conciliée avec « l’objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé ». Par ailleurs, dans notre système juridique, la liberté d’aller au cinéma ou au restaurant fait partie de la liberté plus générale d’aller et venir, et de réunion, qui sont aussi importantes. Mais la liberté de culte a un statut à part qui est aussi important en termes de jurisprudence constitutionnelle que la liberté d’association prévue dans la loi de 1901. Ces deux libertés sont constitutives des grandes libertés fondamentales françaises.

 

Le juge n’opère-t-il pas néanmoins une hiérarchie ? Au paragraphe 32, il distingue les « autres établissements recevant du public que les lieux de culte » en indiquant que « les activités qui y sont exercées ne sont pas de même nature et les libertés fondamentales qui sont en jeu ne sont pas les mêmes ».

 

Oui, le juge distingue. Le gouvernement ne différenciait pas les cultes des autres activités. Le ministre de la santé Olivier Véran avait même déploré à l’Assemblée nationale « passer une demi-heure sur les cultes ». Or c’est une liberté qui doit être reconnue pour ce qu’elle est. La décision du Conseil d’Etat est une confirmation que les libertés fondamentales ne sont pas toutes placées au même niveau.

 

Cette décision peut-elle faire débat parmi les juristes ?

 

Oui, c’est déjà le cas. On peut la critiquer par l’importance et le poids que donne le Conseil d’Etat à l’atteinte à la liberté fondamentale de culte. Par sa reconnaissance du caractère d’urgence, qui ouvre la voie à la procédure du référé liberté, justifiée par l’impossibilité pour les fidèles d’assister aux « importantes fêtes qui ont eu lieu au printemps dans les trois religions réunissant le plus grand nombre de fidèles en France », et d’une « atteinte grave et manifestement illégale » à l’encontre de la liberté fondamentale de culte, le juge prend une décision extraordinairement forte à l’encontre du gouvernement. Enfin, son injonction faite au Premier ministre de corriger son décret dans les huit jours est assez rare et lourde. Le Conseil d’Etat ne détient ce pouvoir d’injonction que depuis 1995. Cela montre l’importance de l’atteinte à la liberté fondamentale de culte estimée par le juge.

 

Interview Sixtine Chartier- La Vie

Julie Sebadelha / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

 

 

Vendredi 22 mai

Un article

Covid-19 : pourra-t-on à nouveau chanter dans les églises ?

 

 

 

 

Selon plusieurs études scientifiques et infectiologues interrogés par La Croix, l’action de chanter augmente le nombre de gouttelettes émises par une personne, ainsi que leur portée. Le risque de contamination accru par le chant interroge sur sa place dans les célébrations religieuses à leur reprise.

 

Un chanteur infecté peut contaminer jusqu’à 50 personnes au sein d’une chorale.

 

Les célébrations religieuses « du monde d’après » seront-elles chantantes ? La question se pose au vu de différentes études qui mettent en cause la pratique du chant comme vecteur de contamination important, en milieu fermé. D’ores et déjà, plusieurs diocèses allemands qui ont repris les célébrations ont interdit le chant des chorales et des fidèles pendant les messes dans les églises.

 

Le chant exacerbe la production de gouttelettes

 

Ce sont des cas de super-contamination dans plusieurs chorales qui ont alerté les chercheurs sur la question. Dans l’État américain de Washington, pendant une répétition de deux heures et demie qui s’est déroulée début mars, une seule personne atteinte du Covid-19 a entraîné la contamination d’une cinquantaine de chanteurs, dont deux ont succombé à l’infection, rapporte la revue scientifique Nature. Pour les chercheurs, la combinaison de la proximité physique entre les personnes présentes et l’action de chanter, qui exacerbe la production de gouttelettes et leur portée, expliquerait le nombre impressionnant de personnes infectées en un laps de temps si court.

 

À LIRE. Déconfinement : la grande prudence des diocèses et mouvements d’Église

 

Car le chant, qui mobilise un volume d’air plus important que l’action de parler, n’est pas anodin, alors que l’on sait désormais que les postillons transportés par voies aériennes sont le principal mode de contamination du virus. « Et plus l’on parle fort, plus on déplace de volume d’air », indique Lydéric Bocquet, chercheur du CNRS au Laboratoire de physique de l’Ecole normale supérieure.

 

En prenant en compte la concentration connue du coronavirus dans la salive, les scientifiques estiment même qu’une simple parole forte peut générer l’équivalent par minute de plus de 1 000 gouttelettes contaminées capables de rester en suspension dans l’air pendant huit minutes ou plus, dans un espace fermé. Dans des travaux publiés en avril dans la revue médicale NEJM, la même équipe avait observé que parler moins fort engendrait relativement moins de gouttelettes.

 

Élargir la distanciation physique

 

« Pour le chant, on estime que le volume de génération de gouttelettes peut-être similaire à celui de la toux » explique Pierre Parneix, médecin hygiéniste et praticien hospitalier en santé publique au CHU de Bordeaux. « Ensuite le risque de contamination peut-être réduit par le port du masque et par l’aération de la pièce. Plus elle est aérée, mieux c’est », détaille-t-il encore, s’interrogeant sur la possibilité même de chanter masqué.

 

À lire aussi

Reprises des messes : comment font nos voisins européens ?

 

« J’ai essayé et ce n’est vraiment pas terrible », témoigne le père Michel Steinmetz, directeur du service diocésain de liturgie et d’art sacré du diocèse de Strasbourg. Le prêtre a suspendu jusqu’à nouvel ordre les répétitions des plus de 1 700 chorales que compte le diocèse et n’envisage pas leur retour dans les églises quand les célébrations pourront reprendre. Une décision que le diocèse de Paris a également inscrite dans sa liste de consignes sanitaires. « Nous nous interrogeons même sur la possibilité d’interdire les chants pour les fidèles, comme nos voisins allemands et de confier l’animation à un seul chantre. C’est encore à l’étude », explique-t-il.

 

« Le chant n’est pas autre chose qu’un cri harmonieux et prolongé », prévient encore Jean-Paul Stahl, infectiologue au CHU de Grenoble. Le scientifique conseille donc, pour éviter un risque plus important de contamination dans un contexte de chant en milieu fermé, d’élargir très largement la distance recommandée d’un mètre entre les fidèles et ce, en plus du port d’un masque.

 

Héloïse de Neuville - La Vie - le 17/05/2020

Jeudi 21 mai - Ascension

Un chant à Marie

La première en chemin

 

 

La première en chemin, Marie tu nous entraînes

A risquer notre "oui" aux imprévus de Dieu.

Et voici qu'est semé en l'argile incertaine

De notre humanité, Jésus Christ, Fils de Dieu.

 

Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi,

Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

 

La première en chemin, joyeuse, tu t'élances,

Prophète de celui qui a pris corps en toi.

La Parole a surgi, tu es sa résonance

Et tu franchis des monts pour en porter la voix.

 

Marche avec nous, Marie, aux chemins de l'annonce,

Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

 

La première en chemin, tu provoques le signe

Et l'heure pour Jésus de se manifester.

"Tout ce qu'Il vous dira, faites-le !" et nos vignes

Sans saveur et sans fruit, en sont renouvelées.

 

Marche avec nous, Marie, aux chemins de l'écoute,

Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

 

 

La première en chemin pour suivre au Golgotha

Le fruit de ton amour que tous ont condamné,

Tu te tiens là, debout, au plus près de la croix,

Pour recueillir la vie de son coeur transpercé.

 

Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de croix,

Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

 

La première en chemin, brille ton espérance

Dans ton coeur déchiré et la nuit du tombeau.

Heureuse toi qui crois d'une absolue confiance ;

Sans voir et sans toucher, tu sais le jour nouveau.

 

Marche avec nous, Marie, aux chemins d'espérance,

Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

 

La première en chemin avec l'Eglise en marche,

Dès les commencements, tu appelles l'Esprit !

En ce monde aujourd'hui, assure notre marche ;

Que grandisse le corps de ton Fils Jésus Christ !

 

Marche avec nous, Marie, aux chemins de ce monde,


Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

 

La première en chemin, aux rives bienheureuses


Tu précèdes, Marie, toute l'humanité.


Du Royaume accompli tu es pierre précieuse


Revêtue du soleil, en Dieu transfigurée !







 

Marche avec nous, Marie, aux chemins de nos vies,



Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.


 

 

à écouter sur : www.paroles-musique.com/eng/Raymond_Fau-La Première en chemin ...

 

 

 

Extrait du sermon de St Augustin pour l'Ascension

... Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l'espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu'il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l'amour, mais en lui.

 

Lui ne s'est pas éloigné du ciel lorsqu'il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s'est pas éloigné de nous lorsqu'il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : Nul n'est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, qui est au ciel. ...

Mercredi 20 mai

Une prière

Marie, aidez-nous à vivre à contre-courant

 

 

 

Sainte Vierge Marie, vous nous aidez à accueillir le sermon sur la montagne, ces béatitudes dont on parle tant et qu'on applique si peu, parce qu'elles vont à contre-courant, comme si le Gave remontait vers les glaciers des Pyrénées.

 

Sainte Vierge Marie, vous nous aidez à devenir le peuple de la Parole, le peuple de l'Eucharistie, le peuple du message. À quoi sert d'aller plus vite, si on ne sait pas où l'on va? À quoi sert de produire toujours davantage, si on ne sait pas partager? À quoi sert aux pauvres de s'enrichir et aux riches de s'appauvrir, si les uns et les autres ne savent pas vivre comme le Christ?

 

Sainte Vierge Marie, à un monde dominé par l'argent, vous enseignez votre libéralité. À un monde de clinquant et de mensonge, vous montrez votre transparence. À un monde qui ricane et qui salit, vous offrez votre pureté.

Apprenez-nous à ne pas être une page achevée d'imprimer mais une page chaque jour toute blanche, où l'Esprit de Dieu dessine les merveilles qu'il fait en nous.

 

Cardinal Roger Etchegaray

Les plus belles Prières à Marie, Prions en Église, Novalis et Bayard

 

Un article

Sera-t-il encore possible

 

de chanter à l’église ?

 

 

 

 

Fin mai, les célébrations religieuses reprendront dans des conditions sanitaires inédites. Mais dans les paroisses, la question du chant pourrait cependant poser un problème épineux en termes de risque de propagation du virus.

 

Le retour dans les églises se fera-t-il par des messes basses ? La question semble anecdotique, et pourtant c’est un détail essentiel de la reprise prochaine des célébrations religieuses. Car qui dit chant dit souffle et paroles, et veut donc dire… postillons. Des virologues soulignent par ailleurs que les chanteurs absorbent plus de particules, car ils tendent à respirer l’air plus profondément dans leur diaphragme que lorsqu’ils ne chantent pas.

 

En Allemagne, où les messes et cultes ont déjà repris, les fidèles sont ainsi priés de rester muets. « Pendant le chant, il semble que les gouttelettes puissent voler particulièrement loin », a expliqué Lothar Wieler, infectiologue et président de l’Institut allemand Robert Koch, pour justifier la décision du gouvernement.

 

Aux États-Unis aussi, la question est au cœur des débats chez les responsables pastoraux : l’archevêque Leonard Blair, président de la commission pour la liturgie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), a conseillé aux responsables catholiques de ne pas faire chanter les chorales. Le synode new-yorkais des églises luthériennes évangéliques a, lui aussi, suggéré à ses ouailles de ne pas chanter et de ne jouer que de la musique instrumentale, rapporte le Washington Post.

 

4m2 par fidèle dans les églises

 

Mais qu’en sera-t-il en France ? « Quand on chante de tout cœur comme on le fait, on brasse le maximum d’air dans ses poumons, les risques sont réels », souligne Gilles Boucomont, pasteur de l’Église protestante unie de Paris-Belleville, qui accueille habituellement 120 fidèles par culte. Pour la reprise, le pasteur envisage des cultes respectant les distances de sécurité : « L’assemblée sera masquée et limitée à 50 personnes dans le temple, afin d’assurer une distance de sécurité. »

 

Côté catholique, la Conférence des évêques de France (CEF), en lien avec le gouvernement, réfléchit à la question. Une note devrait être communiquée aux paroisses dans la semaine. Celles-ci devront bien sûr tenir compte des règles sanitaires imposées : le port du masque sera imposé, et chaque paroisse devra assurer un espace de 4m2 par fidèle, comme c’est le cas dans les écoles et les entreprises. Les chorales, comme ailleurs, ne seront pas non plus autorisées en tant que telles.

 

Conserver la dimension dialogale du chant

 

Quant à la pratique du chant par l’assemblée, les restrictions se heurtent aux fondamentaux de la liturgie. « Lors de la messe, le chant a un ministère spécifique, explique l’abbé Laurent Jullien de Pommerol, curé de la paroisse de la Croix-Rousse à Lyon et en mission au Service national de pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS) de la CEF. Un de ses rôles, c’est de constituer l’assemblée, de passer d’une somme d’individus à un corps constitué. »

 

Benoît Baumgartner, responsable du département musique au sein du SNPLS, renchérit : « Au vu de son importance dans la liturgie catholique, il est souhaitable que le chant conserve sa dimension dialogale entre le célébrant et l’assemblée. » Pour Jullien de Pommerol, cette question est essentielle. Le prêtre plaide d’ailleurs pour une « révision de nos pratiques ». Parmi elles, une meilleure différenciation des chants (mise en valeur par Paul VI dans son instruction Musicam Sacram de 1967), en privilégiant sa dimension de dialogue – par exemple, selon prêtre, chanter « Et avec votre esprit » en réponse à « La paix soit avec vous » serait plus important que d’entonner un chant d’entrée.

 

Les fidèles, masqués, ne pourront cependant plus chanter « comme avant » dans les églises : « Ils devront peut-être écouter davantage l’orgue, ou un groupe très restreint de chanteurs comme on a pu le voir pour les messes sur YouTube pendant le confinement : deux, trois ou quatre chantres, séparés d’1m50 à 2m de distance », détaille Benoît Baumgartner. Quant à la question de savoir si chanter avec un masque devant la bouche risque d'étouffer la voix, le pasteur Gilles Boucomont n’y voit pas un obstacle : « Là, comme je vous parle, je porte un masque, mais vous m’entendez très bien ! Alors pourquoi ne pourrions-nous pas chanter ? »

 

Une Église plus sociale et missionnaire

 

Pour le pasteur, cette crise remet surtout en question de nombreux éléments des pratiques ecclésiales, à l’image des grandes assemblées dominicales. « On va devoir revenir à une foi beaucoup plus similaire à celle des apôtres, qui partageaient le repas du Seigneur chez eux, en petits groupes, et non pas au temple. Le Covid va obliger l’Église à être plus sociale et missionnaire. »

 

Pour encore quelques jours, Gilles Boucomont célèbre le culte via l’application vidéo Zoom. « Mais nous ne pourrons pas continuer à être cette Église désincarnée. Il nous faut revenir au projet initial de Jésus : l’incarnation. »

 

 Youna Rivallain - La Vie - 18/05/2020

Mardi 19 mai

Une prière

Marie, au cœur de nos vies

 

O Marie, au cœur du monde,

au commencement des temps,

à l'aube de nos vies.

 

Marie dans la nuit de Bethléem,

qui donne la terre à Dieu.

 

Marie, tendresse et fidélité,

tenant la Vie dans nos mains humaines.

Marie, douce et fragile,

la force et la lumière,

pauvre et humble,

la gloire et la richesse.

 

Marie, au pied de la croix,

mère et fille, seule,

transpercée et radieuse,

humaine dans ta souffrance,

divine dans ton visage.

 

Marie, Mère de notre Sauveur,

salvatrice toi-même

pour notre monde en déroute.

