L'histoire de la paroisse Saint Vincent de Paul

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques photos de la construction de l'église

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les premières Sœurs
Les premières Sœurs

Voici l’article qu’écrivait M. Pierre Hanus sur les débuts de la paroisse pour la brochure du quarantième anniversaire. M. Hanus vit l’épopée de la paroisse Saint Vincent de Paul depuis l’origine : il a participé aux quêtes dans nombre de paroisses du nord au sud de l’Alsace pour la construction de l’église, sujet qui lui tient à cœur puisqu’il sera président du Conseil de Fabrique.

 

Les premiers pas de la paroisse Saint Vincent de Paul

 

Les premiers grands immeubles de la cité de la Canardière à la Meinau ont commencé à être édifiés en 1956. Et dès 1959 cet ensemble immobilier moderne était de loin le plus important de la ville, avec près de 7000 habitants.

A cette époque, les chrétiens de religion catholique de la Meinau, qui voulaient pratiquer leur culte le dimanche, devaient se rendre soit à l’église St Amand, soit sous le préau de l’école de garçons du groupe scolaire de la Canardière.

 

L’acte de naissance

Par décret du 29 juillet 1959, Mgr Weber, évêque de Strasbourg, détache de la paroisse St Amand la partie sud de cette paroisse, dont la cité de la Canardière, et l’érige en circonscription paroissiale indépendante, sous le vocable de Saint Vincent de Paul. Tel est l’acte de naissance de la paroisse actuelle.

Un autre décret du même jour de l’évêque de Strasbourg nomme curé de St Vincent de Paul M. Paul Broder, précédemment curé de Gundershoffen (19555-1959). L’abbé Broder prend ses fonctions le 1er septembre 1959 et s’installe le même jour dans l’immeuble de la place de l’Ile de France qui sera longtemps la résidence du curé.

 

La chapelle provisoire

Dès la construction des premiers immeubles, les services compétents du diocèse avaient obtenu de la ville de Strasbourg la réservation d’un terrain de 80 ares au cœur de la Canardière, le long de l’allée Schach, devenue plus tard l’avenue de Normandie. Il est décidé d’y construire sans tarder, en raison des conditions précaires du culte, une église provisoire. On opte pour une église carrée de 20 mètres sur 20 mètres, de trois cents places assises, en préfabriqué. Les travaux s’étendent de juillet à octobre 1959.

Le 18 octobre 1959, Mgr Neppel, vicaire général, bénit solennellement l’église provisoire, puis installe liturgiquement le premier curé, en présence des notabilités civiles et religieuses. Le lieu est meublé avec du matériel d’origines diverses, mais y figure déjà la belle statue de la Vierge à l’enfant, qui trône encore aujourd’hui dans l’église actuelle.

 

Mises en route

En novembre 1959, le premier vicaire de la paroisse est nommé. Il s’agit de l’abbé Pierre Aby, originaire de Colmar.

A la même époque, une chorale est constituée par des personnes de bonne volonté, habitant la cité. Elle anime pour la première fois la messe solennelle de la Toussaint 1959, puis le premier Noël de cette même année.

La paroisse prend rapidement sa vitesse de croisière : catéchistes bénévoles au groupe scolaire de la Canardière, conseil de fabrique, association de construction de l’église (délibération du 14 décembre 1959, inscription au registre du tribunal le 4 mars 1960), premières quêtes dans les paroisses extérieures pour financer la construction.

 

1960

A noter quelques événements significatifs de l’année 1960 :

24 avril : confirmation de 37 garçons et filles.

26 mai : première communion, de 67 garçons et 69 fillettes, le jour de l’Ascension.

11 et 12 juin : première kermesse, vente de charité.

19 juin : procession de la Fête-Dieu dans les rues de la cité.

4 juillet : arrivée et installation des Filles de la Charité (Sœurs de St Vincent de Paul), accueillies et hébergées par l’association d’action sociale et charitable St Vincent de Paul, rue Schulmeister, où elles créent en particulier un centre de soins infirmiers.

