Les publications du Lien journalier 2 pendant le re-confinement automne 2020

 

Commentaire de l’évangile de dimanche 8 novembre MT 25, 1-13

Jésus ne parle pas ici de l’accomplissement présent, mais de la consommation finale. Sa parabole n’est pas une simple comparaison logique ou une métaphore poétique, elle est un itinéraire pour celui qui croit déjà en Lui, son audition est un événement lors duquel la conscience s’ouvre à Dieu plus intensément, sans retour ni tiédeur de sa part.

Si le Royaume des Cieux n’est pas de ce monde, il n’est pas non plus un monde parallèle tel que notre imagination en a produit dans l’Histoire, « ailleurs » calme et voluptueux destiné aux opprimés de ce monde. S’il n’est pas interdit de rêver, il est plus utile de se retourner en même temps vers Dieu et son prochain : c’est en eux qu’est le monde nouveau et c’est par l’amour qu’il advient. Ici et maintenant, ce règne est accompli selon la chair par un Christ dénué de tout pouvoir de contrainte ou de séduction, incapable d’autre chose que de s’anéantir lui-même.

Il ne triomphe pas de la mort en contrariant nos volontés toutes-puissantes, il n’arrache pas nos consentements par la menace d’un revolver sur la tempe, ni même en humiliant nos intelligences arrogantes, il ne les soumet à aucune forme d’évidence dont il serait pourtant capable, ni enfin en effaçant nos mémoires ingrates, il ne nous demande pas de mérites de notre part pour les bénédictions ou les grâces obtenues. Jésus ne triomphe pas de nous, il l’emporte sur la mort. C’est ce qu’« Époux » veut dire ici, amour trop grand pour être aimé sans effort des hommes, mais assez humble pour vaincre dans les douleurs l’orgueil du péché.

Il était une fois un peuple qui, par le témoignage des Apôtres et par le don du Saint-Esprit, avait reconnu Jésus sur la terre comme le sauveur que les siècles avaient promis et attendu. Le Messie avait scellé à nouveau l’alliance de Dieu et des hommes, non plus par le don d’une Loi, mais par le don de soi de Dieu qu’il fallait accueillir par la foi. Il n’était pas seulement l’Envoyé de Dieu, il était l’Époux, celui qui conduisait l’humanité au bercail, foyer ardent d’un Dieu de relations, d’amour et de miséricorde, d’un espace ouvert à la communion avec l’humanité encore captive, égoïste et seule.

Les hommes (les dix demoiselles de l’épouse) découvrent que ce don ne doit pas seulement être attendu, mais qu’il doit être guetté, désiré avec tous les moyens qui naissent chez celui qui veut vraiment quelque chose, de tout son coeur, de toute sa force, de tout son esprit. L’obstacle n’est pas la condition du pécheur (l’endormissement général), c’est la foi morte du croyant (la lampe sans huile). Trop de croyants se contentent de croire, oubliant qu’ils sont eux- mêmes attendus et voulus : ils ont accueilli le Messie, ils attendent son retour sans la ferveur de celui qui se sait désiré.

L’Église, l’absente apparente du récit (l’épouse) est pourtant la narratrice qui nous le transmet l’ayant reçu. Celle qui représente tout homme devant Dieu, fleur éphémère et fragile ici-bas, grosse des plus beaux fruits, par l’eucharistie célèbre déjà les noces éternelles avec l’Époux.

 

GRÉGORY WOIMBÉE Vice-recteur de l’institut catholique de Toulouse. Il a notamment publié l’Esprit du christianisme(Ad Solem), Disciples de Jésus. Méditations bibliques (Parole et Silence) et Formés par l’amour. Petit essai despiritualité chrétienne (Artège). - COLL. PERSO.

Samedi 7 novembre

 

En mettant mon masque

 

 

Créateur,

alors que je me prépare à aller dans le monde,

aide-moi à comprendre la valeur sacrée

du port de ce bout de tissu –

qu’il soit « le signe extérieur d’une grâce intérieure » –

un geste concret et visible de ma façon

d’aimer mon prochain comme moi-même.

 

Christ,

alors que mes lèvres seront couvertes,

expose mon cœur,

et que les gens discernent mon sourire

dans le plissement de mes yeux.