Marie, fille et Mère de notre humanité,

au pied de notre croix.

 

Marie, notre force et notre lumière,

notre gloire et notre richesse.

 

Marie, au matin de Pâques

discrète et presqu'absente.

Marie des jours d'allégresse,

heureuse et oubliée.

Marie, notre joie, notre sourire,

main tendue au pécheur,

secours des affligés,

Marie, pardon.

 

Marie, au soir de Pentecôte,

rempart des apôtres, notre soutien

dans la tourmente de nos incertitudes

Marie, notre espérance,

qui donne chaque jour au monde

notre divinité. Amen.

 

Albéric de Palmaert

Un article

 

 

À Châlons,

la “messe en voiture“ fait le plein

 

Pierre Jova - La Vie - 18/05/2020

 

 

Ce dimanche 17 mai, le diocèse de Châlons-en-Champagne organisait sa première « messe en voiture » pour permettre une célébration eucharistique malgré la crise sanitaire. Reportage.

 

L'évêque de Châlons, François Touvet,

présidant la "messe en voiture" au Capitole.

FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

 

 

« Vous avez répondu non pas à l’appel des cloches, mais des réseaux sociaux ! » Debout sur une estrade, l’évêque François Touvet prêche devant une curieuse assemblée : plus de 200 voitures, alignées sur l’immense aire de stationnement du Capitole, vaste parc des expositions situé à côté d'un MacDonald’s et d'un Flunch, qui reçoit chaque année la foire de Châlons. L’évènement, dévoilé il y a une semaine sur Internet avec le graphisme du célèbre jeu de société Mille Bornes, était tout simple : permettre une messe publique de manière inventive et dans le respect des normes sanitaires, en célébrant en plein air, avec les fidèles demeurant dans leurs voitures. La participation était ouverte à tout véhicule transportant au maximum quatre personnes, et avec masque obligatoire.

 

Dimanche matin, l’affluence était au rendez-vous. Dès 9h30, une heure avant le début de la célébration, il y avait déjà une cinquantaine de voitures garées devant l’estrade où trônait la croix du Christ et un autel. Quelques uns discutent avec leurs voisins à travers vitres, d’autres en profitent pour griller une cigarette. « Cette idée est géniale, inspirée par l’Esprit-Saint ! Quand je l’ai su, j’étais trop contente ! », s’exclame Hortense, venue avec sa fille d’Épernay au volant de leur Ford, à 36km d’ici, qui a été mise au courant par Facebook. « Après deux mois de confinement, nous allons pouvoir recevoir le Corps du Christ », se réjouissent aussi Charles-Henri et Céline, transportés de Suippes, à une demi- heure d’ici, par une Toyota Hybrid. « C’est un évènement important, pour montrer que les chrétiens sont encore vivants ! », ajoute le couple, dont le fils Hugo sert la messe. « Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone, il faut montrer au gouvernement que la liberté de culte existe », déclare pour sa part David, barbu assis dans sa Dacia, pas peu fier que Châlons soit la première ville de France à accueillir cet évènement.

 

Encadrée par un service d’ordre discipliné, la messe se déroule sans accroc, malgré la différence de quelques secondes de la retransmission de la liturgie, assurée par RCF, entre l’autel et les autoradios. Des automobilistes lisent sur leur tableau de bord une feuille de chants, téléchargée sur le site du diocèse. Prêtres et diacres apportent la communion, dans la main, à travers la vitre des voitures, ceux qui souhaitent la recevoir étant invités à se manifester en… allumant leurs signaux de détresse ! « Ce n’est pas un spectacle ou un show, mais bien le repas du Seigneur », rappelle François Touvet dans son sermon.

 

L'évêque ne manque pas de filer la métaphore du déconfinement avec l’histoire du salut : « Le Saint-Esprit, personne n’a pu le confiner, et personne ne le pourra jamais ! » Relatant la sortie des Hébreux d’Égypte, le retour des exilés de Babylone à Jérusalem et le mystère de Pâques, il assure que « la foi chrétienne est une expérience permanente du déconfinement : le passage de la mort à la vie ». Citant enfin l’exhortation de l’apôtre Paul à « revêtir l’homme nouveau », François Touvet conclut : « le monde ne sera plus comme avant, si nous décidons de nous convertir ». Après la bénédiction, un concert de klaxons remplace les cloches pour saluer la fin de cette étonnante « messe en voiture ».

 

Une formule américaine revisitée

 

Unique en France, la formule n’est cependant pas inédite. Elle est née aux États-Unis, où le triomphe de l’automobile dans les années 1950 et les grands espaces encouragent certaines Églises protestantes à organiser des cultes « drive-in » (conduire dedans), à l’instar des cinémas en plein air qui apparaissent au même moment. Quelques-unes ont poursuivi l’expérience, dont la plus connue est la Drive-In Christian Church de Daytona Beach, en Floride. Resurgissant sur le sol américain avec la crise du Covid-19, le concept s’est aussi exporté en Allemagne et en Suisse, avec des fortunes diverses. À Düsseldorf, les célébrations automobiles catholiques et luthériennes de Pâques ont rassemblé des centaines de voitures. En revanche, un pasteur évangélique de Sion, dans le Valais, a été sanctionné par les autorités après avoir organisé un culte « drive-in ».

 

Du côté de Châlons, l’idée remonte à un mois. « Elle a mobilisé un énorme travail de concertation avec la préfecture et la mairie », explique Florent Masson, délégué épiscopal à l'information du diocèse, encore surpris de l’écho médiatique. « Nous imaginions bien que cela allait susciter la curiosité, mais pas à ce point ! », jure-t-il.

 

Sur les réseaux sociaux, certains ont mis en doute la « validité » de l’initiative, poussant le diocèse à préciser qu’il s’agit bien d’une « célébration eucharistique classique, dans le respect de la liturgie de l’Église ». D’autres ont pointé le décalage avec l’encyclique écologique Laudato si’ du pape François, qui appelle à réduire drastiquement les émissions polluantes. « Nous pouvons l’entendre », reconnaît Florent Masson, qui souligne que le diocèse amorce sa conversion écologique. « Mais nous sommes un diocèse rural. Les paroisses font souvent plus de 50 kilomètres de circonférence… », plaide-t-il, convaincu que « l’Église doit se rendre accessible sur des lieux de passage, pour rejoindre ceux qui sont moins proches d’elle ».

 

Un pari missionnaire

 

Sur le parking du Capitole, des Renault Espace débordant d’enfants côtoient des véhicules très divers, dont les pare-chocs affichent plus d’autocollants « In Tartiflette We Trust » que de poissons Ichtus, symbole prisé par les conducteurs chrétiens. Virginie et Frédéric, habitant à la périphérie de Châlons, vont à la messe d’un mois à l’autre. Pourtant, ils n’ont pas hésité à s’engouffrer dans leur C3 : « C’est une idée particulièrement intelligente ! ».

 

Plus loin, Werner et Michèle, retraités dont l’autoradio de la Mercedes laisse s’échapper une chanson du groupe Indochine, ne fréquentent pas non plus la messe tous les dimanches, malgré leur dévotion pour le sanctuaire de Lourdes. « Mais depuis le confinement, on regarde l’émission Le Jour du Seigneur, sur France 2 », explique le couple, qui, comme d’autres, a découvert l’évènement dans la presse régionale. « Nous n’aurions jamais pensé à un rassemblement chrétien comme cela ! », confient-ils, à la fois étonnés et admiratifs.

 

« Les baptisés non-pratiquants font partie de l’Église, rappelle Florent Masson. La frontière est fine entre pratiquants réguliers ou non. Sur les réseaux sociaux, nous constatons l’existence d’une Église numérique ». Pour le délégué épiscopal, cette « messe en voiture » s’inscrit donc surtout dans un effort missionnaire de l’Église de de Châlons, qui a lancé en 2019 la revue Parvis, destinée au grand public. Alors que l’incertitude plane sur une reprise des messes à la Pentecôte, le diocèse champenois laisse entendre que l’initiative pourrait être rééditée. D’ici là, son premier démarrage est réussi.

 

 

Lundi 18 mai

Une prière

Je te salue Marie...

 

 

Je te salue Marie,

mère de tous nos désirs d'être heureux.

Tu es la terre qui dit oui à la vie.

Tu es l'humanité qui consent à Dieu.

Tu es le fruit des promesses du passé

et l'avenir de notre présent.

Tu es la foi qui accueille l'imprévisible,

tu es la foi qui accueille l'invisible.

 

Je te salue Marie,

mère de toutes nos recherches de ce Dieu imprévu.

Du Temple où tu le perds,

au Calvaire où il est pendu,

sa route te semble folle.

Tu es chacun de nous qui cherche Jésus,

sans bien comprendre sa vie et ses paroles.

 

Tu es la mère des obscurités de la foi,

toi qui conserves tous les événements dans ton coeur,

toi qui creuses et médites tous nos "pourquoi?"

et qui fais confiance en l'avenir de Dieu, ton Seigneur.

 

Je te salue Marie,

mère de toutes nos souffrances.

Tu es la femme debout au pied de l'homme crucifié,

tu es la mère de tous ceux qui pleurent,

l'innocence massacrée et le prisonnier torturé.

 

Je te salue Marie,

mère de toutes nos pentecôtes.

Tu es, avec les apôtres, l'Église qui prie

et accueille les dons de l'Esprit.

 

Je te salue Marie,

mère de toutes nos espérances.

Tu es l'étoile radieuse d'un peuple en marche vers Dieu.

Tu es l'annonce de l'humanité transfigurée,

tu es la réussite de la création

que Dieu a faite pour son éternité. Amen.

 

Michel Hubaut

Une promenade ... la Croix, arbre de Vie ...

Dimanche 17 mai

Une prière

Apprends-moi, Marie...

 

La mère de mon Seigneur

 

Tant de voix, tant de bruits,

en moi, autour de moi.

Tant de bruits où s'enfuit

la présence de l'Au-delà.

 

Apprends-moi, Marie, à faire silence,

à taire les bruits et à me taire,

pour qu'enfin jaillissent,

comme au-dessus du chaos primitif,

la voix de Dieu, le vol de l'Esprit,

et que s'écrive la première ligne de ma genèse

et que commence un monde neuf.

 

En moi d'abord,

un monde de grâce où je ressemble à Dieu.

Un monde de paix, sans envie, sans ambition.

Un monde d'amour,

à l'image de l'étreinte éternelle

du Père, du Fils et de l'Esprit.

 

Apprends-moi, Marie,

le courage de dire oui.

 

Apprends-moi à croire, comme toi,

que les projets de Dieu

sont infiniment plus beaux que mes projets,

que la Parole de Dieu

est infiniment plus solide que ma parole.

Aide-moi à comprendre qu'en disant oui à Dieu,

je dis oui à moi-même,

à mon moi le plus vrai et le plus radical;

car lui seul me permet

de devenir ce que je suis,

lui seul peut achever, en me sauvant,

ce qu'il a commencé en me créant. Amen.

 

Georges Madore

Un article

“Le monde d’après a besoin de la messe“

 

 

 

 

Pour les auteurs de cette tribune (Thomas Ailleret, Clotilde Brossollet, Olivier de Saint-Martin et Natalia Trouiller), il est important que les catholiques dépassent leurs divisions autour de la communion, pour retrouver le sens de la messe comme ouverture et envoi vers l’extérieur.

 

Les crises ne provoquent pas les problèmes. Elles les révèlent.

 

Les polémiques autour de la reprise des messes n’échappent pas à la règle. Depuis que, progressivement, le déconfinement s’applique aux différentes strates de la société, nous nous déchirons dans notre Église, plus ou moins silencieusement, sur la reprise des messes. Il y a ceux qui veulent communier à tout prix. Il y a ceux qui veulent attendre absolument. Entre les deux, il y a ceux qui veulent porter la communion à domicile mais sans messe ; ceux qui souhaitent célébrer la messe à l’église ou au domicile des fidèles ; ceux qui prônent l’aide aux plus pauvres comme un équivalent parfait.

 

Autant d’occasions de se diviser plutôt que de communier.

 

L’Eucharistie nous parle du corps, l’Eucharistie est le corps. Elle est le Corps du Christ, bien sûr : « Prenez, et mangez-en tous, car ceci est mon corps livré pour vous. » Le Christ se donne dans son Corps à l’assemblée des fidèles, qui devient elle-même le Corps du Christ. En communiant, nous sommes unis à Dieu, personnellement et communautairement. Nous devenons Christ, capables de mieux Le reconnaitre dans les autres, même et surtout les plus pauvres (Matthieu 25, 36-39). Nous devenons membres les uns des autres et nous apprenons à faire corps. L’enjeu de la messe, lorsqu’une maladie attaque les corps, que ce corps soit charnel, social ou ecclésial, est donc absolument crucial pour nous chrétiens. Il n’est en rien accessoire.

 

À chaque crise, les chrétiens comme les autres veulent construire des lendemains qui chantent. Après chaque crise, les chrétiens comme les autres auront la mémoire courte. Alors lançons-nous sans attendre : la messe doit être pour le monde un antidote à la crise. Née dans la crise, au soir de la trahison et de l’espoir déçu, elle est faite pour la crise.

 

Il nous faut retourner à la messe parce que, dans ce monde de la performance, elle est le lieu et l’instant où je viens recevoir la vie divine sans aucun mérite de ma part, et y apprendre ce que signifie donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Il nous faut retrouver le chemin de la messe, parce que dans cette société sans miséricorde, elle est le seul endroit et le seul instant où, debout devant les autres, je confesse à voix haute que je ne suis qu’un pauvre type, qu’une pauvre fille, et que j’ai besoin de la grâce de Dieu pour avancer.

 

Nous devons revenir à la maison commune parce que, dans cette vie de cercles qui ne se croisent plus, je dois retrouver les paroissiens que je n’ai pas choisis et qui me gardent de vouloir construire un monde d’après qui me ressemble et les oublie.

 

Il nous faut reprendre le chemin des églises parce que, à l’heure où l’autre m’est présenté comme un contaminant potentiel, je veux, je dois, manifester qu’il est mon frère et que je lui suis présent.

 

Il faut y retourner parce que nous avons à expérimenter lors de l’Eucharistie ce que c’est que d’être membre, à égale dignité, d’un corps qui nous dépasse parce qu’il nous précède. Construire un bien commun qui ne laisse aucun pauvre derrière. Vivre la solidarité et vivre de la solidarité qui trouve sa source en Dieu.

 

Tant et tant a déjà été écrit et essayé pour permettre aux fidèles de retourner à la messe, que nous pouvons le faire sans risque. Que ce soit à l’église paroissiale ou à l’église domestique, sur un parking ou dans le jardin du presbytère, tant que j’y retrouve l’autre que je ne choisis pas pour que l’Autre vienne nous rejoindre et habiter nos humanités fragiles. Alors, maintenant, allons à la messe ! Que cette crise ne soit pas le révélateur que nous achevons de déserter la communion, mais que nous repeuplions la Cène parce que nous sommes prophètes du monde d’après : la Cité de Dieu.

 

Thomas Ailleret, cadre en entreprise, auteur de Vivre en chrétien, quésaco ? (Cerf),

Clotilde Brossollet, éditrice et chroniqueuse,

Frère Olivier de Saint-Martin, dominicain, et Natalia Trouiller, journaliste, auteurs de Libérés, relevés. Comprendre comment Dieu nous sauve (Mame).

