Le pape François

Le respect de la vie - homélie du 16 juin

« Chers frères et sœurs,

Cette célébration a un très beau nom : "Evangelium Vitae", l’Évangile de la Vie. Avec cette Eucharistie en l’Année de la foi, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour le don de la vie, dans toutes ses manifestations ; et en même temps, nous voulons annoncer l’Évangile de la Vie.

En partant de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais vous proposer trois points simples de méditation pour notre foi : d’abord, la Bible nous révèle le Dieu Vivant, le Dieu qui est Vie, et source de la vie ; en second lieu, Jésus-Christ donne la vie, et l’Esprit-Saint nous maintient dans la vie ; troisièmement, suivre le chemin de Dieu conduit à la vie, tandis que suivre les idoles conduit à la mort.

1. La première lecture, tirée du Second livre de Samuel, nous parle de vie et de mort. Le roi David veut cacher l’adultère commis avec la femme d’Urie le Hittite, un soldat de son armée, et pour faire cela, il ordonne de placer Urie en première ligne pour qu’il soit tué dans la bataille. La Bible nous montre le drame humain dans toute sa réalité, le bien et le mal, les passions, le péché et ses conséquences. Quand l’homme veut s’affirmer soi-même, s’enfermant dans son égoïsme et se mettant à la place de Dieu, il finit par semer la mort. L’adultère du roi David en est un exemple. Et l’égoïsme porte au mensonge, par lequel on cherche à tromper soi-même et le prochain. Mais Dieu, on ne peut le tromper, et nous avons entendu comment le prophète dit à David : tu as fait ce qui est mal aux yeux de Dieu (cf. 2S 12,9). Le roi est mis en face de ses œuvres de mort, il comprend et demande pardon : « J’ai péché contre le Seigneur ! » (v.13), et le Dieu miséricordieux qui veut la vie lui pardonne, lui rend la vie ; le prophète lui dit : « Le Seigneur a pardonné ton péché : tu ne mourras pas ».

 

 

Notre vie atteint sa plénitude seulement en Dieu. Il est le Vivant.

Quelle image avons-nous de Dieu ? Peut-être nous apparaît-il comme un juge sévère, comme quelqu’un qui limite notre liberté de vivre. Mais toute l’Écriture nous rappelle que Dieu est le Vivant, celui qui donne la vie et indique le chemin de la vie en plénitude. Je pense au début du Livre de la Genèse : Dieu modèle l’homme avec la poussière du sol, insuffle dans ses narines une haleine de vie et l’homme devient un être vivant (cf. 2,7). Dieu est la source de la vie ; c’est grâce à son souffle que l’homme a la vie, et c’est son souffle qui soutient le chemin de son existence terrestre. Je pense aussi à la vocation de Moïse, quand le Seigneur se présente comme le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, comme le Dieu des vivants ; et envoyant Moïse au pharaon pour libérer son peuple, il révèle son nom : « Je suis Celui qui est », le Dieu qui se rend présent dans l’histoire, qui libère de l’esclavage, de la mort, et porte la vie au peuple parce qu’il est le Vivant. Je pense aussi au don des Dix Commandements : une route que Dieu nous indique pour une vie vraiment libre, pour une vie pleine ; ils ne sont pas un hymne au « non », mais au « oui » à Dieu, à l’Amour, à la vie. Chers amis, notre vie atteint sa plénitude seulement en Dieu, il est le Vivant !

2. Le passage de l’évangile d’aujourd’hui nous fait faire un pas en avant. Jésus rencontre une femme pécheresse durant un repas dans la maison d’un pharisien, suscitant le scandale de ceux qui sont présents : Jésus se laisse approcher par une pécheresse et même lui remet les péchés, disant : « Si ses nombreux péchés sont pardonnés, c’est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre, montre peu d’amour » (Lc 7,47). Jésus est l’incarnation du Dieu vivant, Celui qui porte la vie face aux œuvres de mort, au péché, à l’égoïsme, à la fermeture sur soi-même. Jésus accueille, aime, soulage, encourage, pardonne et donne d’une façon nouvelle la force de marcher, redonne vie. Dans tout l’évangile, nous voyons comment Jésus, par les gestes et les paroles, porte la vie de Dieu qui transforme. C’est l’expérience de la femme qui oint avec du parfum les pieds du Seigneur : elle se sent comprise, aimée, et répond par un geste d’amour, se laisse toucher par la miséricorde de Dieu et obtient le pardon, elle commence une nouvelle vie.