Alors que ma voix sera étouffée,

aide-moi à parler clairement,

tant dans mes propos

que dans les gestes qui les accompagnent.

 

Saint-Esprit,

alors que des cordelettes entoureront mes oreilles,

rappelle-moi d’offrir une écoute attentive,

et une sollicitude bienveillante,

à tous ceux et celles que je croise.

Que ce simple bout de tissu soit tout autant

un écran qu’une bannière,

et que chaque respiration qu’il filtre

soit remplie de ton amour.

 

En ton Nom et

en ton amour,

je prie.

 

Qu’il en soit ainsi.

Qu’il en soit ainsi.

 

Pasteur Richard Bott

Église Unie du Canada

Prière du 6/11/20

 

Apprends-nous à prier

 

 
Esprit du Christ ressuscité, Saint Esprit,

Si nous savions ce que nous pouvons te demander pour prier comme il faut !

Mais voilà que les balbutiements de notre prière

Passent par le creuset de notre pauvreté, de notre petite foi.

Alors, toi, le Dieu vivant, tu entres dans notre âme de pauvre

Tu entres dans notre faiblesse et tu lis en nos cœurs nos intentions authentiques.

Et ton Esprit vient au-dedans de nous, il vient exprimer l’inexprimable

A travers d’humbles paroles, et des soupirs et des silences.

Et tu nous dis : Ne te préoccupe de rien, ne t’inquiète pas de ton peu de capacité à prier

Sache-le, dans ton attente priante, j’ai déjà ouvert le chemin.

 

Frère Roger de Taizé

Prière du 04/11/20

 

 

 

Je reste à la maison, Seigneur !

 

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et aujourd’hui, je m’en rends compte,

Tu m’as appris cela,

Demeurant obéissant au Père,

Pendant trente ans dans la maison de Nazareth,

En attente de la grande mission.

 

Je reste à la maison, Seigneur,

Et dans l’atelier de Joseph,

Ton gardien et le mien,

J’apprends à travailler, à obéir

Pour arrondir les angles de ma vie

Et te préparer une œuvre d’art.

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et je sais que je ne suis pas seul

Parce que Marie, comme toute mère,

Est dans la pièce à côté, en train de faire des corvées

Et de préparer le déjeuner

Pour nous tous, la famille de Dieu.

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et je le fais de manière responsable pour mon propre bien

Pour la santé de ma ville, de mes proches,

Et pour le bien de mon frère,

Que tu as mis à côté de moi,

Me demandant de m’en occuper

Dans le jardin de la vie.

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et dans le silence de Nazareth,

Je m’engage à prier, à lire,

Étudier, méditer,

Être utile pour les petits travaux,

Afin de rendre notre maison plus belle et plus accueillante.

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et le matin, je te remercie

Pour le nouveau jour que tu me donnes,

En essayant de ne pas le gâcher

Et l’accueillir avec émerveillement,

comme un cadeau et une surprise de Pâques.

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et si le soir me prend la mélancolie,

Je t’invoquerai comme les disciples d’Emmaüs :

Reste avec nous, le soir est arrivé

Et le soleil se couche.

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et dans la nuit,

En communion de prière avec les nombreux malades

Et les personnes seules,

J’attendrai l’aurore

Pour chanter à nouveau ta miséricorde

Et dire à tout le monde que,

Dans les tempêtes,

Tu as été mon refuge.

 

Je reste à la maison, Seigneur !

Et je ne me sens pas seul et abandonné,

Parce que tu me l’as dit :

Je suis avec vous tous les jours.

Oui, et surtout en ces jours

De confusion, ô Seigneur,

Dans lesquels, si ma présence n’est pas nécessaire,

Je vais atteindre chacun,

uniquement avec les ailes de la prière.

 

Amen.

 

+ Mgr Giuseppe Giudece,

évêque de Nocera (Italie).

 

Prière 03/11/20

 

Dieu, notre Père,
Toi qui es la source de tout Amour,
nous t’en supplions, exauce-nous :

Souviens-toi de tous ceux qui nous sont chers,

de ceux que nous nommons dans le secret de nos cœurs,
de ceux qui ont demandé le secours de nos prières,
de ceux qui ne savent pas prier,
de ceux pour qui personne ne prie.