 

La Vie - Publié le 15/05/2020 Thomas Ailleret, Clotilde Brossollet, Olivier de Saint-Martin et Natalia Trouiller

Pascal Deloche / GodongPascal Deloche / Godong

 

Samedi 16 mai

Une prière

 

Marie, j'aime vous regarder

dans votre humanité quotidienne,

jeune fille et femme, inconnue de tous,

mère attentive, épouse soigneuse,

femme semblable à toutes les femmes,

et toujours disponible quand Dieu lui demande:

"Où es-tu?"

J'aime aussi vous voir au tympan des cathédrales,

la femme aux douze étoiles,

la Vierge des icônes au manteau de pourpre royale.

Mais, avec Thérèse de l'Enfant Jésus

s'exprimant sans mots superflus, je m'émerveille:

"Elle est plus mère que reine."

Oui, tout le reste est fioritures

devant les trois mots: "Mère de Dieu".

"Mère de Dieu", ces trois mots,

je n'aurai jamais trop d'heures de silence

pour les contempler.

Comme ces plantes du désert qui attendent des jours,

des années peut-être, une pluie pour germer,

il nous faut les redire

jusqu'à ce que votre Fils les féconde en nous.

C'est pourquoi, avec la Tradition entière,

je redis sans me lasser

la prière des pécheurs et des saints:

"Sainte Marie, Mère de Dieu,

priez pour nous, pauvres pécheurs,

maintenant et à l'heure de notre mort."

 

Jacques Loew

Vendredi 15 mai

Une prière

 

Marie, donne-nous  la faim de l'Essentiel

 

 

 

Mère admirable,
trésor de calme et de sérénité,
nous t'aimons pour la lumière
de tes yeux baissés,
pour la paix de ton visage,
pour l'attitude révélatrice
de ta plénitude intérieure.

 

Tu es la Vierge de l'invisible et de l'essentiel.
Nous te supplions de nous détacher,
de nous déprendre de tout ce qui se voit
pour nous ramener et nous fixer
sur l'invisible que tes yeux regardent:
l'invisible présence, l'invisible vie,
l'invisible action, l'invisible amour.

 

Dans nos journées occupées, surchargées,
garde-nous dans la lumière des choses
qui ne se voient pas.

 

À travers l'accessoire qui nous sollicite
et nous séduit souvent,
donne-nous aussi
le sens et la faim de l'essentiel.

 

M. T. de Lescure

Un article

Cet article a été publié  jeudi 14 mai 2020 dans le supplément hebdomadaire du jeudi du Luxemburger Wort, intitulé Die Warte.

Rituels funéraires sous état d'urgence sanitaire - Interview du P. Alain

 

Parmi les nombreux défis à relever dans les dernières semaines, il y a eu celui des funérailles. Comment faire au mieux pour accompagner les familles, et soutenir l'espérance ? Une difficulté rencontrée par les différents ministres du culte. Je fais partie des personnes contactées par Mme Escrive.
 
Bonne écoute,
 
P. Alain

 

Jeudi 14 mai

Une prière

Prière Mariale pour grandir dans

la « Lumière de la Foi »

 

Pape François (*)

 

 

« Ô Mère, aide notre foi !

 

Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel. Éveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.

 

Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, pour que nous puissions le toucher par la foi. Aide-nous à nous confier pleinement à Lui, à croire en son amour, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir.

 

Sème dans notre foi la joie du Ressuscité. Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul.

 

Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur !

 

Amen »

______________

(*) Prière Mariale du Pape François donnée à la fin de l'Encyclique «Lumen Fidei», Lumière de la Foi, à Rome, près de Saint-Pierre, le 29 juin 2013, solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, en la première année de son Pontificat.

Extrait du Site-Catholique.fr

Un article

 

“Corps du Christ

et chair de l’Église :

la messe est un mariage“

 

L’impossibilité actuelle pour les catholiques de participer à la messe est l’occasion de redécouvrir la place et à la spécificité de l’eucharistie dans la vie de l’Église catholique. Le regard du père Jean-Baptiste Nadler, curé de paroisse à Vannes et auteur des Racines juives de la messe (Éd. Emmanuel).

 

« Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous » (Jn 6,53). Alors que l’immense majorité des catholiques est actuellement empêchée de participer à la messe et de communier au corps du Christ, la liturgie de ces derniers jours nous a pourtant invités à manger la chair eucharistique du Fils de Dieu. Cruelle coïncidence !

 

Vu le principe de laïcité, sans doute le gouvernement français est-il dans son rôle lorsqu’il traite les principales religions sur le même plan en donnant ses consignes de reprise des « offices religieux ». Mais ce que la laïcité peut difficilement prendre en compte, c’est que ces diverses religions ont des conceptions très différentes les unes des autres de la notion de culte et des rassemblements religieux : les prières à la mosquée n’ont évidemment pas les mêmes significations ni règles que les offices à la synagogue, le culte au temple protestant n’est pas non plus la messe catholique. Ajoutons que toutes ont des traditions de prières domestiques, ce qui relève donc du cadre de la vie privée, et des prières dans le lieu du rassemblement des croyants – mosquée, synagogue, église – obéissant aux normes ERP (établissement recevant du public). Au sein d’une même religion, les croyants eux-mêmes ont des rapports différents à leur propre culte : tel pratique sa foi sans jamais mettre les pieds dans une église, tel autre ne manquera aucune messe mais ne priera guère dans le secret de sa chambre.

 

Le cœur de la foi chrétienne réside dans les deux dogmes de la Trinité (Dieu unique en trois personnes-relation) et de l’incarnation rédemptrice (pour sauver les hommes, la deuxième personne de la Trinité se fait homme – « la chair est le pivot du salut », selon le mot de Tertullien). La célébration eucharistique est le culte du mystère pascal de Jésus-Christ, fils de Dieu crucifié et ressuscité dans sa chair. Elle est précédée et préparée par la liturgie de la Parole divine, le Verbe fait chair. La messe est ainsi l’acte religieux le plus complet qui soit, et, parce que l’homme est « une âme dans un corps » (pour reprendre le mot du curé d’Ars), elle répond parfaitement aux besoins spirituels de la nature humaine, besoins de relation concrète et charnelle avec Dieu. La pleine participation à la messe trouve son accomplissement dans la communion eucharistique : « Il est conforme au sens même de l’Eucharistie que les fidèles, s’ils ont les dispositions requises, communient quand ils participent à la messe » (Catéchisme de l’Église catholique – CEC –, paragraphe 1388).

 

L’eucharistie réalise ce que le sacrement de mariage signifie : l’union d’amour du Christ et de l’Église. La messe est un mariage. D’ailleurs, l’échange des consentements des époux au cours de la célébration des noces se fait au même emplacement liturgique que la communion eucharistique, qui est une union des corps : celui du Christ avec celui de l’Église, en passant par mon propre corps.

 

Les unions d’un couple peuvent être imparfaitement vécues, à cause d’un égoïsme, d’une recherche de plaisir seulement personnel, d’un manque d’écoute des besoins de l’autre, d’une dureté de cœur. Et dans ce cas, les unions ne font pas grandir le couple. Elles peuvent même l’abîmer gravement. Mais cela n’enlève rien à la beauté de l’idéal recherché dans l’union conjugale.

 

Ainsi de nos communions eucharistiques. Elles peuvent, certes, être entachées d'égoïsme spirituel, d’inattention aux autres membres de l’Église et aux pauvres, voire du manque d’accueil du Christ lui-même. Et pourtant, malgré nos pauvretés, quel grand mystère se vit là ! Un cœur ecclésial bien préparé éprouve « la joie de ce moment où le Christ devient notre hôte » (CEC, 1387). La communion est le sommet de l’expression religieuse, l’acte humain le plus inouï que nous puissions poser. Elle suppose et perfectionne toutes les autres œuvres de la foi : que vaut ta communion si tu n’as pas écouté la Parole, si tu n’as pas donné de tes biens et de ton temps pour les pauvres, si tu ne t’es pas réconcilié avec ton frère, si tu ne t’offres pas au Père sur l’autel avec Jésus pour le salut du monde ? Toutes ces œuvres préparent notre communion comme leur sommet, mais découlent aussi d’elle comme de leur source de charité divine. De même, que valent les unions conjugales si le couple manque de dialogue, de tendresse, d’écoute, de pardon, de service mutuel et de don de soi ?

 

Nous sommes actuellement privés de tout cela. Cette continence eucharistique forcée peut, certes, et certainement, nous inviter à interroger nos anciennes habitudes de la communion, en vue de purifier notre pratique eucharistique. Mais cette situation ne doit pas trop durer, sinon le couple Christ-Église va en être abîmé. Un couple qui n’a plus jamais d’union et fait chambre à part est déjà proche de la rupture, sinon de fait, du moins dans les cœurs : deux vies parallèles s’installent, comme des lignes raides qui ne se rencontreront plus jamais. Je ne parle pas ici des périodes d’abstinences volontaires ou nécessaires que peut vivre un couple, comme dit l’Ecclésiaste : « Il y a un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir » (Qo 3,5) ; dans ces moments-là, propices à une délicatesse décuplée, les époux cherchent alors à exprimer leur profond amour par d’autres gestes, dans une écoute renouvelée entre eux et envers les autres. C’est ce que vit l’Église catholique actuellement : largement privée d’eucharistie, elle s’unit à son Seigneur par d’autres moyens que les sacrements – l’écoute et le partage de la Parole de Dieu, la prière d’oraison, la présence à la Présence divine en nous, la charité active, le soin des frères plus fragiles – en redécouvrant ou approfondissant ces autres modes de communion réelle au Christ.

 

Mais soyons toujours attentif à la tentation récurrente d’une vie chrétienne désincarnée, par trop gnostique et, donc, élitiste. Notre corps a besoin d’être touché par les sacrements de Dieu. La tendresse de Dieu s’exprime à notre égard quand la communion est donnée et reçue avec cette infinie délicatesse qui est la marque des amoureux du Seigneur. « Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui » (Ct 2,16).

 

Lorsqu’un couple va bien – et les unions authentiques y contribuent largement –, la famille tout entière va bien. Si, grâce aux sacrements reçus dans la foi, le couple Christ-Église va bien, la société tout entière s’en trouvera grandie. Pour affronter cette crise économique et sociale qui s’annonce et déjà est là, nous avons besoin d’une Église fortifiée par les sacrements, car « l’Eucharistie engage envers les pauvres » (CEC, 1397). Voilà pourquoi le peuple de Dieu veut communier au corps du Christ : « Mon âme s'épuise à désirer les parvis du Seigneur ; mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant ! » (Ps 83,3).

 

Jean-Baptiste Nadler - La Vie

 

Mercredi 13 mai

Une prière

Vierge Marie, Mère des pauvres,

 

 

Mère des pauvres,

de ceux qui n’ont rien, qui sont oubliés, qui souffrent de solitude,

apprenez-moi à ouvrir mon cœur, mes yeux, mes mains, à toute détresse.

 

Mère des plus petits,

des rejetés, des exclus d’un monde qui ne parle que de réussite et de succès,

apprenez-moi à partager le trésor de la Charité.

 

Mère des égarés,

de ceux qui n’ont plus d’espérance, qui plongent dans les paradis artificiels,

apprenez-moi à révéler la beauté et la grandeur de toute vie, même la plus abîmée.

 

Mère des affligés,

de ceux qui désemparés n’arrivent plus à aimer, qui veulent se venger,

apprenez-moi à consoler, à relever, à pardonner.

 

Et apprenez-moi à trouver ce chemin caché de la pauvreté évangélique

qui ne cherche ni à saisir, ni à maîtriser, ni à posséder,

mais à tout recevoir de notre Seigneur Jésus-Christ.

Amen.

 

Abbé Dyèvre

Œuvres Pontificales Missionnaires

Un article

Après la catastrophe, inventons un nouvel humanisme

 

 

La crise liée à la pandémie du Covid-19 est l'occasion de remettre nos sociétés en question. Le groupe de réflexion Esprit Civique, qui s'inscrit dans la tradition du christianisme social, a demandé aux personnalités intervenues lors de ses universités populaires leur vision sur ce "kairos", un concept grec qui caractérise l'inflexion entre un avant et un après.

 

Bâtir, c’est prendre soin

 

Tout s’est arrêté, ou presque, sauf pour les soignants constamment debout afin que le coronavirus ne vienne pas arrêter la vie. Le temps s’est comme arrêté, nous invitant à prendre celui d’une réflexion sur le sens de la vie, comprenant que courir est trop souvent animé par un désir aussi vain que sans lendemain. Le jour d’après, quand nous aurons gagné parce que la vie est toujours victorieuse, il nous appartiendra moins de recommencer que de commencer. Ce temps de confinement peut se révéler une opportunité pour aider à mettre de l’ordre dans nos cœurs et nos têtes, pour que justement il y ait moins de ces désordres qu’on feignait de ne pas voir. Jamais, sans doute, nous n’avons mieux compris que bâtir, c’est prendre soin.

Bernard Devert, Président-fondateur d'Habitat et Humanisme

 

Remettre la pierre d’angle de l’action politique en place

 

Le plus frappant est notre courte vue. Cette double catastrophe sanitaire et économique ne devrait pas tant nous surprendre. Guerres, famines, épidémies n’appartiennent pas à un passé si lointain ! Cela, notre mémoire collective l’a évacué. Et jeté aux oubliettes les fondamentaux de notre bien-être social, qui ne saurait « faire l’économie » de la santé des plus vulnérables. Comme citoyen du pays de Pasteur, partisan de la prévention indispensable à la conservation de ce bien commun qu’est le bien-être des populations, je suis effaré du prisme budgétaire de l’action publique qui a primé ces dernières années. Économies de « bout de chandelle », moins d’État, « chacun pour soi » et privatisations à outrance : autrement dit, l’oubli des fondamentaux qui ont permis la reconstruction au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Frédéric Tiberghien, Conseiller d’État honoraire et président de Finansol

 

Garder le cap pour une société du vivant

 

Face à cette tempête dont on ne connaît encore ni l’ampleur, ni la durée : garder le cap. Celui des Objectifs du développement durable des Nations Unies, un horizon 2030 contre la pauvreté, et pour une transition écologique qui profite à tous. L’idée d’un monde vivable, à la fois écologiquement sûr et socialement juste nous prémunit contre ceux qui opposent emploi et environnement. « Mal nommer les choses, c’est ajouter à la misère du monde », écrivait Albert Camus. Que la crise nous apprenne à ne pas confondre croissance et prospérité ; politique d’urgence, relance économique et transformation. Et à relier santé et environnement, social et écologie, sobriété et consommation. Elle en appelle à l’universalité des enjeux en rendant concrète l’idée de santé planétaire.

Pierre Victoria, Professionnel du développement durable et professeur associé à Sciences-Po Rennes

 

Europe : une crise comme les autres ?

 

Quand une crise se déclare, deux réactions surgissent régulièrement dans le débat public. Pour les uns « C’est la faute de l’Europe ! » ; pour les autres « L’Europe est impuissante pour la conjurer ! ». Limitée dans ses compétences et par son budget, l’Europe ne peut être responsable de tous les maux. Elle puise sa force et sa fragilité d’un même bassin : celui de l’union dans la diversité entre 27 États membres avec leurs couleurs et leurs légitimités politiques. Ni impuissante, ni parfaite, « inachevée », l’Europe peut être dans le monde, le cadre et le creuset d’une puissance fondée sur un nouvel humanisme.

Fabien Chevalier, Président de Sauvons l'Europe

 

La réconciliation des lucides, des visionnaires et des pragmatiques

 

J’aspire à la réconciliation des lucides, des visionnaires et des pragmatiques. Les lucides ont raison, mais ils ne sont pas porteurs d’espoirs et sont incapables de mobiliser. Les visionnaires font rêver, mais ils manquent de cohérence et sont silencieux sur ce qu’il est possible de faire aujourd’hui. Les pragmatiques peuvent rendre le changement réel. Ce qu’ils proposent paraîtra toujours moins beau que nos rêves, mais les plus belles utopies meurent de ne jamais venir au jour. Ensemble, ils peuvent créer un monde plus humain.