 

 

Sa vie régénère la vie autour de lui.

Cela a été aussi l’expérience de l’apôtre Paul, comme nous avons entendu dans la seconde lecture : « Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi » (Ga 2,20). Quelle est cette vie ? C’est la vie-même de Dieu. Et qui nous introduit dans cette vie ? L’Esprit Saint, don du Christ ressuscité. C’est Lui qui nous introduit dans la vie divine comme vrais fils de Dieu, comme fils dans le Fils Premier-né, Jésus Christ. Nous, sommes-nous ouverts à l’Esprit Saint ? Nous laissons-nous guider par lui ? Le chrétien est un homme spirituel, et cela ne signifie pas qu’il soit une personne qui vit "dans les nuages", hors de la réalité (comme si elle était un fantasme), non ! Le chrétien est une personne qui pense et agit dans la vie quotidienne selon Dieu, une personne qui laisse sa vie être animée, nourrie par l’Esprit Saint pour qu’elle soit remplie, en véritable enfant ; et cela signifie réalisme et fécondité. Celui qui se laisse conduire par l’Esprit Saint est réaliste, il sait évaluer et apprécier la réalité, et il est aussi fécond : sa vie génère la vie autour de lui.

3. Dieu est le Vivant, Jésus nous porte la vie de Dieu, l’Esprit Saint nous introduit et nous maintient dans la relation vitale de vrais enfants de Dieu. Mais souvent l’homme ne choisit pas la vie, n’accueille pas l’"Évangile de la Vie", mais se laisse guider par des idéologies et des logiques qui mettent des obstacles à la vie, qui ne la respectent pas, parce qu’elles sont dictées par l’égoïsme, par l’intérêt, par le profit, par le pouvoir, par le plaisir et non par l’amour, par la recherche du bien de l’autre. C’est l’illusion constante de vouloir construire la cité de l’homme sans Dieu, sans la vie et l’amour de Dieu – une nouvelle Tour de Babel ; c’est penser que le refus de Dieu, du message du Christ, de l’Évangile de la vie conduit à la liberté, à la pleine réalisation de l’homme. Le résultat est qu’au Dieu vivant, on substitue des idoles humaines et passagères, qui offrent l’ivresse d’un moment de liberté, mais qui à la fin sont porteuses de nouveaux esclavages et de mort. La sagesse du Psalmiste dit : « Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard » (Ps 19,9).

Chers frères et sœurs, regardons Dieu comme le Dieu de la vie, regardons sa loi, le message de l’Évangile comme une voie de liberté et de vie. Le Dieu vivant nous rend libres ! Disons oui à l’amour et non à l’égoïsme, disons oui à la vie et non à la mort, disons oui à la liberté et non à l’esclavage de tant d’idoles de notre temps ; en un mot, disons oui à Dieu qui est amour, vie et liberté, et jamais ne déçoit (cf. 1Jn 4,8 ; Jn 11,25 ; Jn 8,32). Seule la foi dans le Dieu Vivant nous sauve ; dans le Dieu qui en Jésus Christ nous a donné sa vie, et par le don de l’Esprit Saint nous fait vivre en vrais enfants de Dieu. Cette foi nous rend libres et heureux. Demandons à Marie, Mère de la Vie, qu’elle nous aide à accueillir et à témoigner toujours de l’"Évangile de la Vie".»

 

 

 

Qu'est-ce que le peuple de Dieu ?

La mission du « Peuple de Dieu » : être signe de l’amour de Dieu qui appelle tous à l’amitié avec lui

Audience générale du pape François du 12 juin 2013

Le 12 juin 2013, place Saint-Pierre, le pape François a poursuivi sa catéchèse consacrée à la définition de l’Église, « Peuple de Dieu » donnée par le Concile puis par le Catéchisme de l’Église catholique. Progressant dans son argumentation par une série de questions concrètes, il a interpellé ses auditeurs. Au terme de l’audience, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’exploitation de l’enfance et le travail infantile, le pape a dénoncé « un phénomène déplorable en constante augmentation dans les pays pauvres principalement ».