11 juillet : première fête patronale (on fêtait alors St Vincent de Paul au mois de juillet), messe pontificale, chantée, en présence de Mgr Weber.

A noter le départ du premier vicaire, l’abbé Aby, remplacé par l’abbé Aloyse Boehm, qui vient de Mutzig. En fin d’année, la chorale est institutionnalisée sous le vocable : « les chanteurs de St Vincent de Paul ».

Novembre 1960 : affectation d’un logement pour les vicaires, rue Arthur Weeber.

 

1962

L’année 1962 est essentiellement marquée par le démarrage des travaux de construction de l’église définitive : architecte, M. André Le Donné de Paris. Le 9 mars, les premières ébauches du chantier confié à l’entreprise Zimmer, sont bénies solennellement par Mgr Billing, directeur des œuvres sociales et charitables du diocèse, en présence des notabilités civiles et religieuses.

Les travaux suivent leur cours d’une façon régulière. Cependant, ils doivent être interrompus du 21 novembre 1962 au 11 mars 1963, en raison d’un hiver particulièrement rigoureux.

 

1964

Au printemps de 1964, la construction de l’église est en voie de finition.

Le 5 juin, une entreprise spécialisée de Bischwiller monte la croix sur le clocher, sa hauteur est de 11 mètres et la traverse mesure 1,50 mètre.

Les 4 et 5 juillet, la kermesse peut avoir lieu dans les salles qui sont achevées, sous l’église.

Le 13 septembre, la cloche St Vincent de Paul est bénie. Elle pèse 340 kg, offerte par la classe militaire 1920-1940 de la Robertsau.

Les premières messes, dans la nouvelle église, ont lieu le dimanche 20 septembre 1964 (à la messe de 10 heures, on note la présence de 900 personnes).

 

Consécration de l’église

La consécration de l’église a lieu le 6 décembre 1964, par un temps exécrable : froid, pluie et vent. Il y a quasiment plus de personnalités que de fidèles. Un chroniqueur rapporte que malgré tout, Mgr Weber qui préside la cérémonie, semble très à l’aise. De même, la liturgie, à l’intérieur de l’église, se déroule dans de bonnes conditions : scellement des reliques dans l’autel majeur et dans celui du Saint Sacrement.

L’année s’achève par le premier Noël dans la nouvelle église, en présence de 1200 personnes. Tout est définitivement en place au printemps 1965 quand les bancs de chêne massif remplacent les chaises pliantes prêtées par plusieurs brasseries locales : 800 places assises sont ainsi aménagées, plus 70 à la chapelle.

 

Chiffres troublants

Un bref regard rétrospectif sur la fréquentation de l’église au cours des premières années d’existence de la paroisse, ne peut que laisser rêveur un paroissien actuel. Voici en effet quelques chiffres puisés dans la « chronique » tenue régulièrement à l’époque par le curé Broder.

25 janvier 1961 : confirmation de 250 enfants par Mgr Léon Arthur Elchinger, évêque coadjuteur.

9 et 16 avril 1961 : profession de foi de 28 garçons, 19 filles le premier dimanche, 21 garçons et 21 filles le deuxième dimanche.

11 mai 1961 : première communion de 220 enfants.

25 mars 1965 : confirmation de 300 enfants.

9 juin 1965 : profession de foi (deux groupes) de 102 jeunes.

20 septembre 1964 : premier dimanche dans la nouvelle église. A la messe de 7h30 : 170 personnes ; à celle de 10h : 900 personnes, et à la messe de 11h30 : 750 personnes. Messe du soir : 150 personnes.

« Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit » (Jean 3, 8).

En cette veille du troisième millénaire, puisse l’Esprit de Dieu souffler sur les habitants de la cité de la Canardière, afin qu’ils retrouvent la foi et l’enthousiasme de leurs prédécesseurs et remplissent à nouveau l’église Saint-Vincent-de-Paul.

 

   Pierre Hanus


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