Laurent de Briey, Professeur de philosophie politique à l’Université de NAMUR

 

Christian Roux pour La Vie - Publié le 07/05/2020

Mardi 12 mai

Une prière

Marie, Mère de l'Église et Mère de notre foi.

 

 

 

Ô Mère, aide notre foi !

 

 

Ouvre notre écoute à la Parole,

pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel.

Éveille en nous le désir de suivre ses pas,

en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.

Aide-nous à nous laisser toucher par son amour,

pour que nous puissions le toucher par la foi.

Aide-nous à nous confier pleinement à Lui,

à croire en son amour,

surtout dans les moments de tribulations et de croix,

quand notre foi est appelée à mûrir.

Sème dans notre foi la joie du Ressuscité.

Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul.

Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus,

pour qu’il soit lumière sur notre chemin.

Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous

jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant,

qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur !

 

Pape François

 

Prière à Marie extraite de l'encyclique Lumen Fidei (29 juin 2013)

Pour bien commencer ...

Pour bien commencer la journée de l’après-confinement

 

Le matin,

Alors que tu traînes encore un peu au lit,

Reçois le nouveau jour qui se lève

Comme un merveilleux cadeau

Qui t’est fait par le Seigneur de vie.

Après avoir tracé sur toi le signe de croix,

Lentement et avec une grande foi,

Et après avoir dit

le Notre Père, le Je vous salue, Marie et le Credo,

Lève-toi énergiquement,

Va à la glace et regarde-toi.

Pas de complaisance à propos de tes rides,

Et surtout pas de délectation à te contempler

En disant, par exemple :

« Au fond, c’est vrai, je ne suis pas si mal ».

Non, regarde-toi tel que tu es,

Fais-toi un magnifique et insistant sourire,

Dis-toi lentement bonjour

Comme tu diras bonjour en souriant

A ceux et celles que tu croiseras tout à l’heure.

 

Et puis,

En quittant ta maison, masqué sans doute,

Emmène dans ton sac

Un petit flacon de gel hydroalcoolique,

Mais n’oublie pas les petites fioles

De patience, de bonté,

Et aussi d’humour.

Quand il y aura, autour de toi,

Des chicaneries, des ergoteries,

Peut-être même des disputes,

Inhale un peu de patience,

Inhale beaucoup de bonté,

Par-dessus tout, inhale tout plein d’humour.

 

Et quand viendra le soir,

Pense au lendemain matin

Où tu te lèveras tout aussi énergiquement,

Parce qu’il faudra que tu sois prêt

A bien te regarder dans la glace.

 

Michel Wackenheim

Petite leçon ...

Petite leçon (talmudique) de déconfinement, par Delphine Horvilleur

 

Quels « déconfinés » saurons-nous être ? A la veille de ce 11 mai, qui marque le retour – très – progressif aux activités, la rabbin libérale nous offre une réflexion inspirée.

 

On raconte qu’au deuxième siècle de notre ère vivait en Galilée un homme nommé Rabbi Shimon Bar-Yoh’ai. Cet homme érudit vécut un jour une crise profonde, non pas sanitaire mais personnelle. Accusé par les autorités romaines d’être une menace pour l’empire, il fut condamné à mort et se réfugia dans une grotte de Galilée. Là, il vécut douze années entières, sans aucun contact avec le monde extérieur, confiné pour échapper à la mort et entièrement immergé dans l’étude de la Thora.

 

Douze ans plus tard (de quoi nous plaignons-nous ?), la voix d’un prophète lui annonça qu’il pouvait enfin sortir. L’homme se « déconfina », plein de sagesse et d’espoir. Mais en constatant qu’au dehors, le monde vaquait à ses occupations profanes et délaissait l’étude, il fut pris de colère. Selon la légende, partout où ses yeux se posaient, le monde prenait feu.

 

Une voix céleste lui hurla alors : « Si tu es sorti de ta grotte pour détruire mon univers, retournes-y immédiatement. » Ainsi, connut-il une seconde vague de confinement, avant d’être autorisé à revenir au monde. Un an plus tard, Rabbi Shimon apprit à poser sur le monde un regard apaisé, et selon la légende, à « soigner avec les yeux ».

 

Cette très vieille histoire talmudique m’obsède depuis des semaines. Constamment, je me demande quels « déconfinés » nous saurons être à la sortie de nos grottes ? Ces semaines passées hors du monde, dans un monologue forcé avec nos certitudes, a sans doute renforcé chez beaucoup d’entre nous, des convictions existantes, conforté des « Thoras » personnelles en nous convaincant que nos grilles de lecture du monde étaient les bonnes.

 

Tendez l’oreille et vous l’entendrez : tant de gens autour de nous interprètent la crise dans le sens d’un « on vous l’avait bien dit ! » idéologique (sur le capitalisme, l’environnement, l’économie, la politique ou la religion…) Nos doutes risquent de rester bien longtemps confinés.

 

Comment, dès lors, nous assurer que notre retour au monde ne rendra pas nos regards incandescents, ne nous fera pas jeter au dehors un œil destructeur, empli de mépris pour ceux qui vivent autrement et ne partagent pas notre « vérité » et nos interprétations ?

 

Comment saurons-nous ne pas haïr ceux qui nous menacent de contamination ?

 

Aurons-nous besoin comme Rabbi Shimon d’un retour temporaire à l’intérieur de nos grottes pour développer un autre regard et apprendre nous aussi à « soigner avec nos yeux » ?

Le croyant est-il un consommateur comme un autre ?, par Olivier Roy

 

Post-scriptum : Rabbi Shimon Bar-Yohai est mort le 18è jour du mois de Iyyar, selon le calendrier juif. Hasard amusant, dans le calendrier civil, cette date tombe le 11 mai 2020.

 

Delphine Horvilleur, bio express

 

Delphine Horvilleur est rabbin (Judaïsme en Mouvement)

Lundi 11 mai

Une prière

Merci Marie

 

 

Je te salue, Marie,

toute donnée à Dieu,

ouverte à la Vie,

par un « oui » généreux...

 

Terre d'accueil du Verbe

dans la foi, cœur en feu,

en toi s'enracine la promesse,

prend corps le Fils de Dieu...

 

Silencieuse face au mystère,

tu enfantes l'Envoyé,

tu le donnes à tous tes frères,

dans la joie, sans rien garder...

 

Je te salue Marie,

pour l'audace de ton « oui ! »

pour Jésus, Vie de nos vies,

je te chante mon « merci ! »

 

Bernadette Thésin

Un article

Au mont Sainte-Odile,

l'adoration perpétuelle continue... à distance

 

Anne Dory

 

 

Le service d'adoration perpétuelle du mont Sainte-Odile n'avait jamais connu d'interruption. Avec le confinement, les fidèles alsaciens continuent de se relayer, autrement.

 

 

C'est une situation complètement inédite. Pour la première fois depuis 1931, les fidèles qui assurent le service d'adoration perpétuelle ont cessé de se relayer physiquement au sanctuaire du mont Sainte-Odile (Bas-Rhin). Même en temps de guerre, la chaîne de prière n'avait jamais été rompue au sommet de la montagne qui domine la plaine d'Alsace du haut de ses 753 m.

 

Jour et nuit, depuis la mise en place du service il y a 89 ans, les membres de la confrérie des Adorateurs de sainte Odile, qui compte 2000 membres, se succédaient pour prier au pied du saint sacrement selon un planning minutieusement établi. Mais depuis le 17 mars, les portes du sanctuaire dédié à sainte Odile, patronne de l'Alsace et fondatrice du monastère où affluent habituellement les pèlerins, sont closes.

 

L'adoration à la maison

 

« J'ai dû interrompre l'adoration en présence physique », regrette Christophe Schwalbach, prêtre et recteur du mont Sainte-Odile. « Quatre religieuses et deux prêtres vivent ici, nous assurons certaines heures d'adoration dans l'église, le reste du temps l'adoration se fait en communion spirituelle », poursuit-il. En temps normal, les groupes d'adorateurs des différents doyennés alsaciens se relaient chaque semaine au mont Sainte-Odile. Tous suivent le rythme de la vie monastique et prient deux par deux au pied du saint sacrement pour assurer une présence continue.

 

Ce roulement se poursuit pendant le confinement, à cette différence près que les fidèles prient depuis chez eux. « La semaine attribuée à notre groupe était la semaine sainte, explique Jean-Marie Retter, président de l'association des Adorateurs du mont Sainte-Odile du secteur de Saverne (Bas-Rhin). Nous étions 65 personnes à prier 24 heures sur 24 à la maison. C'est plus difficile d'entrer dans la prière quand on est seul chez soi, mais on échange quotidiennement avec le recteur. »

 

La force de la prière en communion

 

Beaucoup d'adorateurs du groupe de Saverne, dont Jean-Marie Retter, ont souhaité continuer à prier une fois leur semaine terminée, et ils ne sont pas les seuls. Une chaîne de prière extraordinaire s'est mise en place et les rangs des adorateurs ne cessent de grossir, les volontaires se manifestant même depuis le Canada et La Réunion. « Parfois, jusqu'à 10 ou 15 personnes prient en même temps, c'est très émouvant », confie le père Schwalbach. « Cette période étonnante nous permet de découvrir la force de la prière en communion. La communion des Saints, c'est assez abstrait parfois, mais là elle prend une dimension très concrète », se réjouit-il.

 

Adorateur depuis 40 ans, Marcel Triolet l'assure : « C'est très gratifiant d'être adorateur, tous ceux qui sont venus prier une fois, reviennent. » Il y a donc fort à parier que leurs rangs seront plus garnis après le confinement qu'avant. Et la pratique de l'adoration perpétuelle s'en trouvera certainement renforcée. « Je pense qu'il faudra pérenniser cette forme d'adoration pour ceux qui ne peuvent plus monter au sanctuaire », explique Christophe Schwalbach. En attendant, on peut voir briller chaque nuit ce haut lieu spirituel, illuminé exceptionnellement en soutien aux soignants.

 

À savoir

 

Pour prier à distance avec les Adorateurs du mont Sainte-Odile, envoyer un e-mail au père Christophe Schwalbach p.christopheschwalbach@ gmail.com.

 

 

Dimanche 10 mai

Une prière

Remplis ma bouche, ô Marie,

de la grâce de ta douceur.

Éclaire mon intelligence,

toi qui as été comblée de la faveur de Dieu.

 

Alors ma langue et mes lèvres

chanteront allègrement tes louanges

et plus particulièrement

la salutation angélique,

annonciatrice du salut du monde,

remède et protection de tous les hommes.

 

Daigne donc accepter que moi,

ton petit serviteur,

je te loue et te dise

et redise doucement :

"Réjouis-toi, Marie, comblée de grâces."

 

Saint Ephrem (v.306-373)

Un article

Avec saint Jean,

apprendre à vivre en ressuscités

 

Interview Alexia Vidot - La vie

 

 

 

 

La cène. Jésus, saint Jean endormi et Judas, de Domenico Ghirlandaio. Musée San Marco, Florence. DEAGOSTINI/LEEMAGE

 

Le quatrième Évangile est lu lors des messes du temps pascal. Yves Simoens, jésuite, spécialiste du corpus johannique, nous introduit à ce texte, réputé le moins accessible et le plus spirituel.

 

Pourquoi l'Église nous donne-t-elle d'écouter particulièrement l'Évangile selon saint Jean durant les messes du temps pascal ?

 

Plus encore que les synoptiques, cet Évangile a été écrit – et s'éclaire donc – à la lumière de la Résurrection. Il développe les implications de ce grand mystère de la foi dans la vie quotidienne du croyant. Il nous apprend à vivre en ressuscités et sans doute est-ce pour cela que l'Église nous donne d'en méditer certains passages durant le temps pascal. Nous avons lu, par exemple, le récit de la relation entre Jésus et Nicodème. Or ce chapitre est une catéchèse baptismale qui explique en quoi consiste la foi chrétienne : non pas tant une adhésion intellectuelle à des articles doctrinaux, qu'une nouvelle naissance d'eau et d'Esprit par le baptême dans la mort et la résurrection du Christ. L'on retrouve, ici développé, le prologue du quatrième Évangile : le croyant est celui qui est « engendré ni du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu » (Jean 1, 13).

 

Connaît-on l'auteur de cet Évangile ?

 

Le dossier comporte deux candidats potentiels : l'apôtre Jean, frère de Jacques, fils de Zébédée ou un certain prêtre Jean, mort à un âge avancé à Éphèse et dont la figure est évoquée dans la littérature patristique. Lequel de ces deux hommes est « le disciple bien-aimé » qui a reposé sur la poitrine de Jésus au cours du dernier repas ? La chose est difficile à trancher, et il faut respecter la discussion dans le but de montrer que là n'est pas l'essentiel. L'auteur du quatrième Évangile ne veut pas attirer l'attention sur lui, nous entraîner dans une recherche de son identité historique. Il désire, d'abord et avant tout, nous communiquer cette foi au Christ qui le fait vivre et l'émerveille. Il cherche à faire de chacun d'entre nous des disciples bien-aimés de Jésus - c'est-à-dire des hommes et des femmes qui vivent en grande intimité humaine et spirituelle avec le Seigneur et en grande vérité et charité à l'égard du prochain ; le don du commandement nouveau de l'amour mutuel est d'ailleurs rapporté par Jean. Là est notre vocation : nous sommes tous invités à entrer dans cette identité privilégiée du « disciple que Jésus aimait ».

 

Sait-on dater sa rédaction ?

 

C'est l'un des écrits les plus tardifs du Nouveau Testament. On pense qu'il a été rédigé entre 90 et 110 après Jésus-Christ, voire avant. Quoi qu'il en soit, l'auteur a probablement lu les Évangiles de Marc, Luc et Matthieu ainsi que les épîtres de saint Paul. Et justement, son projet est de compléter ce qui lui semble insuffisamment développé dans ces textes, de souligner des aspects qui ne sont pas mis en évidence par les autres traditions - d'où le caractère irremplaçable de cet Évangile aux accents si particuliers.

 

Quels sont ces éléments que l'on ne retrouve pas ailleurs ?

 

Par exemple, là où les synoptiques n'évoquent que la dernière Pâque de Jésus à Jérusalem, Jean insiste sur le fait qu'il y est monté trois fois en pèlerinage au cours de ses trois années de vie publique. Il est aussi le seul à relater les noces de Cana, le discours « du pain de vie », la résurrection de Lazare, le lavement des pieds, le long discours de la Cène, la grande prière de Jésus, le coup de lance dans le côté après la mort en croix... Mais à un niveau plus fondamental, le quatrième Évangile est celui du commencement et de la chair du Verbe. La grande idée de Jean - dans l'Évangile, les épîtres et l'Apocalypse - est de faire comprendre qu'il n'y a pas de fin sans commencement. Le commencement, c'est la Parole. Cette Parole par laquelle Dieu a tout créé et qui s'est incarnée dans le temps en assumant notre chair. Autrement dit : ce qui arrive à la fin, parce que présent dès le commencement, est agissant tout au long de la vie de Jésus, même avant son incarnation, à l'origine absolue, lorsque le « Verbe était auprès de Dieu ».

 

Décidément, ce texte n'a pas volé sa réputation d'être d'un abord compliqué...