Texte original italien dans l’Osservatore Romano du 13 juin 2013 

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui je voudrais m’arrêter brièvement sur un autre terme par lequel le concile Vatican II a défini l’Église, celui de « Peuple de Dieu » (cf. Lumen gentium 9 ; Catéchisme de l'Église catholique, 782). Je le fais en posant quelques questions sur lesquelles chacun pourra réfléchir.

 

1. Que veut dire être « Peuple de Dieu » ? Avant tout autre chose, cela veut dire que Dieu n’appartient à aucun peuple en particulier ; parce que c’est lui qui nous appelle, qui nous convoque, qui nous invite à faire partie de son peuple, et que cette invitation est adressée à tous, sans distinction, parce que la miséricorde de Dieu « veut le salut de tous » (1 Tm 2,4). Jésus ne dit pas aux apôtres et à nous-même de former un groupe exclusif, un groupe d’élite. Jésus dit : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (cf. Mt 28,19). Saint Paul affirme que dans le peuple de Dieu, dans l’Église, « il n’y a plus ni juif ni païen… car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3,28). Je voudrais aussi dire à qui se sent loin de l’Église, à qui a peur ou est indifférent, à qui pense ne plus pouvoir changer : le Seigneur t’appelle, toi aussi, à faire partie de son peuple et il le fait avec grand respect et amour ! Il nous invite à faire partie de ce peuple, le peuple de Dieu.

 

2. Comment devient-on membre de ce peuple ? Ce n’est pas à travers la naissance physique, mais à travers une naissance nouvelle. Dans l’Évangile, Jésus dit à Nicodème qu’il faut naître d’en-haut, de l’eau et de l’Esprit pour entrer dans le Royaume de Dieu (cf. Jn 3, 3-5). C'est à travers le baptême que nous sommes introduits dans ce peuple, à travers la foi en Christ, don de Dieu que nous devons alimenter et faire grandir pendant toute notre vie. Posons-nous la question : comment est-ce que je fais grandir la foi que j’ai reçu à mon baptême ? Comment est-ce que je fais grandir cette foi que j’ai reçue et que le peuple de Dieu possède ?

 

3. Une autre question : Quelle est la loi du peuple de Dieu ? C’est la loi de l’amour, amour de Dieu et amour du prochain selon le commandement nouveau que nous a laissé le Seigneur (cf. Jn 13, 34). Or, c’est un amour qui n’est pas un sentimentalisme stérile ou quelque chose de vague, c’est un amour qui consiste à reconnaître Dieu comme unique Seigneur de la vie et, en même temps, à accueillir l’autre comme vrai frère en dépassant les divisions, les rivalités, les incompréhensions, les égoïsmes ; ces deux aspects sont inséparables. Combien de chemin avons-nous encore à faire pour vivre concrètement cette loi nouvelle, celle de l’Esprit Saint qui agit en nous, celle de la charité, de l’amour ! Lorsque nous voyons à la télévision ou dans les journaux tant de guerres entre des chrétiens – comment cela peut-il arriver ? Au sein du peuple de Dieu, combien de guerres ! Dans les quartiers, dans les lieux de travail, combien de guerres par l’envie, combien de jalousies ! Dans la propre famille aussi, combien de guerres intestines ! Nous devons demander au Seigneur de bien nous faire comprendre cette loi de l’amour. Comme c’est beau de nous aimer les uns les autres comme de vrais frères ! Comme c’est beau ! Aujourd’hui, faisons une chose : nous avons peut-être tous des sympathies et des antipathies ; peut-être que beaucoup d’entre nous sont un peu fâchés avec quelqu’un ; alors, disons au Seigneur : « Seigneur, je suis fâché avec un tel ou une telle ; je te prie pour lui ou pour elle ». Prier pour ceux avec qui nous sommes fâchés constitue un grand et beau pas en avant dans cette loi de l’amour. Alors, on le fait ? Faisons-le aujourd’hui.