Prends soin de tous ceux qui souffrent ;

fortifie dans l’épreuve les blessés et les mourants ;
accueille auprès de toi ceux qui sont morts.

Console et réconforte

ceux qui ont été meurtris, terrorisés ;
et délivre-les de toutes leurs angoisses.

Bénis les hommes et les femmes qui consacrent leur vie

au service du prochain,
apportant à tous protection, secours et soins.

Défends les chrétiens persécutés :

ils souffrent pour l’amour de ton nom.
Brise la folie de ceux qui terrorisent leurs semblables.
Montre la force de ton bras 
à ceux qui bâtissent leur puissance sur la souffrance d’autrui.

Mets fin au pouvoir de ceux qui bafouent tes commandements.

Apprends-nous à nous aimer les uns les autres,
comme ton Fils Jésus le Christ notre Seigneur nous a aimés.

Donne-nous la force de bénir ceux qui nous maudissent

et la grâce de faire du bien à ceux qui nous haïssent.

Donne-nous de hâter la venue de ton Royaume

en préservant toujours entre nous,
l’unité dans la paix par le lien de l’amour.

Amen


Pierre-Marie Varennes



Prière 02/11/20

 

Quand la souffrance touche le corps,

C’est le cœur qui est le plus touché.

Quand la douleur blesse le corps,

C’est le cœur qui est le plus blessé.

Quand la lèpre défigure un corps,

C’est toujours le corps qui est défiguré.

 

Aujourd’hui, sur nos routes d’hommes,

Ils sont légion les lépreux du monde.

Mais, il suffit de si peu de chose,

Rien ou presque rien, tu sais…

 

Si tu veux relever ton frère,

Touche-le avec les doigts du cœur

Et son visage s’illuminera.

Touche-le avec les mots du cœur,

Même s’il est abattu.

Tu verras, il se lèvera.

 

 Père Robert Riber

 

 

Dimanche 1er novembre 20

Béatitudes selon Chouraqui

En marche

 

Et, voyant les foules, il monte sur la montagne et s’assoit là.
Ses adeptes s’approchent de lui.

Il ouvre la bouche, les enseigne et dit : « En marche, les humiliés du souffle ! Oui, le royaume des ciels est à eux !

En marche, les endeuillés ! Oui, ils seront réconfortés !

En marche, les humbles ! Oui, ils hériteront la terre ! En marche, les affamés et les assoiffés de justice ! Oui, ils seront rassasiés ! En marche, les matriciels ! Oui, ils seront matriciés ! En marche, les coeurs purs ! Oui, ils verront Elohîms ! En marche, les faiseurs de paix ! Oui, ils seront criés fils d’Elohîms. En marche, les persécutés à cause de la justice !
Oui, le royaume des ciels est à eux !

En marche, quand ils vous outragent et vous persécutent,
en mentant vous accusent de tout crime, à cause de moi.

Jubilez, exultez ! Votre salaire est grand aux ciels !
Oui, ainsi ont-ils persécuté les inspirés, ceux d’avant vous.

 

 

Dimanche 1er novembre 20

Commentaire des Béatitudes selon Chouraqui

 

Le texte, dit des Béatitudes, (l’évangile de ce dimanche) forme, dans le récit de Matthieu, le début du discours inaugural de Jésus. Il a souvent été interprété comme un encouragement à la résignation, à la passivité et à la soumission pour tous : Bienheureux les pauvres en esprit (sous-entendu vous et moi), le Royaume des cieux est à eux ! (ce qui, en fait n’engage à rien). Ou encore : Plus vous serez pauvres sur la terre, plus vous serez heureux au ciel ! (sous-entendu : Ne cherchez pas à vous révolter, vous risqueriez de perdre le bonheur éternel !…).

 

Rappelons tout d’abord que les récits évangéliques ont été rédigés en grec, par des hommes dont la langue maternelle était l’hébreu (voire même l’araméen), pour être ensuite, dans une période relativement récente, traduits du grec en français. Précisons également que la compréhension des mêmes termes, dans une même langue, a évolué dans le temps. C’est pourquoi un dicton italien prétend : Traduttore, traditore ! Tout traducteur est un traître !