 

Depuis Clément d'Alexandrie, on dit en effet qu'il est le plus spirituel, théologique et, par là même, le moins accessible des Évangiles. Il est vrai que certains passages sont très denses. Mais il convient toujours en priorité de le lire d'un bout à l'autre pour se laisser prendre par le souffle extraordinaire qui le traverse. C'est une nourriture substantielle pour notre vie de foi et elle le reste si nous ne comprenons pas tout, même après plusieurs relectures. N'est-ce pas le propre du mystère - révélé, certes, mais qui demeure - que de nous échapper par son excès de lumière ? Alors n'ayons pas peur d'ouvrir ce livre que j'aime appeler « l'Évangile des surprises » ! Mais j'insiste sur un point : s'il est le plus mystique des Évangiles, il est aussi le plus réaliste. C'est celui de l'incarnation par excellence. Il apporte souvent des détails absents ailleurs, par exemple, dans le récit de la Passion, de la mort et de l'ensevelissement. Il est ainsi le seul à nommer le serviteur du grand prêtre à qui Pierre a tranché l'oreille : Malchus (Jean 18, 10).

 

Tout en étant fidèle aux faits, Jean n'essaie-t-il pas d'amener son lecteur toujours plus loin ?

 

Contrairement aux synoptiques, Jean ne parle pas de « miracles » - ces gestes de puissance qui expriment l'autorité de Jésus sur la Création - mais de « signes ». Et il en rapporte sept (chiffre de la totalité) : les noces de Cana, la guérison du fils de l'officier royal, toujours à Cana, celle du paralytique à Bethesda, la multiplication des pains, la marche de Jésus sur les eaux, le passage de la cécité à la vue de l'aveugle-né et le retour à la vie de Lazare. Un signe est constitué d'un signifiant et d'un signifié. Sans trahir la réalité historique, Jean ne s'arrête jamais au signifiant, mais essaie toujours d'en faire comprendre le sens à ses lecteurs. L'auteur du quatrième Évangile développe ainsi une théologie des signes qui nous fait entrer dans l'interprétation des paroles et des faits de Jésus.

 

À lire

Évangile selon Jean, Éditions Facultés jésuites de Paris, 2018. 30€.

 

Interview Alexia Vidot

 

Deux propositions de lecture du P. Alain

Jean-Pierre Filiu, spécialiste reconnu du monde arabe, avait surtout écrit sur le Moyen-Orient, et notamment la Syrie. En décidant de s'attaquer à la question algérienne, il offre au lecteur l'avantage d'un regard neuf, nourri néanmoins de sa longue expérience des communautés arabo-islamiques.
www.revue-etudes.com

 

 

Samedi 9 mai

Une prière

Marie, femme de l’écoute,

ouvre nos oreilles:

fais que nous sachions écouter la Parole de ton Fils Jésus

entre les mille paroles de ce monde ;

fais que nous sachions écouter la réalité dans laquelle nous vivons,

chaque personne que nous rencontrons,

en particulier celle qui est la plus pauvre, démunie, en difficulté.

 

Marie, femme de la décision,

illumine notre esprit et notre cœur,

pour que nous sachions obéir à la Parole de ton Fils Jésus, sans hésitations ;

donne-nous le courage de la décision,

de ne pas nous laisser entraîner pour que d’autres orientent notre vie.

 

Marie, femme de l’action,

fais que nos mains et nos pieds aillent « en hâte » vers les autres,

pour apporter la charité et l’amour de ton Fils Jésus,

pour apporter, comme toi, dans le monde la lumière de l’Évangile.

 

Pape François

Un article

A Sainte-Anne-d'Auray,

les bougies continuent de briller

 

 

Magali Michel - La Vie

 

À Sainte-Anne-d'Auray, des bougies continuent de briller malgré la fermeture du sanctuaire. Elles sont dédiées aux intentions des pèlerins empêchés d'y entrer.

 

C'est une première dans l'histoire de ce sanctuaire quatre fois centenaire. Jamais de mémoire de Bretons, on n'avait vu l'imposante basilique de Sainte-Anne-d'Auray (Morbihan) déserte, alors que chaque année elle accueille plus de 500 000 visiteurs. Dès sa fermeture au public, le sanctuaire a proposé toutefois un outil providentiel pour permettre à toutes les personnes confinées de faire allumer une bougie à distance. Le site Santa Causa enregistre en ligne les intentions de prière et les commandes de veilleuses.

 

Espérance et consolation

 

Ces requêtes sont immédiatement dépêchées à Gwenaël Maurey, le recteur, seul autorisé à pénétrer dans le sanctuaire (ainsi que deux chapelains qui célèbrent la messe avec lui, lire encadré). Chaque jour, il allume et entretient la flamme des veilleuses et des bougies au pied de la célèbre niche dorée de la sainte ou, quand la demande en est spécifiée, au pied d'autels populaires.« Les commandes de veilleuses arrivent par dizaines. Et cela augmente ces jours-ci », observe Fabrice Letertre, bénévole qui se charge de transmettre les commandes reçues par Internet au recteur.

 

Ainsi, les malades, les familles, les couples en difficulté sont-ils confiés à l'intercession de la mère de Marie. Ce bénévole est émerveillé par « l'intensité des demandes et la foi des croyants qui mettent toute leur espérance en sainte Anne pour les secourir ». Par exemple, des parents confient leur fils urgentiste et sa femme généraliste ; une jeune femme a transmis un message à l'intention de sa mère qui fêtera son anniversaire, sans qu'elle puisse être à ses côtés. « Cette histoire de veilleuses, je trouve ça génial », affirme Enora Despres, paroissienne.

 

« La fermeture du sanctuaire, c'est une blessure. On se sent un peu abandonnés... » Pour elle, c'est une occasion inespérée de continuer à se tenir devant Dieu grâce aux bougies « qui nous représentent... ». Même consolation pour Anne-Lys Breurec, une autre habituée qui n'avait jamais vu le site barricadé. « On ne peut même plus prier devant la basilique depuis le parc. Grâce aux bougies, la prière se poursuit, c'est une super initiative. »

 

Internet, vecteur de la mission

 

Bruno Belliot, secrétaire général du sanctuaire précise que cette chaîne de prière n'a rien de très nouveau : « Au début, j'ai cru à une proposition virtuelle. Puis je me suis souvenu qu'autrefois les chrétiens demandaient à d'autres de faire le pèlerinage en leur nom. La plus célèbre de nos pèlerines fut Anne d'Autriche, qui n'y est jamais venue, mais a adressé présents et émissaires. »

 

Des siècles plus tard, cette démarche lancée sur Internet éclaire le message de ce haut lieu spirituel. Lors des apparitions en 1623, sainte Anne est apparue tenant un flambeau à la main. « Ce cierge, c'est la lumière du Christ, décrypte Gwenaël Maurey. Vous observerez à ce propos que la statue de la sainte sur le clocher de la basilique tient une lumière. Elle nous invite à être, à notre tour, des porteurs de lumière. »

 

À savoir

Pour faire allumer une bougie : santacausa.com/collections/sainte-anne-dauray. Tous les jours, en semaine, une messe privée est concélébrée dans la basilique par le recteur et deux chapelains. Le dimanche, à 11h. Et les cloches sonnent à cette occasion.

 

Vendredi 8 mai

Une prière

Prière à Notre-Dame de Bonsecours

 

 

 

O toi qui, depuis plus de mille ans,

combles de tes faveurs ceux qui t'invoquent

sous le nom de Notre-Dame de Bonsecours,

Marie, nous te prions avec confiance :

protège-nous, protège nos familles, bénis nos proches.

Couvre du manteau de ta miséricorde

tous ceux qui se tournent vers toi.

Toi qui as souffert avec ton Fils Jésus,

entends la plainte des malades et des affligés,

guéris les cœurs blessés, console ceux qui sont seuls,

abandonnés, mal-aimés, maltraités.

Préserve-nous du péché,

garde-nous fidèles à la foi de notre baptême,

conduis-nous à Jésus,

apprends-nous à faire tout ce qu'il nous dit,

donne-nous toujours la lumière de l'espérance

et prie pour nous maintenant

et à l'heure de notre mort.

AMEN

 

Un article

 

 

Rétablir ou sortir ?

 

Les défis de l’Église après la crise

 

 

Tribune-Marie Pelletier, bibliste et théologienne- La Vie

 

Dans le temps qui s'ouvre pour elle après la pandémie de Covid-19, « où le Christ donne-t-il rendez-vous à l’Église ? », s’interroge la théologienne Anne-Marie Pelletier, auteure de l'Église, des femmes avec des hommes (Cerf), dans cette tribune à La Vie.

 

Tandis que s’entrevoit le moment de revenir à la vie normale, avec de multiples et très nécessaires prudences, l’impatience grandit chez tous, et plus légitimement chez ceux qui vivent ces semaines dans l’inconfort matériel, la solitude ou l’enfer de violences domestiques. Mais voilà qu’après l’héroïque mobilisation contre le virus, il va nous falloir passer à des défis plus gigantesques encore. Comment répondra-t-on aux convulsions à venir ? Nous sommes à la croisée des chemins. On pourra choisir de s’épuiser à colmater les brèches, à conjurer une vulnérabilité que l’on avait cru surmontée, à rétablir et faire durer autrement un ordre dont les plus forts n’avaient pas trop à se plaindre. À moins, si nous trouvons l’énergie pour cela, de nous engager sur la voie radicale, qui bouscule nos habitudes et nos intérêts immédiats, celle d’une transformation de mentalités changeant notre rapport aux autres et à la planète.

 

On tremble de croire à pareil miracle, car cela signifie inverser la tendance lourde de ces dernières années, qui ont vu monter inexorablement des nationalismes arrogants, des exclusions xénophobes, des égoïsmes institutionnalisés se réclamant éventuellement du christianisme. Toutes choses qui font désespérer de la conversion à la fraternité qui est condition de l’avenir de la planète. Mais l’abnégation s’est aussi multipliée depuis le commencement de la crise avec une générosité sans limite. Preuve que nos sociétés méchamment individualistes gardent de belles réserves d’humanité. Face aux pessimismes ambiants, il est essentiel de mettre en valeur ces ressources d’altruisme, qui forment les couches profondes du tissu sociétal. Et ce pourrait être tout particulièrement une tâche pour les chrétiens, au milieu de tous, que d’en porter témoignage.

 

Parmi ces derniers, les catholiques sont eux aussi à la croisée des chemins. En solidarité avec tous, mais aussi de manière singulière, parce qu’ils sont plus que jamais aux prises avec l’avenir de l’institution ecclésiale. Dans l’instant, malheureusement, on les croirait plutôt voués à jouer seulement la partition de l’impatience spirituelle, d’un irrépressible besoin sacramentel, à faire valoir des droits liturgiques imprescriptibles, qui les mettraient au-dessus des autres citoyens. Il va pourtant bien falloir, là aussi, surmonter quelques vieux réflexes.

 

Où le Christ donne-t-il rendez-vous à l’Église ? Certes, celle-ci existe d’être convoquée par lui, rassemblée pour une suite dont il est la Tête. Mais quels sont au juste les lieux de la convocation ? Seulement nos églises et nos confessionnaux, de sorte qu’il s’agirait avant tout de « rétablir le culte » et de retrouver la chaleur fraternelle d'un entre-soi de plus en plus confidentiel, qui fait de moins en moins sens pour le monde ambiant ? Car enfin, ce n’est pas simplement d’aujourd’hui que nos églises sont vides. Dans les temps ordinaires, on ne va pratiquement plus à la messe et on se passe de plus en plus des honneurs, pourtant si puissamment humanisants, des obsèques chrétiennes.

 

Il reste que – l’Évangile en témoigne – le Christ est présent au monde de l’ailleurs. Il n’est d’intimité chrétienne avec lui que pour l’entendre désigner ces frères de l’extérieur, qu’il s’agit de servir pour aimer Dieu. Lui-même n’aura cessé de « sortir » pour se retrouver au milieu d’une humanité peu préoccupée d’observance, peu en règle avec la morale, plutôt méprisée de ceux qui font profession d’être fidèles à la loi de Dieu. C’est bien la raison pour laquelle le pape François exhorte inlassablement les chrétiens, depuis le début de son pontificat, à être « Église en sortie ». Non pas pour délaisser le fondement de l’intimité sacramentelle avec le Christ mais pour, à partir de celle-ci, franchir nos enclos sacrés, libérer la Présence réelle des confinements de nos piétés, vivre la fraternité avec sa profondeur mystique qu’enseigne l’Évangile. Et pour, tout simplement aussi, laisser entrer largement dans l’institution le grand vent de la liberté spirituelle, capable de faire advenir de la nouveauté, d’insuffler une nouvelle énergie à l’ensemble du corps ecclésial.

 

Va-t-on être attentif à sortir d’une sempiternelle hiérarchie, qui sous-dimensionne de façon invétérée les ministères quand ils concernent des femmes ?

 

À ce titre, un petit événement récent dans l’actualité de l’Église catholique pourrait avoir valeur de test. On sait qu’il y a quelques semaines, le pape François a nommé une commission destinée à prendre le relais d’un groupe précédent qui avait travaillé sur la possibilité d’une institution d’un diaconat féminin. Cette question est typiquement en appel d’une logique de sortie, au sens où il s’agit bien d’accueillir les réalités présentes et des urgences de la vie de l’Église.

Là aussi, le risque serait bien de se précipiter sur une problématique du « rétablir ». Réinstituer, en l’état, une disposition du passé, dans l’assurance désormais qu’un diaconat féminin a existé au fil de plusieurs siècles. Comme si la tradition devait être comprise au sens étriqué d’une norme immobile, sans égard pour le dynamisme de la vie dont l’Église s’engendre à chaque époque.

 

Raisonner dans ces termes serait, en l’occurrence, contourner quelques fortes réalités qui ont émergé au cours du synode sur l’Amazonie, qui a justement relancé cette question. Ainsi, celui-ci fut l’occasion d’un constat qui devrait donner à penser. Il existe sur ces terres des communautés qui ont pu subsister pendant des décennies sans la présence de prêtres. Quelles furent donc les ressources de cette fidélité ? Querida Amazonia prend acte explicitement du rôle joué par les femmes, qui ont su être des « leaders de communauté » entretenant la foi. L’écoute assidue de l’Écriture se révèle de même être une forme essentielle de « présence réelle », qui a fait vivre cette Église.

 

De même encore, la question d’un diaconat féminin devrait soulever une question de méthode essentielle. Peut-on se contenter d’une problématique d’experts scrutant des contraintes théologiques et canoniques ? Ne doit-on pas prendre pour point de départ la réalité du terrain, ce qui se vit dans les communautés chrétiennes, les engagements qui y sont vécus, les besoins qui s’y font jour ? En ce sens, il serait évidemment capital que l’on continue à écouter les femmes de l’Amérique latine, en ne s’en tenant pas à l’entre soi de théologiennes et théologiens d’Europe. De même encore, il importerait fort de se saisir du problème en l’inscrivant dans celui, global, de la ministérialité dans l’Église et de la relation entre sacerdoce baptismal et sacerdoce presbytéral. Enfin, va-t-on être attentif à sortir d’une sempiternelle hiérarchie, qui sous-dimensionne de façon invétérée les ministères quand ils concernent des femmes ? Là se joue certainement tout le poids symbolique attaché à cette question, dans un moment de notre culture qui accède enfin à la dénonciation des inégalités entre hommes et femmes.

 

En tout cela, il s’agit bien de « sortir » de réflexes sclérosants, qui brident l’élan de l’Esprit dans l’Église. Il s’agit de vivre en avant, en sachant que ce n’est pas trahir, mais servir la tradition. Vivre la foi et penser l’avenir de l’Église sur ce mode mettrait ainsi les catholiques au cœur du grand effort de nos sociétés pour réinventer l’avenir, repousser la tentation de croire que nous serions voués à la décadence, en un mot, contribuer à refonder la confiance.