 

4. Quelle est la mission de ce peuple ? C’est la mission de porter dans le monde l’espérance et le salut de Dieu : d’être signe de l’amour de Dieu qui appelle tous à l’amitié avec lui ; le levain qui fait fermenter toute la pâte, le sel qui donne la saveur et qui préserve de la corruption, la mission d’être la lumière qui illumine. Autour de nous, il suffit d’ouvrir un journal, je l’ai dit, pour voir que la présence du mal est là, que le diable agit. Mais je veux dire à voix haute : Dieu est plus fort ! Le croyez-vous, que Dieu est plus fort ? Disons-le ensemble, tous ensemble : Dieu est plus fort ! Et savez-vous pourquoi il est plus fort ? Parce qu’il est le Seigneur, le seul Seigneur. Je voudrais ajouter à cela que la réalité parfois sombre, marquée par le mal, peut changer si nous, les premiers, y apportons la lumière de l’Évangile, surtout par notre vie. Si dans un stade, par exemple le stade olympique de Rome, ou à celui de San Lorenzo à Buenos Aires, dans une nuit noire, une personne allume une lumière on la voit à peine, mais si les autres, soixante-dix mille spectateurs, allument chacun sa propre lumière, le stade tout entier s’illumine. Faisons en sorte que notre vie soit une lumière du Christ ; ensemble, nous porterons la lumière de l’Évangile à la réalité tout entière.

 

5. Quel est le but de ce peuple ? Le but est le royaume de Dieu commencé sur terre par Dieu lui-même, et qui doit être développé jusqu’à son accomplissement, lorsque paraîtra le Christ, notre vie (cf. LG 9). Le but est alors la pleine communion avec le Seigneur, la familiarité avec le Seigneur, entrer dans la vie divine elle-même où nous vivrons sans mesure la joie de Son amour, une joie plénière.

Chers frères et sœurs, être l’Église, être Peuple de Dieu selon le grand dessein du Père, c’est être le ferment de Dieu dans cette humanité qui est la nôtre, c’est annoncer et porter le salut de Dieu dans ce monde qui est le nôtre, qui est souvent perdu, en besoin de réponses qui encouragent, qui donnent espoir, qui donnent force pour le chemin. Que l’Église soit le lieu de la miséricorde et de l’espérance de Dieu, où chacun puisse se sentir accueilli, aimé, pardonné, encouragé à vivre selon la vie bonne de l’Évangile. Et pour que l’autre se sente accueilli, aimé, pardonné, encouragé, l’Église doit être avec les portes ouvertes pour que tous puissent entrer. Et nous devons sortir par ces portes et annoncer l’Évangile.

 

Merci à tous.

2 juin : le pape dialogue avec des enfants : qu'est-ce que la Sainte Trinitié ?

Trois personnes mais un seul Dieu

La Vierge nous aide aussi à bien comprendre Dieu, Jésus, à bien comprendre la vie de Jésus, la vie de Dieu, à bien comprendre ce qu’est le Seigneur, comment est le Seigneur, qui est Dieu. À vous, les enfants, je demande : « Qui sait qui est Dieu ? ». Qu’il lève la main. Je t’écoute. Voilà ! Le créateur de la Terre. Et combien y a-t-il de Dieu ? Un ? Mais à moi on m’a dit qu’il y en a trois : le Père, le Fils et le Saint-Esprit ! Comment cela s’explique-t-il ? Il y en a un ou il y en a trois ? Un ? Un ? Et comment expliquer que l’un est le Père, l’autre le Fils et l’autre le Saint-Esprit ? Plus fort, plus fort ! Cela est une bonne réponse. Ils sont trois en un, trois personnes en une. Et que fait le Père ? Le Père est le principe, le Père, qui a tout créé, qui nous a créés. Qu’est-ce que fait le Fils ? Qu’est-ce que fait Jésus ? Qui sait dire ce que fait Jésus ? Il nous aime ? Et ensuite ? Il apporte la parole de Dieu ! Jésus vient nous enseigner la parole de Dieu. Cela est très bien ! Et ensuite ? Qu’a fait Jésus sur la terre ? Il nous a sauvés ! Et Jésus est venu pour donner sa vie pour nous. Le Père crée le monde ; Jésus nous sauve. Et le Saint-Esprit, que fait-il ? Il nous aime ! Il te donne l’amour ! Les enfants, tous ensemble : le Père crée tout, il crée le monde ; Jésus nous sauve ; et le Saint-Esprit ? Il nous aime ! C’est cela la vie chrétienne : parler avec le Père, parler avec le Fils et parler avec le Saint-Esprit. Jésus nous a sauvés, mais il marche aussi avec nous dans la vie. Cela est-il vrai ? Et comment marche-t-il ? Que fait-il quand il marche avec nous dans la vie ? C’est une question difficile. Celui qui trouve gagne le derby ! Que fait Jésus quand il marche avec nous ? Plus fort ! Tout d’abord, il nous aide. Il nous guide ! Très bien ! Il marche avec nous, il nous aide, il nous guide et il nous enseigne à aller de l’avant. Et Jésus nous donne aussi la force pour marcher. C’est vrai ? Il nous soutient ! Bien ! Dans les difficultés, n’est ce pas ? Et aussi dans nos devoirs pour l’école ! Il nous soutient, il nous aide, il nous guide, il nous soutient. Voilà ! Jésus va toujours avec nous. C’est bien. Mais écoute, Jésus nous donne la force. Comment Jésus nous donne-t-il la force ? Plus fort, je n’entends pas ! Dans la communion il nous donne la force, il nous aide précisément avec la force. Il vient à nous. Mais quand vous dites « il nous donne la communion », un morceau de pain te donne-t-il autant de force ? N’est-ce pas du pain dont il s’agit ? C’est du pain ? Celui-là est du pain, mais celui sur l’autel est du pain ou n’est-il pas du pain ? Il semble du pain ! Ce n’est pas du tout du pain. Qu’est-ce que c’est ? C’est le Corps de Jésus. Jésus vient dans notre cœur. Voilà, pensons à cela, tous : le Père nous a donné la vie ; Jésus nous a donné le salut, il nous accompagne, il nous guide, il nous soutient, il nous enseigne ; et le Saint-Esprit ? Que nous donne le Saint-Esprit ? Il nous aime ! Il nous donne l’amour. Pensons à Dieu ainsi et demandons à la Vierge, la Vierge notre Mère, qui se hâte toujours pour nous aider, qu’elle nous enseigne à bien comprendre comment est Dieu : comment est le Père, comment est le Fils et comment est le Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