 

André CHOURAQUI, qui a traduit dans un premier temps le Nouveau Testament du grec en hébreu, puis de l’hébreu en français, interprète ainsi ce début du chapitre 5 de l’évangile de Matthieu : En marche les humiliés du souffle ! Oui, le royaume des ciels est à eux ! Et, dans une note en marge du texte évangélique, il précise : en hébreu, le mot (qu’on traduit habituellement par « Bienheureux » en français) évoque la rectitude de l’homme en marche sur une route qui va droit vers l’Eternel. Le Coran dit : « Conduis-nous sur le chemin de la droiture ». Si nous autres, Français, entonnions ainsi l’hymne national : « Bienheureux les enfants de la patrie, car le jour de gloire est arrivé ! »; ça n’aurait pas la même signification ni la même puissance d’évocation que de chanter : « Allons, enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé… ».

 

Y aurait-il donc une lecture révolutionnaire des Béatitudes, invitant à se mettre en marche les humiliés, les endeuillés, les humbles, les affamés et assoiffés de justice, les cœurs purs, les faiseurs de paix, les persécutés pour la justice ? Et pourquoi pas ? Dans le contexte de l’époque et du pays, où les petits, les exclus, les lépreux, les impurs étaient déclarés hors la Loi par les responsables religieux juifs, et n’avaient le droit que de se taire, les déclarer heureux n’était pas de grande conséquence, sinon de les inciter à rester ainsi, laissant les puissants agir à leur guise.

 

En revanche les inviter à se mettre en marche et à prendre en mains leur destin était véritablement subversif. Je n’en veux pour simple preuve qu’un jour les Pharisiens et les membres de l’Aristocratie sacerdotale d’un côté, en accord avec la puissance d’occupation romaine, réalisèrent l’union sacrée, et s’entendirent pour condamner à mort Celui qui avait prononcé de telles paroles, et mis ses actes en conformité avec ces paroles.

 

C’est quotidiennement que nous avons à évangéliser notre lecture de l’Evangile, je veux dire que c’est chaque jour que nous devons apprendre à lire et à vivre l’Evangile dans l’Esprit de Celui qui l’a vécu devant les hommes.

 

 

Traduction d’André CHOURAQUI.

 

Nathan André CHOURAQUI (né le 11 août 1917 à Aïn Témouchent, Algérie et mort le 9 juillet 2007 à Jérusalem), était un avocat, écrivain, penseur et homme politique israélien, connu pour sa traduction de la Bible, dont la publication, à partir des années 1970, donne un ton différent à sa lecture.

 

 

 

Dimanche 1er novembre 20

Prière

 

Te contempler
je le sais, ô mon Dieu,
est un mot d’amour.
Tu me dis l’alliance de ton être.

Te contempler
est un acte d’amour.
Je te dis l’alliance de mon être.

Quand tu offres les marques de ta présence
tu éclaires mes jours.
Quand m’encerclent les ténèbres
mon cœur me libère.

Oui, éclaire mon jugement
soutiens ma liberté
étaye mes décisions
appuie mon courage.

Lorsque la faim et la soif, la guerre et la haine
défigurent le visage de l’Homme
alors, manifeste clairement ta présence.

Au temps de faiblesse, de souffrance,
de doute, de découragement
je te demande d’être un peu là,
à mes côtés

Ta voix, de temps en temps
rien que ton souffle même
ou seulement la caresse de ta lumière
sur mon visage
rien qu’un rayon de soleil.

Père Guy Dermond, sdb
Extrait de « Gouttes de miel »

 

Samedi 31 octobre 20

 

RISQUE TON CRI

 

Si tu as un mot à dire

Quand ton frère est attaqué,

ne dis pas :

je n'ai pas le don de la parole,

je suis trop timide,

j'ai peur de parler en public.

Les prophètes ont risqué leur peau,

toi, tu peux bien risquer ta parole.

Si tu as une parole à dire

quand ton frère est accusé

indignement, injustement,

quand tout le monde se tait

parce qu'on a peur de prendre parti,

de prendre position,

parce qu'on a peur de se mouiller.

Les prophètes ont risqué leur vie

Toi tu peux bien risquer ta tranquillité.

Si tu as un cri à pousser

quand l'injustice est criante,

ne dis pas : si je parle,

je vais perdre ma place, ma situation

j'ai une femme, des enfants.

 

Les prophètes ont risqué leur tête.

Toi tu peux bien risquer ton cri.

Robert Riber

 

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