Jeudi 7 mai

Une prière

Prière à Notre-Dame de Bonsecours

 

Notre-Dame de Bonsecours,

nous venons à toi parce que tu es notre mère,

C’est Jésus, ton Fils, qui nous l’assure.

Nous venons avec toi louer et remercier le Seigneur.

 

Toi qui as accouru auprès d’Elisabeth avec amour,

Conduis-nous auprès des autres.

Toi qui as appris à Jésus à prier, montre-le nous aussi.

 

Toi qui as intercédé à Cana,

Apprends-nous à faire tout ce que Jésus nous dit.

Toi qui as souffert avec ton Fils, sois avec nous en tout temps.

 

Toi qui fus présente avec les apôtres à la Pentecôte,

Reste toujours des nôtres en Eglise.

Toi, mère de Dieu, modèle de la foi et de la charité,

Guide-nous vers ton Fils.

 

Toi, Notre-Dame du « oui »,

ouvre nos cœurs au Souffle de l’Esprit,

Toi que personne n’a jamais prié en vain, sois remerciée.

 

Notre-Dame de Bonsecours, nous t’en prions,

Obtiens-nous une foi fidèle, une espérance rayonnante et un amour vrai. Amen

Un article

“Les chrétiens se retrouvent unis

dans un même dépouillement“

 

Dominique Caudal - La Vie

 

Et si la privation d’assemblées chrétiennes, au-delà du manque qu’elle provoque, était l’occasion d’une communion œcuménique nouvelle ? Par Dominique Caudal, protestante, auteure de Pour que tous soient un. Quand l’Esprit saint fait tomber les murs de nos Églises chrétiennes (Première Partie).

 

Depuis le début du confinement, les fidèles de toutes les religions sont bousculés : les célébrations des fêtes se font dans la solitude ou un groupe familial restreint : Pâque juive, Pâques chrétienne ; le carême et la semaine sainte ont été vécus dans une nouvelle forme de jeûne. Le ramadan musulman se vit aussi dans les mêmes exigences difficiles.

 

Lors des messes retransmises sur Internet ou à la télévision, beaucoup de catholiques de France souffrent d’être privés de communion fraternelle et matérielle ; nos sens continuent leur jeûne, comme si le carême n’avait pas de fin. Une sobriété malheureuse semble nous être imposée, sans l’avoir choisie. Avant tout, la vie sacramentelle manque cruellement, eucharistique en premier lieu. Le père Marc Vacher (curé de Montrouge, dans les Hauts-de-Seine) souligne dans La Croix du 22 avril avoir l’impression d’une Église, Corps du Christ, « sacramentellement disloquée ». Ces mots très forts laissent mesurer un peu de la souffrance de ces prêtres et de nombreux fidèles.

 

Pour moi qui suis protestante (de l’Église protestante unie), et dont le mari est catholique, cette souffrance est perçue, je crois, en profondeur, et cela depuis bien longtemps : le protestant ne peut pas communier chez les catholiques, et inversement. Il en est de même quand il s’agit d’un couple mixte orthodoxe/catholique ou orthodoxe/protestant. D’habitude, il n’y a donc que l’un des membres du Corps qui souffre, et avant tout bien sûr notre Père, devant la division et l’indifférence de ses enfants.

 

Tout en communiant à la souffrance provoquée par cette nouvelle situation, je la vis comme une grâce de communion unique. Pour la première fois, pendant plusieurs semaines de suite, les chrétiens de toutes confessions se retrouvent, sans l’avoir voulu, unis dans un même dépouillement, dans une pauvreté comparable. Mais actuellement, nous vivons ensemble comme une convergence dans ces manques, qui creusent notre faim, notre soif, notre désir. Ils invitent à la profondeur : les textes résonnent plus fort, l’Écriture est plus percutante, la prédication est attendue comme une nourriture vivante, une Parole qui se fait chair et sacrement. Christ est présent. Il nous est donné aujourd’hui de venir ensemble aux pieds de notre unique Seigneur, Père, Fils et saint Esprit. Comme dans la parabole du fils perdu et retrouvé, la porte de la maison est ouverte et le Père est sorti, pour le cadet, puis pour l’ainé. Il les invite tous les deux à la table de son festin de joie.

 

La souffrance de la « dislocation » n’est pas supprimée, mais elle est en ce moment partagée par tous, catholiques, orthodoxes et protestants. Nul n’est exclu du manque qui nous rassemble tous dans l’attente d’une Communion redonnée sans déchirure, sans division du Corps du Christ.

 

Il nous est proposé d’expérimenter ensemble, et d’élargir peut-être le sens de notre souffrance : oui, le Corps du Christ est disloqué, déchiré et cette séparation perdure depuis des siècles. Nous nous y sommes habitués, et beaucoup la tolèrent ou l’ignorent. L’abbé Paul Couturier a pourtant prié pour que « l’Esprit saint nous fasse éprouver la souffrance de la séparation », il y a bien des décennies déjà. Se pourrait-il qu’il y ait ici comme une forme d’exaucement à sa prière ? Serait-il possible aussi d’y discerner la déchirure du cœur d’un Père devant l’indifférence de ses enfants divisés ?

 

La sobriété imposée par le confinement aux Églises séparées pourrait-elle se dresser comme une arme contre nos divisions, nos richesses et orgueils ecclésiaux hérités et actuels ? Sainte Claire disait que la pauvreté était une haute muraille protégeant ses monastères. À sa suite, sainte Thérèse d’Avila, réformatrice du Carmel, précisait que cette pauvreté, et l’humilité concernaient non seulement le matériel, mais toute l’attitude, les paroles, les pensées ; nous pourrions ajouter les jugements sans doute aussi ; « heureux les simples de cœur »…

 

Nos Églises confessionnelles, dans la richesse maintenue de leur diversité, pourraient-elles être ces monastères entourés de murailles d’humilité ? Non pour nous refermer et nous dresser les uns contre les autres, mais sortir et servir ensemble nos frères et sœurs dans le monde, à l’image et à l’exemple du premier des serviteurs : Jésus-Christ.

 

Qu’aurons-nous appris de ces deux mois de mise à l’écart ? Allons-nous reprendre la vie comme avant ? Comme pour nos économies, nos sociétés, la question se pose aussi à nos Églises, membres encore trop disloqués d’un seul Corps. Allons-nous apprendre à marcher sans boiter ?

 

Une initiative pleine d’espérance vient de nous être proposée pour les semaines à venir avant la Pentecôte*. Le but est de célébrer cette fête ensemble, chrétiens francophones de différentes confessions. Pour s’y préparer, un temps de prière et de formation sera donné chaque lundi soir par des intervenants catholiques et protestants, parmi lesquels, le père Raniero Cantalemessa, prédicateur de la Maison pontificale, et Mgr David Macaire, archevêque de Martinique.

 

Dominique Caudal est docteure en théologie. Elle est protestante de l’Église protestante unie de France et mariée avec un catholique. Auteure du livre Pour que tous soient un. Quand l’Esprit saint fait tomber les murs de nos Églises chrétiennes (Première Partie), elle donne régulièrement des conférences et formations sur l’unité des chrétiens.

 

*Initiative avant la Pentecôte : 5 conférences –enseignements les 4, 11, 18, 25 mai et 1er juin.

Site : youtube.com/unis-en-christ

Mercredi 6 mai

Une prière

Dans la lettre du Pape François à tous ses fidèles - mai 2020

 

 

 

O Marie,
tu resplendis toujours sur notre chemin
comme signe de salut et d’espérance.
Nous nous confions à toi, Santé des malades,
qui, auprès de la croix, as été associée à la douleur de Jésus,
en maintenant ta foi ferme.


Toi, Salut du peuple romain,
tu sais de quoi nous avons besoin
et nous sommes certains que tu veilleras
afin que, comme à Cana de Galilée,
puissent revenir la joie et la fête
après ce moment d’épreuve.


Aide-nous, Mère du Divin Amour,
à nous conformer à la volonté du Père
et à faire ce que nous dira Jésus,
qui a pris sur lui nos souffrances
et s’est chargé de nos douleurs
pour nous conduire, à travers la croix,
à la joie de la résurrection. Amen.


Sous Ta protection nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.
N’ignore pas nos supplications, nous qui sommes dans l’épreuve,
et libère-nous de tout danger, O Vierge glorieuse et bénie.

Un article

Reprise des messes :

 

l’Église retient (encore) son souffle

 

Marie-Lucile Kubacki - La Vie

 

 

Espéré dès le « déconfinement » du 11 mai, le retour à une vie religieuse communautaire devra encore attendre. Une attente qui n’est pas sans créer tensions et questions dans le monde catholique.Pascal Deloche / GodongPascal Deloche / Godong

 

Pas de reprise des célébrations religieuses avant le 2 juin, a tranché Édouard Philippe lors de la présentation de son plan de déconfinement, mardi 28 avril, devant l’Assemblée nationale. Et ce, contre l’avis des évêques qui souhaitaient que la vie ecclésiale puisse reprendre au même rythme que la vie scolaire, sociale et économique de notre pays à partir du 11 mai 2020. D’ici cette échéance du 2 juin, donc, les églises resteront ouvertes, et les funérailles célébrées en comité restreint. Mais il ne pourra y avoir de messe en assemblée pour la Pentecôte. Pour mémoire, en France, les messes ne sont plus célébrées de façon communautaire depuis la mi-mars, et leur reprise fait l’objet de débats animés depuis quelques jours. L’annonce ne devrait pas manquer de susciter de nouveau des remous.

 

Retour sur les grandes étapes du débat. Le 21 avril, Emmanuel Macron, en présence du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, s’entretenait – en visioconférence – avec les représentants des cultes et les associations laïques à propos de la réouverture des lieux de culte à l’issue du confinement. Lors de cet entretien, le président de la République s’était montré prudent, évoquant une reprise des cultes « deux ou trois semaines » après le 11 mai, voire à la mi-juin. Soit environ un mois après ce qu’auraient voulu les évêques : pouvoir à nouveau célébrer la messe dès le premier dimanche après la sortie du confinement, le 17 mai. La veille, ces derniers avaient remis une liste de propositions à Matignon, dans le cadre de l’élaboration du plan de déconfinement d'Édouard Philippe, en proposant des modalités afin de rendre rapidement possible cette reprise, dans de bonnes conditions de sécurité.

 

Je ne vois aucune raison pour que les écoles accueillent des élèves à partir

du 11 mai et que les églises ne puissent pas accueillir des fidèles.

– Mgr Matthieu Rougé

 

Le 24 avril, le président de la CEF, Éric de Moulins Beaufort, à l’issue d’une assemblée plénière par visioconférence – une grande première ! – saluait ainsi « la qualité du dialogue engagé tant avec le président de la République qu’avec le gouvernement », dans son communiqué, tout en se montrant ferme quant à la volonté d’une reprise rapide : « Les évêques de France redisent combien il leur semble essentiel que la vie ecclésiale puisse retrouver son caractère pleinement communautaire au même rythme que la vie scolaire, sociale et économique de notre pays à partir du 11 mai 2020. » Puis la tension était montée d’un cran. Le 23 avril, Le Figaro faisait état de l’incompréhension de certains évêques, à l’instar de Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, qui déclarait : « Je ne vois aucune raison pour que les écoles accueillent des élèves à partir du 11 mai et que les églises ne puissent pas accueillir des fidèles à partir de cette même date avec les précautions nécessaires. » Une incompréhension partagée, du reste, par un certain nombre de fidèles. Mais aussi de prêtres. Le 24 avril, 130 d’entre eux demandaient à pouvoir reprendre leur service dès le déconfinement dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron.

 

Une reprise raisonnée des célébrations est possible, ainsi que l'a montré le dominicain Olivier de Saint-Martin dans La Vie. Distanciation physique, multiplication des messes, plan de circulation dans l’église, mise en place de normes (pas de baiser de paix, communion dans la main), renforcement des équipes de ménage, annonces finales pour mettre en valeur des lieux de soutien : « Ces mesures peuvent parfaitement être en place pour le dimanche 17 mai », expliquait-il. « Elles garantissent une sécurité sanitaire bien au-delà de ce que nous trouverons dans la plupart des lieux où nous serons amenés à nous côtoyer dans les prochains mois. Nous sommes prêts, force de proposition. Les entreprises, les transports en commun, les établissements scolaires ainsi que la plupart des commerces seront fonctionnels. Nous sommes prêts à l’être avec les mêmes normes. »

 

Nous ne serons pas épargnés par la crise dans nos rangs, loin de là.

Nous allons devoir devenir des pauvres qui aideront des plus pauvres encore.

– Natalia Trouiller

 

Par ailleurs, la question de la reprise des cultes ne se « limite » pas à la célébration des messes. Et la faim eucharistique des catholiques qui attendent de pouvoir communier doit mobiliser sur la faim des déclassés du Covid-19, qui n’ont plus les moyens de remplir leur réfrigérateur. « Nos paroisses sont-elles prêtes à l’afflux de misère qui va déferler ? », s’interroge aussi la journaliste et essayiste Natalia Trouiller, auteure l’an dernier du manifeste Sortir ! (Première Partie). « À l’approche de la Pentecôte, écrit-elle, c’est une véritable conversion qui nous est demandée. Nous ne serons pas épargnés par la crise dans nos rangs, loin de là. Nous allons devoir devenir des pauvres qui aideront des plus pauvres encore. Préparons-nous. Et soyons conscients de ceci : si les hordes de la misère ne viennent pas déferler dans nos églises, c’est que, dans le cœur du pauvre, l’église paroissiale n’est plus un lieu pour lui depuis longtemps, mais l’annexe d’un club pour riches. Que Dieu nous préserve de cette effroyable tranquillité. »

 

Les pauvres sont également au cœur de la réflexion de Pierre Téqui, attaché de conservation, qui invite à mettre l’art – et notamment les œuvres présentes à l’intérieur des églises – au service de la miséricorde. « Oui, nos églises doivent accueillir toutes ces personnes frappées par la précarité qui taperont à la porte, écrit-il. Oui, nous dresserons des barnums en aluminium devant des portails gothiques et nous installerons des tables pour distribuer des sacs contenant des colis alimentaires. Mais, alors que les musées vont sans doute tarder à rouvrir, il ne faudra pas oublier combien nos églises sont belles et combien les œuvres d’art qu’elles renferment le sont également. » Et d’ajouter : « Au cœur de la réinvention de nos paroisses, au cœur de leurs projets pastoraux, il importera sans doute, demain, et plus que jamais alors que la crise arrive, de montrer combien l’œuvre d’art peut être centrale, chère au cœur des diocèses, importante pour l’Église et nécessaire au quotidien des paroisses. Il faudra imaginer des façons nouvelles de la mettre au service de l’évangélisation, imaginer comment en faire des instruments au service de toutes les personnes que la crise va exclure et qui, privées de tout, auront soif et besoin de nos oasis de beauté. »

 

Je ne peux m’empêcher de me demander si le temps des églises vides et fermées n’est pas une sorte de vision (...) c’est à cela que pourrait ressembler dans quelques années une grande partie de notre monde.