 

Homélie du 3 juin : Qu'est-ce que l'Eglise ?

« Si nous devenons des chrétiens raisonnables, sociaux, de bienfaisance, nous n’aurons plus de martyrs »

Le pape s’est inquiété : « Tant de fois, on peut entendre dire : “Mais, vous chrétiens, soyez un peu plus normaux, comme les autres, plus raisonnables, ne soyez pas si rigides !” » Il a expliqué : « Mais derrière tout ça, c’est un discours de charmeur de serpents : “Ne nous racontez pas d’histoires, Dieu ne s’est pas fait homme”. » « Et voilà », a conclu le pape, « le scandale qu’il y a derrière : l’incarnation du Verbe ». Car si « chacun peut se féliciter des œuvres sociales de l’Église, quand les chrétiens disent qu’ils le font parce que tout homme est la chair du Christ, leur action devient scandaleuse. Mais c’est cela la vérité, c’est la révélation de Jésus, la présence de Jésus incarné ! »

Le pape a donc exhorté chacun à être cohérent avec ce « scandale », car « telle est la cohérence de la foi ». Le pape s’est appuyé sur une phrase de l’apôtre Jean : « Ceux qui nient que le Verbe s’est fait chair sont l’Antéchrist. » Au contraire, pour le Pape, ceux qui disent que le Verbe s’est fait chair « sont du Saint-Esprit » : « Si nous devenons des chrétiens raisonnables, sociaux, de bienfaisance, nous n’aurons plus de martyrs. » Le pape François invite donc chacun à « affirmer cette vérité de la Croix, cette vérité qui dérange, car viendront alors les persécutions, viendra la Croix. Telle est notre vie. »

Ce lundi matin 3 juin, le pape François a voulu souligner « le mal que font à l’Église les corrompus », « parce qu’ils sont les adorateurs d’eux-mêmes ». Opposant la figure du corrompu à celle du pécheur et du saint, le pape a souligné que si « nous sommes tous pécheurs », ceux-ci peuvent « faire une visite au médecin de l’esprit ». Mais « ceux qui ont décidé de se passer de Dieu, de nier cette présence dans leur code génétique, ceux-là sont les corrompus. » Ayant oublié Dieu, ils deviennent « adorateurs d’eux-mêmes ». À l’inverse, les « saints n’ont pas perdu la mémoire de l’amour de Dieu ». En conclusion, le pape a demandé pour tous « la grâce de ne pas devenir corrompus : pécheurs oui, corrompus non ! Ainsi que la grâce d’avancer sur le chemin de la sainteté. »

 

 

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