Avril 2020

Semaine sainte et Triduum pascal

 

La foi chrétienne nous apprend que la mort et la résurrection de Jésus éclairent de manière décisive nos vies. C’est au cours de la Semaine sainte que nous parcourons les étapes du drame qui a conduit Jésus à la mort et nous fait prendre part, avec Lui, à la gloire de sa résurrection. Nous remémorons par là le mystère central de notre foi et en éprouvons l’actualité pour nous. Ce qu’on appelle le Triduum Pascal, « les trois jours de Pâques », va de la dernière Cène du jeudi saint à la veillée pascale au soir du samedi saint où nous fêtons la nuit de notre salut et la victoire du Ressuscité.

 

Les trois jours saints représentent les trois étapes des célébrations du Triduum pascal : l’anticipation « mémorielle » lors de la célébration de la Cène, le jeudi saint ; l’accompagnement de Jésus dans sa mort pour nous, le vendredi saint ; la célébration de sa victoire sur le mal et la mort au cours de la nuit du samedi saint au dimanche de Pâques. On appelle mémorial la célébration du jeudi saint. Le mémorial n’est pas un simple rappel. Il est une action. Il « fait passer » d’un état antérieur à un état ultérieur, ici, du monde ancien au monde nouveau, de la mort à la vie. Il transforme quelque chose dans le cœur du croyant et le fait entrer dans la dynamique du salut. Ainsi, dans le récit de la Cène du Seigneur et sa célébration, de même que dans le récit du lavement des pieds et son actualisation rituelle, le croyant opère de manière anticipée en lui-même et dans la communauté où il célèbre ce que Jésus va vivre effectivement dans les heures qui suivent, le don total de sa vie pour ses frères.

 

La célébration du vendredi saint comporte comme éléments principaux le récit de la Passion selon saint Jean et la vénération de la croix. La communion sans eucharistie peut conclure la célébration. C’est, pour chacun, le moment de la solitude et du silence devant ce que les hommes ont infligé au Serviteur de Dieu venu pourtant leur révéler tout l’amour de ce Père qui les aime. La solitude, les insultes, les crachats, la flagellation, la crucifixion de Jésus et sa mort dans l’abandon sont le récit de l’humiliation que le Fils de Dieu a subie. Mais ils sont aussi le signe de son union avec le sort de tant de nos frères et sœurs humiliés et écrasés chaque jour dans le monde. Ils sont enfin le signal de ce que, dans la croix de Jésus, Dieu n’est plus seulement à chercher du côté des marques de gloire et de puissance, mais aussi dans la faiblesse et l’abaissement que son Fils a voulu vivre par solidarité avec tous les hommes, les plus petits et les plus méprisés en particuliers.

 

Mais les ténèbres de la violence, de la haine et de la mort n’ont pas le dernier mot. Entre le vendredi saint au soir et la veillée pascale du samedi saint, l’Église fait mémoire, dans sa confession de foi, de la « descente du Christ aux enfers ». Qu’est-ce à dire sinon que, sur sa croix et dans sa mort, Jésus a vaincu le mal et la mort sous toutes ses formes. Il a libéré l’homme de toutes ses servitudes et entraves. A la suite du Christ, le premier des vivants, nous pouvons nous lever et croire que la mort n’aura jamais le dernier mot. Les premières heures de la nuit pascale, le feu auquel on allume le cierge pascal, le chant de l’Exultet, le rappel des actions de Dieu dans l’Ancienne et la Nouvelle Alliances, manifestent singulièrement que le monde du mal et de la mort est vaincu par la puissance du Ressuscité. La lumière de Pâques brille au cœur de chaque baptisé plongé, par le baptême, dans la mort du Seigneur, pour désormais vivre de sa vie (Rm 6, 3-5). « Chrestos anèsti ! Christ est ressuscité ! », telle est la salutation que les chrétiens d’Orient s’adressent au matin de Pâques. Mais c’est aussi le cri de victoire de chacune de nos vies tout au long de leur cours.

 

Simon Knaebel

 

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