– Tomás Halík

 

Au-delà du questionnement sur la réouverture, ce temps de désert est aussi l’occasion de s’interroger à long-terme, sur le signe renvoyé par ces églises fermées. Et le débat ne se limite pas à la France. « Je ne peux m’empêcher de me demander si le temps des églises vides et fermées n’est pas une sorte de vision nous mettant en garde contre ce qui pourrait se passer dans un avenir assez proche : c’est à cela que pourrait ressembler dans quelques années une grande partie de notre monde », écrit Tomás Halík, le grand intellectuel tchèque, dans une tribune dont La Vie publie la traduction française. « Nous pouvons, bien sûr, accepter ces églises vides et silencieuses comme une simple mesure temporaire bientôt oubliée. Mais nous pouvons aussi l’accueillir comme un kairos – un moment opportun “pour aller en eau plus profonde” dans un monde qui se transforme radicalement sous nos yeux. » En Italie, comme en France, la conférence épiscopale aurait souhaité une reprise dès la sortie du confinement. Juste après la présentation du plan de déconfinement dans la péninsule par le gouvernement, les évêques ont dénoncé une atteinte à la liberté de culte, devant le maintien de l’interdiction des messes après le 4 mai – date de début de sortie du confinement en Italie.

 

Le pape François a, quant à lui, semblé vouloir calmer le jeu et appeler à la patience. Au matin de ce mardi 28 avril, il a prié pour que chacun reçoive, en ce temps de « dispositions de sortie de quarantaine », « la grâce de la prudence et de l’obéissance aux dispositions, afin que la pandémie ne revienne pas ». Malgré la Pentecôte, donc, les chrétiens devront rester encore un peu au Cénacle.

 

Mardi 5 mai

Une prière

 

Marie, apprends-nous à prier

 

 

 

Lorsque nous te prions,

tu nous invites à nous tourner vers Dieu,

et à le prier comme toi tu l’as prié.

 

Tu étais toute écoute…

Alors tu as pu dire «oui» à la volonté de Dieu.

Avec toi nous voulons écouter Dieu nous parler.

Donne-nous ta foi pour répondre :

«qu’il me soit fait selon ta Parole !»

 

 

 

Tu étais toute joie….

Alors tu as pu chanter les merveilles de Dieu

pour toi et pour ton peuple.

Avec toi nous voulons nous réjouir.

Donne-nous ton espérance

pour découvrir déjà les humbles élevés,

les puissants renversés, les affamés comblés,

et les riches démunis.

 

Tu étais toute prévenance…

Alors tu as pu te tourner vers ton Fils.

Avec toi nous voulons lui parler de nos frères.

Donne-nous ton amour pour lui confier :

« ils n’ont plus de….»

 

Tu étais toute douleur…

Alors tu as pu être là au pied de la croix.

Avec toi nous voulons nous tenir debout.

Donne-nous ta compassion pour être là

près de ceux qui souffrent.

 

Tu étais toute attente…

Alors tu as pu, avec les douze,

accueillir l’Esprit.

Avec toi nous voulons

laisser cet Esprit

nous envahir.

 

Donne-nous ton sens de l’Église

pour oser sortir à la rencontre de nos frères humains.

 

Père Gérard NASLIN

 

 

Notre société matérialiste athée est un affront permanent à la tempérance

Interview Alexia Vidot - La Vie

 

Passionnée par les mythes et les auteurs mystiques, l'écrivaine et ancienne productrice d'émissions à France Culture nous parle de la tempérance, cette vertu qui est une voie de libération intérieure. Une invitation à la pratiquer sans modération.

 

En quoi le confinement est-il propice à entretenir le « Jardin des vertus » auquel vous avez consacré un essai ?

 

 

Jacqueline Kelen. PHOTOS MAURICE ROUGEMONT/ OPALE/LEEMAGE

 

 

Le fait que nous soyons tenus à l'intérieur - confinés, autrement dit - nous invite, nous oblige même, à explorer nos ressources profondes et véritables : qu'est-ce qui tient dans la tempête ? Sur quel roc ai-je bâti ma maison ? À quel axe puis-je me référer ? En quel centre puis-je trouver un abri ? L'éphémère, l'inutile, le factice... tout cela est balayé par le vent, et nous sommes presque acculés à revenir à l'essentiel, à compter sur les biens qui ne s'achètent pas. Ces matériaux immatériels, d'ordre intellectuel et spirituel, ces forces vives qui consolident notre demeure intérieure et nous structurent, ce sont justement les vertus. En m'inspirant de la formule d'Alexandre Soljenitsyne à laquelle je reviens toujours, je dirais que si nous voulons sortir du confinement (lui parle de « vie ») plus grands que nous y sommes entrés, nous devrions oeuvrer à notre croissance intérieure en prenant résolument ce chemin des vertus. Sans doute n'est-ce pas très plaisant, sans doute est-ce radical et exigeant, mais la folie serait de fuir ce travail dans le divertissement.

 

L'homme moderne en convient volontiers : les vertus n'ont rien de « plaisant »...

 

Le terme même est en effet insupportable à notre époque relativiste qui le juge désuet, voire obsolète, et pourtant, la pratique des vertus est ce qui permet à l'homme naturel et charnel de devenir un être moral, et donc humain. De s'élever au-dessus du commun des mortels, de recouvrer sa splendeur originelle, en faisant usage de son intelligence, de sa liberté et de sa volonté. L'exercice de cette dernière est capital, et nous ne l'oublions que trop aujourd'hui où l'on parle beaucoup et mal de lâcher-prise, de laisser-faire, d'abandon... J'insiste : il n'y a pas de vie proprement humaine, et a fortiori spirituelle, sans vie morale et celle-ci exige un engagement de chaque instant et jusqu'au bout et de tout l'être.

 

Mais n'est-il pas vain de compter sur nos seules forces humaines, n'est-il pas néfaste de rechercher la sainteté à la force du poignet ?

 

À la « divine splendeur de la vertu » dont parle Plotin, les chrétiens adjoignent en effet la grâce divine sans laquelle rien n'est possible. Aux quatre vertus morales de la philosophie grecque (force, justice, prudence et tempérance), la doctrine chrétienne ajoute les trois vertus théologales de foi, d'espérance et de charité. Oui, nous devons demander l'aide de Dieu, supplier l'Esprit saint de venir au secours de notre faiblesse - nous le savons bien : « L'esprit est ardent, mais la chair est faible » (Matthieu 26, 41). « Seigneur Jésus, garde-moi du tumulte des pensées et du débordement des passions », pouvons-nous prier avec d'Isaac le Syrien, mystique du VIIe siècle - c'est une prière de tempérance. Mais nous devons aussi nous « évertuer » le plus possible - là est notre responsabilité personnelle, la part du travail que Dieu attend de nous. Et il n'est pas sans combat ! Le grand malheur de notre époque doucereuse est de penser uniquement à se faire du bien, alors que l'honneur, la grandeur de l'homme est de faire fructifier les vertus qui édifient l'être moral. Toute la question est là : avons-nous soif de devenir meilleurs ?

 

Les vertus sont liées les unes aux autres, elles se nourrissent mutuellement, mais laquelle, selon vous, s'avère cruciale actuellement ?

 

Des quatre vertus cardinales que la philosophie grecque a léguées au christianisme, la tempérance est, je crois, la plus importante. Car l'intempérance, son contraire, rassemble tous les péchés capitaux autour d'une sinistre trinité : le pouvoir, le profit et le plaisir. C'est l'hubris des Grecs, l'excès en toutes choses, qui entraîne ambition, exploitation, mépris de tout ce qui n'est pas soi. La vertu de tempérance vient s'attaquer au bastion du « moi d'abord », arrogant et tout-puissant, qui dévore le monde et ses créatures. Elle exige que l'on fasse taire son ego, que l'on renonce à sa volonté de puissance, que l'on jugule l'avidité inhérente au moi primaire, que l'on maîtrise, réfrène, gouverne ses instincts, ses pulsions et ses passions dévorantes. La tempérance n'est pas la tiédeur ou le vivre à petit feu, mais la juste mesure, la modération et la modestie, l'effacement de soi et la discrétion. Parce que la vertu, qui est individuelle, déborde et rayonne sur l'entourage, l'homme tempérant distille autour de lui la douceur, une certaine sérénité et une belle harmonie - combien en avons-nous besoin en cette période de confinement !

 

L’homme tempérant distille autour de lui la douceur, une certaine sérénité et une belle harmonie – combien en avons-nous besoin en cette période de confinement !

 

La crise actuelle pointerait-elle du doigt l'intempérance comme vice principal de notre société de consommation ?

 

Je crois en effet que notre société matérialiste athée est un affront permanent à la tempérance. Et pour preuve : elle a en horreur des mots comme « limitation », « restriction », « renoncement », « contrainte » ou « austérité ». Elle leur préfère le « toujours plus ». Toujours plus d'argent, de revendications, de gadgets et de nourriture, de bruits et de rumeurs, d'images et d'informations, de voyages et de loisirs, de nouvelles techniques et de possibles, etc. Sa finalité, c'est l'homme-dieu. Rien au-dessus ni après. Et le transhumanisme signe l'extrême de cette démesure. Mais soudain, notre société intempérante qui s'était mise à la place Dieu se retrouve démunie et désarmée face à une épreuve qui la dépasse ; ses faibles moyens ne font pas le poids et révèlent leur incroyable vanité. Un minuscule virus grippe la machine et nous voilà contraints à nous restreindre, à nous limiter, à nous désencombrer. Quelle ironie ! Mais quelle espérance aussi, car peut-être allons-nous découvrir notre profonde liberté intérieure.

 

Qu'est-ce que ce « désencombrement » auquel nous sommes forcés, mais que nous pourrions saisir comme une grâce ?

 

C'est la grande question de la tempérance posée par tous les philosophes de l'Antiquité et reprise par les moines : non pas « Qu'est-ce qui me manque pour être heureux ? », mais « De quoi puis-je me passer ? » Alors on se découvre terriblement encombré... Cela implique aussi de savoir se contenter. Il ne s'agit pas de se résigner ni de pleurer en enviant autrui qui aurait plus ou moins ou mieux que soi (gare au démon de la comparaison si présent dans nos démocraties égalitaristes), mais de faire fructifier au mieux les talents reçus à la naissance - de Dieu, des parents, de la génétique, etc. Comme le tout-petit qui joue avec ce qu'il a à portée de main, un ruban ou un caillou, l'on a à demander : « Que puis-je tirer de ceci et de cela pour me sustenter et avancer ? » Cette vertu de simplicité vécue dans un esprit d'enfance procure une joyeuse légèreté !

 

Est-ce la sobriété heureuse prônée par le pape François dans son encyclique Laudato si' ?

 

Je ne dis pas heureuse... Car la sobriété est magnifique, mais elle est terriblement exigeante ! Par exemple, actuellement, il est plus agréable de vivre dans une maison avec jardin que dans un studio en ville, c'est évident. Ne nous y trompons pas : s'élever au-dessus des contingences terrestres coûte tout. Mais à la clé, il y a la joie de savourer cette folle liberté intérieure.

 

En quoi la tempérance est-elle une voie de libération intérieure ?

 

Les philosophes grecs et les mystiques chrétiens ne prônent pas la frugalité, la sobriété, le renoncement ou le détachement comme des moyens de « se faire du mal » ou de se mortifier au mauvais sens du terme. Non, ces disciplines permettent à celui qui s'y attelle de s'affranchir peu à peu des contingences matérielles, des conditionnements de l'existence, des attraits et attachements terrestres, pour gagner toujours plus en liberté. Tel est le sens, si difficilement compréhensible de nos jours, de la pauvreté intérieure, cette première béatitude chantée par le Christ. Le pauvre en esprit, c'est l'homme tempérant, ni avide ni arrogant, mais libre et léger qui, n'étant asservi à rien, peut se livrer à l'essentiel, à l'impérissable, aux joies profondes. Il est le Loup de la fable de La Fontaine qui rétorque au Chien, gras mais pelé au cou parce qu'attaché : je préfère vivre libre ! Il vit ce que saint Paul écrit aux Colossiens : « Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut (...). Songez aux choses d'en haut, non à celles de la terre » (3, 1-2). Nul mépris du monde, mais quête fervente de l'indestructible.

 

La liberté est donc un fruit de la tempérance. Mais en est-elle aussi une condition ?

 

Qu'on se le dise : c'est l'individu qui crée ses propres chaînes et c'est lui aussi qui peut s'en affranchir. Prenons donc conscience de notre merveilleuse liberté ! Le pouvoir de la publicité marchande, par exemple, est puissant, mais parce que je suis d'abord un être de volonté, doté d'une conscience morale, je suis libre de ne pas céder à ses injonctions et à ses multiples sollicitations. Je suis libre de dire non. Et lorsque je suis en proie à la tentation, je dois me poser une question, celle qui résume toute la réflexion morale : est-ce digne de moi ? Encore faut-il, il est vrai, avoir le sens de sa dignité... J'ai appris qu'un site à contenu pornographique s'était empressé, sitôt le confinement décrété, de proposer une offre gratuite. Je ne juge pas ceux qui regardent ce genre de choses, mais la démarche qui sous-tend cette proposition est lamentable, qui consiste à flatter le plus bas de l'homme, à l'enfermer dans son addiction (ainsi appelle-t-on actuellement l'intempérance).

 

Pensez-vous que la société de l'après-coronavirus sera plus tempérante ?

 

Comme après toute épreuve, personnelle ou communautaire, beaucoup vont se dire : « J'ai sauvé ma peau, c'est l'essentiel, alors continuons comme avant » - et l'on assistera à un phénomène de compensation avide. D'autres, ce « petit reste » dont parlent les prophètes et l'Apocalypse, se diront au contraire : « Sauver mon âme est ce qui compte, alors soyons sobres et dignes. » Mais malheureusement, tant que l'argent mènera le monde, tous les virus n'y feront rien... Charles Péguy a vu si juste, lui qui écrivait en 1914, dans Note conjointe : « De là est venue cette immense prostitution du monde moderne. Elle ne vient pas de la luxure. Elle n'en est pas digne. Elle vient de l'argent. »

 

 

 

Lundi 4 mai

Une prière

Marie, Mère de Dieu

 

 

 

Vers toi je lève les yeux,

Sainte Mère de Dieu ;

car je voudrais faire de ma maison

une maison où Jésus vienne, selon sa promesse,

quand plusieurs se réunissent en son nom.

Tu as accueilli le message de l’ange

comme un message venant de Dieu,

et tu as reçu, en raison de ta foi,

l’incomparable grâce d’accueillir en toi Dieu lui-même.

Tu as ouvert aux bergers puis aux mages

la porte de ta maison, sans que nul ne se sente gêné

par sa pauvreté ou sa richesse.

 

Sois Celle qui chez moi reçoit.

Afin que ceux qui ont besoin

d’être réconfortés le soient ;

ceux qui ont le désir de rendre grâce

puissent le faire ;

ceux qui cherchent la paix la trouvent.

Et que chacun reparte vers sa propre maison

avec la joie d’avoir rencontré Jésus lui-même,

Lui, le chemin, la vérité, la vie.

 

Père Joseph Eyquem, dominicain

 

Prière à la Vierge

 

Rire ...

Face à la crise du coronavirus, l’humour fait de la résistance

 

Marie-Armelle Christien - La Vie

 

 

 

L’image a de quoi faire sourire, même si c’est de l’humour noir : du haut des cieux, Jésus s’adresse aux hommes. « Bon, vu la situation j’ai dû adapter mon programme. Cette année, je ne descends pas vous voir pour Pâques. C’est vous qui montez ! »

 

Face à des sentiments exacerbés : peur de la contamination, détresse devant une situation sanitaire qui s’aggrave, mais aussi fatigue et stress lié à un quotidien bouleversé, l’humour fait de la résistance. Conflits entre frères et sœurs, parents au bord de la crise de nerfs, heurs et malheurs des nouveaux télétravailleurs, respect -parfois jusqu’à l’absurde- des gestes barrières : la crise du coronavirus, quoique dramatique, est aussi l’occasion de rire.

 

 Réseau d’humour

 

Confinement oblige, le temps passé sur les réseaux sociaux est décuplé – au moins pour les personnes qui ne peuvent plus travailler. Les internautes, y compris les chrétiens, ne se privent pas d’y tourner l’événement en dérision pour faire passer la pilule. 

 

Les « mèmes », ces montages photo ou vidéo humoristiques partagés sur des groupes Facebook qui les compilent, dits « neurchi » (pour chineur) sont les grands champions de cette crise. Sur les « neurchi de coronavirus » (12.000 membres) et « neurchi de confinement » (18.000 membres), groupes Facebook créés pour l’occasion, chacun y va de sa blague, à raison d’une vingtaine de publications par jour. Outre ces deux groupes, des blagues sur le coronavirus et le confinement circulent quotidiennement sur une centaine d’autres groupes ou conversations, publiques et privées.

 

Rire pour résister

 

Mais, pendant que le personnel hospitalier, les forces de l’ordre et des salariés triment sur le front, est-il vraiment bienvenu, coincés chez nous, de rire de la situation ? Oui répondent les spécialistes, pour qui le rire a justement des vertus particulièrement utiles en temps de crise.

 

 «L’être humain ne supporte pas de subir une situation de manière passive, encore moins une situation de souffrance, analyse le Dr Eric Smadja, psychiatre, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris et anthropologue. L’enfant supporte et triomphe des situations douloureuses par un « jeu symbolique ». Une fois adulte, le schéma est le même : en temps de crise, de guerre, de souffrance collective génératrice d’angoisse, de douleur, d’inquiétude, l’homme puise dans ses ressources créatives. Avec l’humour, il essaye de triompher de la situation, en la considérant comme bénigne. Passer de passif à actif est une première victoire, même illusoire, sur la pandémie, poursuit le spécialiste, auteur du livre Le rire dans la collection Que sais-je (PUF).

 

En temps de crise [...], l’homme puise dans ses ressources créatives.

 

Loin d’être une fuite en avant, c’est même « une posture assez courageuse » avance Jean-Michel Ribes, acteur, dramaturge, metteur en scène, réalisateur et scénariste. Plume de l’anthologie Le rire de résistance : de Diogène à Charlie Hebdo (Broché), il le soutient : « le rire est une résistance à toutes les dictatures. Dès qu’il y a un interdit, nous avons besoin de quelque chose qui brise cette injonction. C’est toute la force du trait d’esprit » Pour le comédien, « l’avantage de ce genre d’enfermement dictatorial, c’est qu’il fait jaillir des talents ». A condition toutefois de rester toujours attentif à ne pas nier pour autant la gravité de la situation, notamment vis-à-vis de ceux qui y sont le plus directement exposés. Si une situation est trop traumatisme, selon le Dr Eric Smadja, en rire devient alors impossible.

 

Dieu est humour

 

Pour les chrétiens en prise avec la crise, l’humour dépasse revêt une autre dimension, qui va au-delà de la seule combativité. Pour le père Bruno Delaroche, auteur des Perles du curé, le best-of des blagues cathos (éditions Artège), l’humour a quelque chose à voir avec l’espérance chrétienne.

 

Je suis certain que Jésus, fait homme, a ri, lui aussi. 

 

« Le philosophe Boèce, au VIème siècle, repris ensuite par Rabelais, visait dans le mille lorsqu’il disait que le rire est le propre de l’homme. Je suis certain que Jésus, fait homme, a ri, lui aussi. Sinon il ne serait pas vraiment homme. » . Le prêtre confie qu’il serait d’ailleurs assez partant pour ajouter au credo : « rira bien qui rira le dernier, au Ciel », pour signifier que le paradis sera empli de sourires et de rires. A la suite de Louis de Gonzague, à qui l’on avait demandé « que ferais-tu si la fin des temps devait arriver dans la journée ? », le prêtre estime qu’il faut continuer la récréation, avec confiance et espérance.

 

Article proposé par Martine Renaud

 

Dimanche 3 mai

Un chant à Marie

 

Merci Marie d'avoir dit OUI

 

Paroles  et musique Jean-Claude Gianadda

 

à écouter ....

 

https://www.youtube.com/watch?v=xbbYEKMPL10

 

https://www.youtube.com/watch?v=fVXVh2cnhKw

 

 

 

Icône de  Marie Sainte Mère de Dieu - Yolande Denneulin

 

 

Refrain :          

 

Merci Marie, d'avoir dit "oui" ;
La joie de Dieu est avec nous !
Merci Marie, d'avoir dit "oui" ;
La paix de Dieu habite en nous !

 

1.- Prenons le temps de L'accueillir,
Tout le temps de Le choisir !
Le temps c'est fait pour grandir, Alléluia !
Prenons le temps de L'écouter,
Tout le temps de méditer,
Le temps c'est fait pour aimer, Alléluia !

 

2.- Prenons le temps d'être avec Lui,
     Tout le temps de dire "OUI",
     Le temps c'est fait pour sa vie, Alléluia !
     Prenons le temps de L'annoncer,
     Tout le temps de Le prier
     Le temps c'est fait pour chanter, Alléluia !

3.- Prenons le temps de remercier,
     Tout le temps de nous confier,
     Le temps c'est fait pour veiller, Alléluia !
     Prenons le temps de pardonner,
     Tout le temps de partager,
     Le temps c'est fait pour donner, Alléluia !

Chant proposé pas Émilienne Nivosoa

Une prière

 

Vierge et Mère Marie

 

 

 

« Vierge et Mère Marie,

 

Toi qui, mue par l’Esprit,

as accueilli le Verbe de la vie

dans la profondeur de Ta foi humble,

totalement abandonnée à l’Éternel,

aide-nous à dire notre « oui »

dans l’urgence, plus que jamais pressante,

de faire retentir la Bonne Nouvelle de Jésus.

 

Toi, remplie de la présence du Christ,

Tu as porté la joie à Jean-Baptiste,

le faisant exulter dans le sein de sa mère.

Toi, tressaillant de joie,

Tu as chanté les merveilles du Seigneur.

Toi, qui es restée ferme près de la Croix

avec une foi inébranlable et

a reçu la joyeuse consolation de la Résurrection,

Tu as réuni les disciples dans l’attente de l’Esprit

afin que naisse l’Église évangélisatrice.

 

Obtiens-nous maintenant

une nouvelle ardeur de ressuscités

pour porter à tous l’Évangile de la vie

qui triomphe de la mort.

 

Donne-nous la sainte audace

de chercher de nouvelles voies

pour que parvienne à tous

le don de la beauté qui ne se ternit pas.

 

Toi,

Vierge de l’écoute et de la contemplation,

Mère du bel amour,

Épouse des noces éternelles,

intercède pour l’Église,

dont Tu es l’icône très pure,

afin qu’elle ne s’enferme jamais

et jamais ne s’arrête dans sa passion

pour instaurer le Royaume.

 

Étoile de la nouvelle évangélisation,

aide-nous à rayonner par le témoignage

de la communion, du service,

de la foi ardente et généreuse,

de la justice et de l’amour pour les pauvres,

pour que la joie de l’Évangile

parvienne jusqu’aux confins de la terre

et qu’aucune périphérie ne soit privée de sa lumière.

 

 Mère de l’Évangile vivant,

source de joie pour les petits,

prie pour nous. Amen. Alléluia ! »

 

Pape François

 

Prière proposée par Anne-Lise Streitt

 

Feuille dominicale du dimanche 3 mai 2020
Dimanche 3 mai 2020 - 4ème dim de Pâqu
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Samedi 2 mai

Pourquoi Mai est le mois de Marie ?

Pourquoi le mois de mai est-il appelé mois de Marie ?

 

 

La dédicace d'un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire dont on ne trouve guère l'usage avant le XVIIIème  siècle. Ainsi dix fêtes marquantes du calendrier ont donné une teinte particulière à tous les jours du mois concerné, sauf février et avril

 

Janvier est le mois du Saint Nom de Jésus depuis 1902 ; mars, le mois de Saint Joseph, depuis 1855 ; mai, mois de Marie est le plus ancien et le plus connu des mois consacrés, officiellement depuis 1724 ; juin, le mois du Sacré-Coeur depuis 1873 ; juillet, le mois du Précieux Sang depuis 1850 ; août, le mois du Cœur Immaculé de Marie ; septembre, le mois de Notre Dame des Douleurs depuis 1857 ; octobre, le mois du Rosaire depuis 1868 ; novembre, le mois des Âmes du Purgatoire depuis 1888 ; décembre, le mois de l'Immaculée Conception. Cela fait cinq mois de l'année consacrés à la piété mariale

 

Cette consécration est née à Rome. La promotion du mois de Marie doit beaucoup aux Jésuites. Au XIIIe siècle, le roi de Castille avait déjà associé dans son chant la beauté de Marie et le mois de mai. Au siècle suivant, mai étant le mois des fleurs, un dominicain avait l'habitude de tresser des couronnes pour les offrir à la Vierge le 1er  mai. Au XVIème siècle, St Philippe Néri exhortait les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le mois de mai.

 

Marie n'est pas le terme de la prière, elle en est l'occasion. C'est parce qu'il se termine par la fête de la Visitation, que le mois de mai nous invite à nous rapprocher de Marie pour la prier, la chanter et nous confier à sa médiation. Quand j'étais enfant, nous nous réunissions tous les soirs du mois de mai, à l'église, vers 17h, pour dire le chapelet près d'une statue de la Vierge que nous avions ornée de fleurs.

 

Selon le missel Marial, Marie n'est pas le terme de la prière, elle en est l'occasion. C'est Dieu qui est loué pour le Salut accompli par son Fils, auquel Marie est associée par grâce. La plupart des représentations de Marie sont des Vierges à l'Enfant, car quand nous prions Marie, nous lui disons comme dans le cantique : « Donne-nous ton Fils ».

 

Pour moi, on a amplifié la place de Marie entre Jésus et nous, à partir d’une méditation des noces de Cana : à Cana, elle nous dit « Faites tout ce qu'Il vous dira», nous invitant à imiter son Fils. Réciproquement, beaucoup de «Je vous salue Marie » sont accompagnés d'une intention de prière car nous avons confiance en Marie pour porter nos suppliques au Seigneur. « Marie, prends nos prières, présente-les à Jésus. »

 

Geneviève Gaborieau, de l'équipe diocésaine de la Formation et de la Vie Spirituelle en Vendée

 

Article publié par Emile Hennart - Maison d'Evangile • Publié Vendredi 20 juin 2014 - 12h01 • 60204 visites

 

SITE DU DIOCESE D’ARRAS

 

À l'école de Marie

Méditation de Pierre Duvillaret sur l'évangile de Luc 1, 39-56 : une invitation à découvrir “relation profonde” existant entre Marie et le Mystère de l'eucharistie et une invitation à se mettre “à l’école de Marie, femme eucharistique”.

 

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement…

Quand il s’agit d’accomplir la volonté de Dieu, Marie est toujours prête.
Elle est l’humble servante du Seigneur.
Elle se laisse guider, pousser par l’Esprit.
Et dans ce cas concret, tu es là aussi, Jésus ; tu la pousses à partir.
Tu viens de prendre chair en elle pour le salut de l’humanité.
Tu as hâte d’aller annoncer cette Bonne Nouvelle à ton précurseur
pour le préparer à sa mission en le remplissant de ta grâce.
Fais-nous partager la docilité de Marie,
sa promptitude à adhérer à la volonté divine.

 

Mon âme exalte le Seigneur…

Marie n’est pas bavarde.
Elle ne parle guère dans l’Évangile et c’est toujours très bref.
Il y a pourtant une exception importante, c’est lorsqu’elle s’adresse à Dieu
pour lui chanter sa louange, sa reconnaissance.
Alors, elle prend son temps ; elle n’est pas à court de mots…
Seigneur Jésus, donne-nous de lui ressembler !
Donne-nous de savoir, comme elle, garder dans notre coeur
les événements que nous vivons, les méditer (Lc 2, 19 et 51),
pour y découvrir ta présence, tes appels, ton amour
et te chanter notre reconnaissance, notre confiance.

 

Le Puissant fit pour moi des merveilles…

Avec elle, nous te rendons grâce pour les merveilles dont elle a été comblée,
depuis le premier instant de son existence,
jusqu’à son départ de cette vie vers la plénitude de son être humain,
par son assomption auprès de toi.
Avec elle, nous te rendons grâce aussi
pour les merveilles faites en faveur du monde entier,
plus spécialement en faveur des pauvres, des humbles…

 

Heureuse celle qui a cru…

Voilà la plus belle louange d’Élisabeth à Marie.
C’est sur ce roc solide de sa foi que le Seigneur a fait des merveilles.
Elle a eu la foi dont tu parles, une foi à déplacer les montagnes (Mt 21, 21).
Là encore, Seigneur, donne-nous de lui ressembler.
Consolide notre foi,
pour qu’en tout nous te chantions notre amour.

 

Pierre Duvillaret

 

 

Site CROIRE

Vendredi 1er mai

Tous les brins ou bouquets reçus ...

Merci


Prière à Marie

Marie de chez nous

Je te salue, Marie de chez nous,
femme, ma sœur humaine,
par toi Dieu vient s’établir
dans la demeure terrestre.
Avec toi, la terre des vivants
devient le berceau de Dieu.

 

Je te salue, Marie de chez nous,
femme humble, ma sœur humaine,
par toi Dieu s’éloigne
du ciel de sa grande puissance.
Avec toi, la terre des vivants
devient le trône de Dieu.

Je te salue, Marie de chez nous,
femme de chaque jour, ma sœur humaine,
par toi Dieu vient chercher
les oubliés de tous les jours
pour les asseoir à ses côtés
tout contre sa joue.

 

Avec toi la terre quotidienne
devient l’espace et le temps
de Dieu Serviteur des vivants.
Je te salue, Marie de chez nous !

 

 

Charles Singer (1941-….)


De la part du P. Alain ... à écouter

Bonjour, 

Ce dimanche 19 avril, les chrétiens orthodoxes du monde entier ont célébré Pâques.

Suivez-nous jusqu’à la paroisse grecque orthodoxe Sainte Philotée de Montpellier et découvrez ce que vivent les croyants en confinement :

https://podcast.ausha.co/la-republique-et-les-croyants/les-croyants-en-confinement-episode-3-la-paques-orthodoxe-a

Bonne écoute,

Catherine Escrive

Lettre du Pape

Lettre du Pape François pour le mois de mai
Lettre à tous les fidèles pour le mois
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Prière de Charles Peguy


Il y a des jours où les patrons et les saints ne suffisent pas.
Alors il faut prendre son courage à deux mains.
Et s’adresser directement à celle qui est au-dessus de tout.
Être hardi. Une fois.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment belle.
Parce qu’aussi elle est infiniment bonne.
À celle qui intercède.
La seule qui puisse parler de l’autorité d’une mère.
S’adresser hardiment à celle qui est infiniment pure.
Parce qu’aussi elle est infiniment douce.
À celle qui est infiniment riche.
Parce qu’aussi elle est infiniment pauvre.
À celle qui est infiniment grande.
Parce qu’aussi elle est infiniment petite.
Infiniment humble.
À celle qui est infiniment joyeuse.
Parce qu’aussi elle est infiniment douloureuse.
À celle qui est Marie.
Parce qu’elle est pleine de grâce.
À celle qui est pleine de grâce.
Parce qu’elle est avec nous.
À celle qui est avec nous.
Parce que le Seigneur est avec elle.

Notre calendrier,

la semaine,

le mois de novembre